Deux gynécologues conseillent sur l’hygiène menstruelle

Gynécologues et obstétriciens, Odilet Lespérance et Chantal Sauveur Junior Datus ont été interviewés à l'occasion de la Journée mondiale de l’hygiène menstruelle. Ils conseillent aux femmes des conduites à adopter et d’autres à éviter pendant leurs règles.

Publié le 2019-06-04 | lenouvelliste.com

Briser le tabou autour des règles et sensibiliser à l’importance d’une bonne hygiène menstruelle, tel est le but principal de la Journée mondiale de l’hygiène menstruelle, proclamée en 2014 par l’ONG allemande Wash United et a lieu chaque 28 mai. Pour  les gynécologues et obstétriciens Odilet Lespérance et Chantal Sauveur Junior Datus, les deux spécialistes ont précisé que les règles sont un phénomène normal du corps féminin. Elles doivent être soignées dans de bonnes conditions hygiéniques, mais peuvent être détériorées en cas d’un manque ou d’une mauvaise hygiène. Ainsi, ils conseillent aux femmes des comportements à adopter, et d’autres à éviter pendant les règles.

Bien se soigner pour un milieu vaginal en bonne santé

« Le milieu vaginal est protégé par la flore Döderlein. Celle-ci est très vulnérable face aux microbes et aux mauvaises pratiques d’hygiène de la femme. Donc, avoir une bonne hygiène pendant les règles aide à mieux gérer son corps et à garder en équilibre le milieu vaginal », a expliqué le Dr Chantal Sauveur Junior Datus.

Avec des serviettes 100% coton

Les serviettes hygiéniques sont multiples sur le marché, mais « il est mieux d’utiliser des serviettes 100% coton, car celles-ci sont plus absorbantes et ont moins de réactions allergiques », a conseillé le Dr Odilet Lespérance. Il faut aussi éviter « les savons et les serviettes hygiéniques trop odoriférantes. Cela peut dégrader ou détériorer le milieu vaginal », a ajouté le Dr Datus.

Ni les sous-vêtements serrés ni les tampons introduits dans le vagin

« Il y a un type de tampon que les femmes doivent éviter. C’est celui qu’elles introduisent dans leurs vagins. Celui-là est vraiment déconseillé, car il est toxique et peut donc entraîner des infections graves. Ses complications peuvent inclure un état de choc, la destruction d’organes internes, dont les reins, l’utérus…», a prévenu le Dr Lespérance.  Sont aussi à éviter « les sous-vêtements trop serrés et en fibres synthétiques », a enchaîné le Dr Datus.

Se changer au moins deux à trois fois par jour

« Etant donné que le sang est un milieu qui attire beaucoup les microbes, il est conseillé aux femmes de changer de serviettes au moins deux à trois fois par jour, selon le flux sanguin. Même si le sang ne coule pas trop, il est déconseillé de laisser la serviette pour toute la journée », a indiqué le Dr Lespérance. Abondant dans le même sens, le Dr Datus a estimé que la serviette doit être changée « après un nombre d’heures ne dépassant pas six heures. Car le sang est un bon milieu de culture pour les bactéries pathogènes, qui peuvent occasionner de graves infections et influencer la fertilité de la femme. »

Attention aux antibiotiques !

Pendant leurs règles, certaines femmes s’administrent des antibiotiques. Le Dr Datus signale « que cette pratique est très mauvaise et inutile. Elle peut occasionner le phénomène de résistance médicamenteuse aux antibiotiques, et, quand on sera malade ou dans l’obligation de les utiliser à bon escient, ils resteront sans effet sur le germe ou la maladie à traiter ». En cas d’anomalie de l’odeur du sang ou de fortes douleurs, le Dr Lespérance conseille aux femmes de « consulter un gynécologue, afin d’examiner s’il ne s’agit pas par exemple de l’endométriose, une maladie peu connue, mais responsable de plus de 50% des cas d’infertilité chez la femme. L’une de ses manifestations, explique-t-il, est qu’elle donne de fortes douleurs lors des règles ».

Le docteur Datus ne dispose pas des données exactes sur le nombre de femmes infectées à cause d’une mauvaise hygiène menstruelle, mais il estime « que jusqu’à 15 à 20 % des cas d’infections gynécologiques ont un rapport de loin ou de près avec la mauvaise hygiène». En cela, le docteur Lespérance soutient que « ce ne sont pas les règles en soi qui dérangent, mais plutôt les mauvais comportements des femmes pendant les règles ».

Chérubin JÉRÔME

cherjro17@gmail.com

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