Les syndicalistes réclament la réintégration des ouvriers révoqués à la CODEVI

Les ouvriers de la sous-traitance ont fait entendre une fois de plus leur voix. En conférence de presse ce mardi 27 mai 2019, les représentants de la Confédération des travailleurs des secteurs public et privé (CTSP), de la Confédération des travailleurs haïtiens (CTH), de la Centrale nationale des ouvriers haïtiens (CNOAH), et de la CSH ont pris la défense des ouvriers révoqués à la Compagnie de développement industriel (CODEVI) le 21 mai. Les défenseurs de la cause ouvrière ont exigé la réintégration des ouvriers révoqués, la prise en compte des jours passés entre-temps sans travail, l’action du ministère des Affaires sociales pour faire respecter la liberté syndicale.

Publié le 2019-05-29 | lenouvelliste.com

Les ouvriers révoqués de la Codevi ont été blanchis selon le verdict des syndicalistes. À entendre le jugement de ces derniers, les ouvriers révoqués, membres du syndicat de la CODEVI, méritent d’être réintégrés et dédommagés. « Ces syndicats n’ont pas lancé de grève. Ils n’ont jamais participé dans des actes de représailles à CODEVI. Ils ont été révoqués parce qu’ils sont syndicalistes. Ils n’ont rien à voir avec le soulèvement des ouvriers », a garanti le secrétaire général du CSH René Prévil Joseph, après avoir énuméré des syndicats d’ouvriers de CODEVI affiliés à la CTSP dont les membres ont reçu une lettre de révocation. Dénonçant le caractère illégal de ces révocations, le militant a assimilé le récent soulèvement des ouvriers de la CODEVI à un mouvement spontané pour exprimer leur refus de verser les frais d’IRI alors qu’ils ne reçoivent aucun service en retour.

Yvelt Admettre, secrétaire général de la CTSP, a qualifié de «cyclone de représailles syndicales» les répressions faites à l’endroit de la liberté syndicale. Annonçant la mise en place d’une série de démarches pour alerter l’opinion nationale et internationale en vue de défendre les droits des syndicats, le militant s’est montré cohérent à propos des revendications du moment. « Près d’une centaine d’ouvriers ont été révoqués à la CODEVI. Nous exigeons la réintégration des ouvriers sans condition. Nous réclamons le salaire des journées de travail perdues. Les révocations ont été faites en dehors de la loi. ». Le syndicaliste a en outre déploré les faiblesses du ministère des Affaires sociales qui est, selon lui, au service des patrons.

Dominique St-Éloi a, de son côté, manifesté sa solidarité envers les ouvriers révoqués. Le coordonnateur général de la CNOAH a indexé la complicité de l’État haïtien dans la dégradation de la condition ouvrière. Le militant a invité les travailleurs de la sous-traitance à manifester dans les rues en vue de réclamer de meilleures conditions de travail.

Les syndicalistes de la CTSP, de la CNOHA et de la CTH ont été unanimes à exprimer leur indignation face à la révocation des ouvriers. Ils ont évoqué la ratification par Haïti des conventions de 1987 et de 1998, de la loi Hope qui régissent la liberté syndicale. Il s'agit selon eux, un appel à l'État pour assumer ses responsabilités.

pinvinj@gmail.com

Junior Pinvin
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