MANIFESTATION CONTRE LE POUVOIR EN PLACE

Des organisations de droits humains dénoncent des bavures policières

Publié le 2019-06-11 | Le Nouvelliste

Suite au rassemblement de dizaines de milliers de personnes contre le président Jovenel Moïse pour le forcer à démissionner, des organisations de défense des droits humains et de la société civile disent condamner les nombreux cas de violence enregistrés au cours de cette mobilisation populaire. S'agissant de journalistes et manifestants tués ou blessés, elles pointent du doigt les policiers qui ont mal fait leur travail en tirant à hauteur , en direction des manifestants, blessant gravement plusieurs d’entre eux.

D'une seule voix, ces organisations de droits humains condamnent l’assassinat par balle, en date du 10 juin 2019, du journaliste de Radio sans fin (RSF) Pétion Rospide, ainsi que l’agression au Champ de Mars du journaliste photographe du quotidien Le Nouvelliste, Lesly Dorcin, qui a reçu une balle en caoutchouc au niveau du dos le 9 juin 2019. Les menaces de mort proférées à l’encontre de plusieurs journalistes, dont ceux de Radio Zénith F.M. et l’attaque, en date du 10 juin 2019, contre les locaux de Radio Tele Ginen et son matériel roulant ne laissent pas de marbre ces défenseurs de droits humains qui disent condamner ces atteintes à la liberté d'expression.

Ces organisations dénoncent le fait qu’à l’instar des «manifestations antérieures, celles des 9 et 10 juin 2019 aient été émaillées d’actes de violence caractérisés par l’exécution sommaire d’au moins quatre manifestants par des agents de la PNH, dont trois à ONA-Ville et un au Champ de Mars, des brutalités policières perpétrées par au moins cinq agents de l’Unité départementale de maintien d’ordre (UDMO) à l’encontre d’un manifestant, non loin de la résidence du président de la République». Cette prise de position fait écho à la lettre du directeur général de la PNH qui a promis que le cas des policiers auteurs de cette agression allait être traité avec la dernière rigueur. Ces organisations lui demandent «d’enquêter sur les comportements des policiers qui ont outrepassé leurs attributions et de les transférer par-devant les instances de justice pour les crimes perpétrés au détriment des manifestants.»

Parmi les nombreux cas, celui impliquant le responsable de l’Unité de sécurité générale du Palais national (USGPN), Dimitri Hérard, a été relaté avec un luxe de détails. «Ce dernier a blessé en date du 10 juin 2019, deux personnes, à savoir Pierre Tendo, un conducteur de motocyclette, qui a reçu une balle à la tête, et Donald Crispin, qui se trouvait aussi sur les lieux de l’agression, a été touché d’une balle au pied. Plusieurs chauffeurs de motocyclettes ont suivi le véhicule qui avait ouvert le feu en leur direction jusqu’à une maison située à la rue Maguana, à Delmas 31, résidence de Dimitri Hérard. Deux autres ont été blessés par balle. Il s’agit de Nelly Michel et Fernando Joseph, poursuit la note précisant au passage qu'il est inadmissibe que les unités spécialisées de la PNH, dont l’USGPN, agissent en dehors du règlement intérieur et des directives régissant l’institution policière», relatent les organisations dans leur note.

Les signataires de cette note : Sant Karl Levêque (SK), Programme pour une alternative de justice (PAJ), Conseil haïtien des acteurs non étatiques (CONHANE), Réseau national de défense des droits humains (RNDDH), Commission épiscopale nationale justice et paix (CE-JILAP), et Centre d’analyse et de recherche en droits de l’homme (CARDH) saluent par ailleurs la«série de mobilisations populaires réclamant la réalisation du procès PetroCaribe, la restitution des fonds volés et détournés, l’amélioration des conditions de vie de la population, le départ du président Jovenel Moïse, impliqué selon les rapports d’audit de la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif (CSC/CA) dans la vaste opération de corruption et de gaspillage des fonds PetroCaribe.» Elles inivitent la «population tout entière à continuer à manifester pacifiquement sans s’attaquer aux biens d'autres citoyens, sous prétexte qu’ils sont indexés comme étant proches du pouvoir en place.»

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