In Memoriam Gérald Brisson

Publié le 2019-05-31 | Le Nouvelliste

Il y a 50 ans Gérald Brisson mourait, le 2 juin 1969, à l’âge de 32 ans en combattant le régime de François Duvalier.  Il était athlète, musicien, juriste, économiste, écrivain, dirigeant de parti, guérillero, fils, frère, mari et père. Pour mémoire, nous retraçons ici les moments clés de sa vie.

1937-1955. Haïti : Adolescence entre études, sport, musique et sensibilité sociale.

Gérald naît le 10 février 1937 à Port-au-Prince. Son père, Emmanuel Brisson, est alors employé de commerce à la Maison Robelin (future Maison Deschamps) ; il deviendra notaire en 1952. Il prodigue une éducation stricte et rigide à son fils. Sa mère, Renée Riboul, est pour l’époque plutôt libre et rebelle, et elle couve de son affection le jeune Gérald.

Il effectue ses études primaires et secondaires (Section B) à l’Institution Saint-Louis de Gonzague.

Il fréquente les jeunes de son quartier de Lalue avec qui il joue au foot, pieds nus, dans la rue. Il est sensible à leurs conditions précaires de vie et partage avec eux, à l’insu de son père, l'argent de poche et les fournitures de la maison. Il se rend à La Saline à Port-au-Prince en solidarité avec les défavorisés de la zone et pour mieux comprendre leurs conditions et besoins.

Grand et mince, Gérald saute en hauteur au Parc Saint-Louis. Il atteint 1 mètre 875 le 6 décembre 1954, égalant la performance de Roberto Lopez, Champion aux Jeux panaméricains de Mexico cette année-là.

Il joue également au saxe alto dans la fanfare de l’école et plus tard dans l ‘ensemble ‘Chouboum’. Leur meringue ‘Tout voum se do’ remporte le deuxième prix du concours carnavalesque de 1956. Gérald est aussi fan de musiques afro-cubaines, il écoute régulièrement l’orchestre « Sonora Matancera » de Celia Cruz sur les ondes de Radio Progreso. 

L’adolescent est inséparable de son camarade François Benoit avec qui il passe les vacances d'été à Camp Perrin. C’est avec lui qu’il tente en vain de monter au sommet du pic Macaya à 2.400 mètres.

Il s’initie au personnalisme d’Emmanuel Mounier, à l’éducation de l’homme nouveau de Mikhail Kalinine. Avec François, Ernest (Nino) Caprio et Karl Lévêque, intéressé à mieux appréhender le sens de la vie, il sollicite en terminale des cours particuliers de philosophie avec les professeurs Jean Claude, Max Chancy et Marcel Gilbert. Ces inclinations vont à rebours de l’atmosphère traditionnaliste de Saint-Louis de Gonzague. Gérald compte également Adrien Sansaricq et Frantz Latour comme condisciples de classe. 

Au baccalauréat de Philo, en juin 1955, il rencontre Jacqueline Volel qui deviendra son épouse. De cette union naîtront Françoise et René.

1955-1959. Haïti : Premiers Engagements et Actions Politiques.

Gérald rejoint, la Faculté de Droit à la rentrée 1955. Il y forme, avec d’autres étudiants, le ‘Bloc’ Fignoliste de soutien lors de la campagne présidentielle. Ce groupe se transformera en « Association des Étudiants en droit » dont il deviendra le président en 1957. Il fréquente également Homère Saint-Léger et Claude B. Auguste proches du groupe “Jeune Culture” axé sur le théâtre.  

Durant ses études, il prête main au notariat de son père où la passation d’actes le sensibilise à la concentration inéquitable de la propriété rurale en Haïti.

En tant qu’avocat-stagiaire, il est chargé de défendre un paysan accusé de crime. Sa plaidoirie fait valoir les conditions sociales comme circonstances atténuantes. Il appuie également le syndicat des Trieuses de Café de ‘l’Union Intersyndicale d’Haïti’ (UIH).

Gérald se lie d’amitié avec Charles Adrien Georges et Gérard Pierre-Charles avec lesquels il conduit des activités ‘subversives’. Son ami d’enfance François Benoît, entre-temps instructeur au camp d’application aux Forces Armées d’Haïti, l’initie secrètement au maniement des armes : pistolets .45 et .38, fusil Garand, grenades à fragmentation. Il participe avec certains camarades à des activités défiant le régime comme la profanation de la tombe de Duval Duvalier, père du dictateur.

Gerald devient un proche de Jacques Stephen Alexis et participe avec lui à des séances de sensibilisation avec les paysans de Source Matelas. Il est membre fondateur du parti que crée Alexis, le ‘Parti d’Entente Populaire’ (PEP) qui associe le groupe d’actions dont Gérald faisait partie, ainsi que la ‘Ligue des Jeunesses Populaires d’Haïti’ (LJPH) dont Joseph Roney et Yves Médard (Rassoul Labuchin) sont membres, et enfin des anciens de la Révolution de 1946.  Le ‘Manifeste-Programme de la nouvelle Indépendance’ du PEP est publié en Janvier 1959.

Gérald est arrêté en décembre 1959, sur dénonciation de ses activités contre le régime.  Son père intervient et sa libération est conditionnée à un départ en exil en Colombie . Un communiqué l’amnistiant ainsi que 10 autres prisonniers politiques, dont le poète Jean Brierre, est publié le 22 décembre 1959. C’est son ami officier François Benoît qui le conduit à l’aéroport pour ce départ forcé d’Haïti. Gérald a 22 ans.

1960. Colombie, Jamaïque : Apprentissage de l’exil.

Gérald part en exil à San Juan del César, petit village au nord de la Colombie où vit son demi-frère Emmanuel Bobby, fils d’un premier mariage de son père. C’est une bourgade de 10.000 habitants à 10 heures de route de Barranquilla la quatrième ville du pays. La population y est essentiellement agricole. Il participe aux travaux préparatoires aux semailles du coton qui requièrent d’être sur les champs dès 5h30 le matin. Gérald consigne ses observations sur les degrés de mécanisation et de crédit agricoles. Il analyse la ’chaîne de création de valeur’ du producteur au spéculateur jusqu’au consommateur final. Il suit avec attention la promulgation d’une loi agraire reformant la grande propriété au Venezuela voisin. Il se réjouit que les élections législatives colombiennes consacrent la victoire des forces progressistes. Il correspond avec Jacques Stephen Alexis qui partage avec lui les nouvelles thèses du PEP ainsi que son étude sur le problème du café en Haïti. Commencent à germer chez Gérald des idées sur une vision des relations agraires en Haïti qu’il cristallisera par la suite dans un livre, ‘Les Relations Agraires dans l’Haïti Contemporaine’.

Le jeune exilé reçoit de sa fiancée Jacqueline Volel restée à Port-au-Prince le quotidien ‘Le Nouvelliste’ par paquets, il a très vite le mal du pays. Le mouvement étudiant s’intensifie en Haïti, ‘L’Union Nationale des Etudiants Haïtiens’ (UNEH) tient son premier congrès en mai 1960. Jacqueline vient rendre visite à Gérald en Juillet. Il veut se rapprocher d’Haïti, il entraine sa compagne en Jamaïque où vivent de nombreux exilés haïtiens.

A Kingston, le couple voit Jacques Deschamps, Joseph Craan, André Jeanty, qui deviendront témoins à leur mariage le 9 novembre. Entre temps survient en Haïti l’arrestation de 21 étudiants, et, en protestation, l’UNEH déclare la grève le 22 novembre.  Ceci affecte beaucoup Gérald. Duvalier a vent de son rapprochement de l’île d’Haïti en violation de son exil colombien. Le chef de l’Etat demande sa capture au consulat d’Haïti. Le couple n’a pas d’autres options que de fuir l’île. De Moscou, Jacques Stephen Alexis obtient du recteur de la nouvellement créée « Université Patrice Lumumba » deux bourses d’études qui constituent la seule issue pour le couple d’échapper aux poursuites du dictateur. Alexis achève alors une tournée en URSS et en Chine où il rencontre Khrushchev, Mao Tse Tung et Ho Chi Minh.

1961-1965. Moscou : Economie, Idéologie, Formation de Cadre Officier.

Le couple doit rapidement maîtriser la langue russe, pré-requise aux études d’économie pour Gérald et de génie hydraulique pour Jacqueline. Gérald suit également des cours à l’Institut des Sciences Sociales, et il étudie les œuvres de Plekhanov, Gramsci, Engels, Marx, Lénine. Il est également invité à suivre des cours clandestins, à un camp militaire éloigné de Moscou qui forme les cadres officiers des futures armées de libération nationale.

Gerald rencontre les membres du ‘Front Démocratique Unifié de Libération Nationale’ (FDULN) en visite à Moscou dont René Depestre, Gérard Pierre-Charles, Jean-Claude Cambronne. Il échange également avec les étudiants haïtiens ayant participé au Forum Mondial de la Jeunesse.

Gérald se tient au fait des évènements se déroulant en Haïti : entre autres, l’arrestation, la torture et l’assassinat de ses compagnons du PEP, Jacques Stephen Alexis, Charles Adrien Georges en avril 1961, le massacre de la famille de son ami d’enfance François Benoit en avril 1963, celui de la famille de son condisciple de classe Adrien Sansaricq en août 1964, l’épopée de ‘Jeune Haïti’ dans la Grand’Anse, l’auto-proclamation par Duvalier de la présidence à vie en 1964.

Ses formations en économie, en politique et de cadre officier achevées, Gérald est prêt pour l’action et il quitte Moscou mi-1965. 

1965-1966. Cuba, République dominicaine : Entrainement à la guérilla et préparatifs de retour

En juin 1965 sous le pseudonyme de Sylvio Mendoza, Gérald loge à l’hôtel National de La Havane. Il est désormais à Cuba pour s'entraîner à la guerre de guérilla.

En attendant, cette formation, il finalise et publie les ‘Fondements Economiques de la Situation Révolutionnaire 1945 -1946 en Haïti’, en octobre 1965. Cette année-là, Il rédige également avec son grand complice en pensées politiques, Raymond Jean-François, les ‘Fondements de l’Entente Populaire en Haïti’. Ce tandem ‘Levantin’(Raymond) et ‘Legrand’(Gérald) partage la même vision politique et rédigera de nombreux articles sur les méthodes d’organisation de parti. À distance, il encourage la participation du PEP Haïtien au congrès du PC Chilien de septembre 1965, ainsi qu’à la conférence tricontinentale Asie, Afrique, Amérique Latine de janvier 1966 à La Havane.

En juillet 1965, ayant clos ses études d’ingénierie, Jacqueline son épouse quitte Moscou et le rejoint à La Havane. Ils fréquentent le couple Adrien et Lidia Sansaricq. Cet été-là en Haïti un drame affecte un autre parti de gauche, le ‘Parti Populaire de Libération Nationale’ (PPLN) lors d’un entrainement clandestin dans une résidence à Pétion Ville. Un coup de feu involontaire blesse un des membres de ce parti, attire l’attention de la Police secrète et provoque l’arrestation, la torture et la mort de plusieurs militants dont Jean-Jacques Dessalines Ambroise et de Mario Rameau. Nombre de militants du PPLN sont contraints à partir en exil. Cet événement renforce la conviction de Gérald qu’il est impératif que des militants haïtiens viennent se former militairement à Cuba. Son entraînement à la guérilla se déroule de mi-février à mi-mai 1966. Aussitôt formé, le mois d’après il part pour la Républicaine dominicaine en vue de gagner Haïti.

A son arrivée à Santo Domingo, Gérald habite dans une pension à la calle Salcedo. Il fréquente Narciso Isa Conde et Jose Israel Cuello du PCD. Ce parti de la gauche dominicaine se relève à peine de l’insurrection de Caamaño et de l’occupation américaine de 42 000 soldats qui en suivit.

Comme ‘couverture’ Gérald est professeur de français alors que Gérard Wadestrandt , comme lui fraîchement arrivé, est professeur de Karaté. Avec Daniel Sansaricq, ils sont trois du PEP à se préparer à rentrer en Haïti.  

Gérald noue des contacts pour se procurer des Cristobal, fusils d’assaut fabriqués sur place. Il travaille à la structuration d‘une ‘base’ à Santo Domingo pour accueillir les prochains révolutionnaires haïtiens en transit par Saint Domingue et nécessitant de ‘faux’ passeports ainsi que des ‘passeurs’ pour franchir la frontière. Il se rend de même à La Romana pour prêter main-forte à la lutte pour l’amélioration des conditions de vie des coupeurs de canne haïtiens exposés à divers accidents de travail et à des problèmes de santé.

Il participe également à des actions de solidarité avec le PCD.  Fin 1966, les préparatifs du retour au pays achevés, Gérald part pour Haïti.

1966-1969. Haïti : Lutte contre le terrorisme d’état.

Gérald gagne Haïti sous une fausse identité, déguisé avec de grosses lunettes et des boules dans la bouche après un long exil de sept ans. Il est désormais ‘Mario Théodore’ et entame une vie clandestine qui le mènera à loger à Frères, Montagne Noire, Boutilliers… quartiers en ces temps-là très peu habités de Port-au-Prince.

Il écrit de nombreux articles dans l’organe mensuel du parti, ‘La Voix du Peuple’, et plus tard dans ‘Boukan’, deux publications distribuées clandestinement aux militants à travers le pays. ‘Avant-Garde’, dans lequel Gérald et d’autres cadres, tels Raymond Jean-François, publient des articles de fond, est plutôt destiné aux cadres du Parti.

Gérald participe, au sein du Comité Central du Parti d’Entente Populaire, à la réflexion sur la ligne du parti entre action politique et lutte armée. Les ‘Voies Tactiques Vers la Nouvelle Indépendance’ publiées en 1967 prônent la lutte armée pour faire face au terrorisme d’État, renverser la dictature et mener la bataille du renouveau d’Haïti.

Cette lutte armée requiert des fonds, de même que la location de caches pour les militants, les besoins journaliers en alimentation, ainsi que la logistique, la presse du Parti…. Pour s’en procurer, un groupe de cinq militants du parti conçoivent et exécutent un hold-up le 6 novembre 1967 à la Banque Royale du Canada lors de l’acheminement d’un coffre contenant 77.800 US$ de fonds gouvernementaux vers la Banque Nationale de la République d’Haïti. Le 7 décembre suivant, à l’aéroport Maïs Gâté, un groupe du parti mène une attaque contre Eloïs Maître, membre influent de la Police Politique chargé de contrôler et d’intercepter les jeunes cadres du parti arrivant d’Europe. D’autres opérations commando furent aussi menées sur des postes de la milice ou de police pour récupérer des armes ou, en guise de représailles, sur des bourreaux, tortionnaires comme René Brénéville de Carrefour, ou le capitaine Delva de Fort Dimanche…. Le 4 novembre 1968 à la Rue des Miracles, alors qu’ils sont pourchassés, Gérald et René Théodore, repoussent une attaque du Lieutenant Edouard Guillod et d’Antoine Khouri.

Avec d’autres fervents partisans du rassemblement des partis révolutionnaires contre le régime, Gérald est l’un des responsables de l’unification le 18 janvier 1969 du ‘Parti Union des Démocrates Haïtiens’(PUDA) ci-devant PPLN créé en 1954 et du PEP, créé en 1959, qui deviendront ensemble le ‘Parti Unifié des Communistes Haïtiens’(PUCH). Montant en intensité les mois précédents, la répression devient brutale en cette année 1969. Elle s’abat sur le parti qui compte en son sein un délateur au nom de Franck Eyssallenne, membre de la branche PEP.

Répression d’abord à Cazale du 27 mars au 11 avril où périssent entre autres Alix Lamaute, rentré de Strasbourg en septembre 1967, compagnon de Monique Brisson, sœur de Gérald, et Lamarre Saint-Germain. Roger Méhu également arrêté à Cazale ne reviendra pas des Casernes Dessalines. Une opération du régime est menée pour capturer Gérald à Boutilliers le 14 avril, Adrien Sansaricq, rentré de Cuba un an plus tôt y perd la vie, et Jacqueline, rentrée en Haïti à la mi-1967 pour animer la presse clandestine du parti, est capturée. Gérald ce jour-là n’était pas dans cette cache.

Ce jour-là, sans doute en représailles des pertes infligées aux troupes duvaliéristes, des membres du Parti détenus à Fort Dimanche, dont Joël Liautaud et Eddy Petit, sont, d’après plus d’un, amenés sur les lieux et fusillés.

Le 2 mai 1969 Joseph Roney, secrétaire général du PUCH, et Elizabeth Philibert sont faits prisonniers à Fontamara. Dans l’assaut de cette cache de savane salée périssent Yanick Rigaud et Arnold Devilmé, secrétaire général-adjoint du parti.

Les militants de base sont pourchassés et les membres restants du Comité Central sont activement recherchés dans tout le pays. Duvalier fait rigoureusement appliquer la loi votée quelques jours plus tôt, le 28 avril, et condamnant à mort toute personne ayant des ‘affiliations, des contacts, des amis, ou simplement des lectures communistes’.

Traqué, le petit groupe composé de Gérard Wadestrandt, Daniel Sansaricq, et Gérald doit constamment changer de caches à Port-au-Prince, tantôt chez des particuliers, tantôt des ecclésiastes comme les Pères Arthur Volel et Jacques Mésidor. Ce dernier les aurait dissuadés de gagner l’ambassade du Mexique car le chef de mission collaborerait étroitement avec la chancellerie Haïtienne.

Le petit groupe trouve refuge dans une planque du Parti au #11 de la rue Brun-Ricot, dans le quartier de la Ruelle Nazon-Avenue Poupelard où il retrouve entre autres Jacques Jeannot, Niclerc Casseus et Bernadette Louis.  

Cette planque, pourtant, a déjà été dénoncée à la Police Politique et est épiée par des informateurs déguisés en marchands de rue qui guettent et rapportent aux Casernes Dessalines la présence des occupants recherchés. Quelques jours plus tard, une fois leur identité confirmée, le 2 Juin 1969, un contingent des Casernes fortement supérieur en nombre et en armes est dépêché et donne l’assaut peu avant 8:00 heures du matin. Les assiégés ripostent. Ils meurent tous ce jour-là. Gérald à court de munitions s’est-il donné la mort avec la capsule de cyanure qu’il portait toujours ? A-t-il été tué lors des échanges ? Où son corps a-t-il été enterré ? Autant de questions qui 50 ans après demeurent toujours sans réponse.

Françoise et René Brisson

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