Des acrostiches pour déclarer sa flamme

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Publié le 2019-08-06 | Le Nouvelliste

Il est provocateur ce Christophelès. Avec une vingtaine d’acrostiches il sort cette année un livre brûlant de textes. Entendez par là : « Languettes de flammes ». Ces flammes qui partent du cœur brûlent pour les femmes que le poète a aimées. L’amour d’un jour, l’amour kleenex. On s’aime. On pleure. On s’essuie le visage. Une autre aventure plus intense recommence pour une romance.

Christophelès, à la manière des Grecs, veut un poème haut, élevé. C’est pourquoi il chante son amour pour les belles dans un acrostiche qui accroche le cœur.  Un acrostiche. Bien entendu. Akrostikhos (akros: haut, élevé et stikhos: le vers). Selon wikipedia : « C’est un poème, une strophe ou une série de strophes fondés sur une forme poétique consistant en ce que, lues verticalement de haut en bas, la première lettre ou, parfois, les premiers mots d'une suite de vers composent un mot ou une expression en lien avec le poème. Le Petit Larousse illustré le définit ainsi : « Pièce de vers composée de telle sorte qu’en lisant dans le sens vertical la première lettre de chaque vers on trouve le mot pris pour thème, le nom de l’auteur  ou celui du dédicataire. »

Autrefois, les jeunes prisaient beaucoup ce genre littéraire pour déclarer leur flamme. Mais il est délaissé parce que le téléphone portable, Internet rendent les communications plus pratiques. On n'est plus à l’heure du courrier escargot qui trainait des jours, des semaines et des mois avant d’arriver. Pour Christophélès, « L’acrostiche est abandonné aujourd’hui par les poètes parce qu’ils le jugent désuet, puéril même. »

Mais lui, il estime que ces poètes ont tort de laisser en friche ce terrain qui n’a pas encore donné toutes ses récoltes poétiques. « Il nous a plu  de commettre quelques-uns, que nous tentons de regrouper dans cette plaquette que nous publions », dit-il sur un ton qui dit que ce livre vise le cœur des lecteurs.

« Ce recueil comporte deux parties : la première, la plus importante : Des « Folies d’amour », qui avait paru dans L’Epopée du rêve, tome II, à la rubrique EROSCOPIE I  (Editions Choucoune, Port-au-Prince, 2006). Inspiré par des femmes qui ont fait vibrer mon cœur, mon âme et mon esprit, pour la plupart dans ma « jeunesse folle ». Et publiés d’abord avec leur seul prénom de jeune fille. Certaines connaissaient « leur »  poème, d’autres ne l’ont jamais lu. C’est pourquoi, dans cette édition, j’y ajoute l’initiale de leur nom de famille. Sauf pour Edna et Martine. Impardonnable oubli, bien sûr ! Amour secret, amour platonique des fois », dit le poète tout en rappelant que  « L’amour est enfant de bohême, il n’a jamais, jamais connu de loi. Si tu ne m’aimes pas, je t’aime… ». De même, il dit en chantant la célèbre chanson : « Aimer à perdre la raison, aimer à ne savoir que dire… »

« Comment pourrais-je oublier toutes ces déesses, ces amours de jeunesse, ces tocades de play-boy,  ces lubies d’homme mature ? Souvenirs ! Souvenirs, l’homme n’est que ça ! « Un misérable tas de petits secrets », comme disait le philosophe. Je corrige effrontément « Un agréable tas de petits moments ! » J’ai essayé de classer ces textes dans l’ordre chronologique : plusieurs ont été datés le jour même de leur écriture, d’autres ne le sont que cette année, faisant confiance à ma mémoire... Une deuxième édition s’imposera, pour corriger des erreurs éventuelles, et si j’arrive à retrouver des acrostiches égarés ou perdus », poursuit-il.

La deuxième partie sirote le tragique « Des fleurs sur leur chemin », acrostiches écrits et publiés dans des circonstances douloureuses, et publiés dans des magazines et journaux différents. Inspirés par la disparition d’amis proches, et d’une martyre : Natacha Farah Dessources.

Deux parties donc, deux thèmes fondamentaux, éternels : l’amour et la mort. Eros et Thanatos. L’Etre et le Néant. Je suis sans doute « un poète guédé » (1), comme le soulignait justement le Dr Ernst Mirville. (2)

À ce sujet, il nourrit  une pensée pour le grand écrivain et poète Léon Laleau qui avait publié « Le rayon des jupes en 1920 » et pour Jean-Yves Métellus, son prédécesseur dans le genre, auteur du recueil d’acrostiches « Prénoms de femmes », il y a une décennie.

Qu’est-ce qui justifie un tel titre ? Les textes sont brefs, ils pétillent, ils éclatent  tels des étincelles. Flammes de l’amour, flammes des ténèbres, ou de l’Enfer, pourléchant l’azur, zébrant la nuit, languettes vives !

Elien Pierre elienpierre60@yahoo.com Auteur

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