Fondation/Social

FHRD : cinq villages et des entreprises productives

Publié le 2019-05-31 | Le Nouvelliste

Ceux qui aiment les bruits ambiants et le débordement des décibels ne vont pas aimer le calme permanent de ces villages. Mais ceux ou celles qui cultivent la tranquillité tomberont immédiatement sous le charme de l’environnement couvert d’arbres et de fleurs. Les eaux usées des ménages sont naturellement traitées et réutilisées pour arroser les nombreuses plantes ornementales et fruitières qui garnissent les parterres des logements des cinq villages construits par la Fondation haïtienne pour le relèvement et le développement (FHRD).  À Croix-des-Bouquets (Lillavois 58), il est apaisant de visiter : Via Vai où sont logés des coopérants, les villages de Scallabrini (88 logements), de Colombie (72 logements), de Monte Belluna Bassano (27 logements), et de Colombe (12 logements).

C’est loin d’être le paradis, mais le milieu diffère de l’extérieur de la plaine du Cul-de-Sac ou de la zone métropolitaine de Port-au-Prince. D’ailleurs, au sein des villages, le commerce en gros ou de détail est strictement interdit. Les résidents s’approvisionnent dans le voisinage pour leurs besoins personnels. Pour la cuisine, les règlements prévoient que tous les ménages se servent du propane ou de l’électricité, le charbon de bois est banni. La clinique Saint-Esprit des missionnaires de saint Charles Borromée fournissent des soins de santé de base aux villageois.

Chaque appartement dispose de deux ou trois chambres, d’une salle multifonctionnelle, d’une cuisine, d’une salle de bain avec toilette hygiénique (sans compter une galerie faisant office de salle d’attente), le tout réparti sur 60 mètres carrés. Les fenêtres et les portes qui viennent d’Italie sont solides et sécurisées. Les habitants ont à leur disposition de l’eau courante en permanence et un service régulier de ramassage d’ordures. La discipline est de rigueur et les villageois s’entendent et sont tenus de respecter les principes établis par eux-mêmes en collaboration avec les responsables de FHRD.

Les appartements construits par la fondation logent quelque 1400 personnes si l’on tient compte d’une moyenne de 5 ou 6 personnes par appartement ou logement. Chacun coûte en moyenne 16 000 dollars américains et le projet de construction des villages ont reçu le financement de la Croix-Rouge italienne, de Développement et Paix (D&P Canada), les Missionnaires de saint Charles Borromée via AFCT, la Fondasyon Konesans ak Libète (Fokal Haïti), Secours Catholique-France et Antioquia Presente-Colombie.

« Dans un village où nous devrions recevoir 72 familles, nous avons eu 1500 inscrits. L’offre dépasse largement la demande », a expliqué au Nouvelliste le coordonnateur des villages de FHRD, Isaac L. Beaujour. Les responsables ont dû procéder de la sorte : les bénéficiaires doivent être de la commune de Croix-des-Bouquets, pour empêcher que des gens de partout ne viennent gonfler les inscriptions. Ce critère tient aussi de la capacité d’adaptation à la zone.  Au moment de sélectionner les bénéficiaires, les responsables ont tenu compte de la capacité de la personne à générer un revenu, aussi maigre soit-il, pour pouvoir contribuer chaque semestre à l’entretien du village.

« Après 10 ans de loyer, l’appartement appartiendra définitivement à son locataire, mais le terrain va demeurer la propriété de la FHRD. À ce moment, le locataire aura payé près de 30 % du coût initial du logement », a précisé le directeur de la FHRD, Mérès Tailor.

La vie communautaire est régie par des principes où les locataires avaient impérativement signé avant la remise des clés. Les villageois rejettent l’utilisation de la drogue, du vol et le respect de la vie privée est de rigueur. Pourtant, ils joignent leurs efforts pour maintenir la sécurité communautaire.  Les responsables gèrent les éventuels conflits sans ménagement, avons-nous appris.

Quand arrivent les vacances d’été, des compétitions sportives sont organisées et en hiver la fête de Noël est célébrée entre les villageois de la FHRD.  La fondation a prévu que les financements externes allaient devenir rares, voire inexistants. L’alternative consiste en la création d’autres activités génératrices de revenus comme les opérations de production de pintades, via La Rosée S.A., la firme de construction, la fabrique de pâtes alimentaires.

Avant, les étrangers ont toujours dirigé les destinées de la FHRD. Avec Mérès Tailor au poste de directeur de cette fondation, c’est du coup la première direction haïtienne à la tête de FHRD depuis sa création en mai 2010.  Les coopérants contribuent à la direction, à la comptabilité, au service du marketing, à la clinique Saint-Esprit. Le directeur exécutif, également directeur de l’entreprise La Rosée S.A., aimerait entreprendre davantage d’activités en vue de loger plus de personnes.

Dans le même registre, Isaac L. Beaujour, coordonnateur des villages de FHRD, estime que le travail de la fondation dans le domaine du logement mérite une certaine attention des autorités ou de certaines institutions comme l’Entreprise publique de promotion de logements sociaux (EPPLS). « Nous aimerions avoir des partenariats avec eux pour mettre notre expertise à leur disposition et profiter aussi de leurs longues expériences dans la construction et la gestion des logements sociaux », a avoué Isaac L. Beaujour. L’État projette de construire des logements au bénéfice des policiers, des infirmières et des enseignants. M. Beaujour est persuadé que le modèle de la FHRD est duplicable en dehors de la fondation.

Peut-être que la Fondation haïtienne pour le relèvement et le développement (FHRD) n’aurait pas vu le jour si des déplacés du séisme du 12 janvier 2010 n’avait pas éprouvé un certain nombre de besoins dont le logement, l’eau courante, les produits de première nécessité. Qui sait ? Cette institution compte, entre autres, aujourd’hui, cinq villages, un ferme de production de pintades, une firme de construction, une usine de pâtes alimentaires.

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