Jean-Claude Fignolé: Témoignage-Hommage à l’occasion d’un double anniversaire

Publié le 2019-05-23 | Le Nouvelliste

Jean-Claude Fignolé aurait eu ce 24 mai 2019 soixante-dix-huit ans. J’en suis à me dire, compte tenu d’une part de l’envergure de cet homme qui a marqué de son empreinte beaucoup de jeunes de ma génération, tour à tour éducateur, écrivain, dirigeant politique local vers la fin de sa vie, et d’autre part de notre état actuel de dégénérescence, qu’à la date fatidique de sa mort, le 11 juillet 2017, il est parti trop tôt, que notre pays aurait gagné à l’avoir à son service quelques années encore.

Je profite de ce double anniversaire, l’heureux et le triste, pour apporter mon témoignage personnel sur l’homme, étant peut-être, même si plus jeune que lui à l’époque de la fin des années soixante, parmi ceux qui l’ont le mieux connu, l’ayant vu évoluer de sa jeunesse grand’anselaise à sa maturité d’adulte impliquant l’enseignant qu’il fut à Port-au-Prince, son amour des lettres, sa grande culture intellectuelle, l’homme aux convictions politiques progressistes bien arrêtées. Même tard venu, ce témoignage, en plus d’être une note ajoutée à la solidarité compassionnelle et intellectuelle envers les proches et les amis, se veut une révélation sur différentes facettes de la personnalité de l’homme et un règlement de ma dette envers le prof qui a distillé en moi ce goût pour les lettres, la culture en général et la production écrite en particulier.

Je ne parlerai pas ici de ses œuvres maitresses, de ses romans, de ses œuvres de maturité. L’échéance trop proche de ce double anniversaire m’en enlève la possibilité d’une analyse approfondie. D’autres mieux imbus de la question parce disposant, entre autres facteurs, du temps approprié parleront de cette expérience haïtienne particulièrement originale d’une production romanesque libérée des poncifs et des contraintes de la langue traditionnelle, expression à travers tel sujet historique (Aube tranquille, 1990 ; Une heure pour l’éternité, 2008) ou s’inspirant du milieu  (Possédés de la pleine lune, 1987)   du foisonnement d’une parole résolument tournée vers la modernité proche du discours romanesque latino-américain contemporain. L’initiative présente ne concerne pas l’œuvre en soi, mais celle de l’itinéraire qui y a conduit, du processus qui y a abouti, impliquant l’homme dans sa quasi-totalité, c’est-à-dire le dandy, le professeur, son engagement politique de citoyen interpellé vers la fin de sa vie par la déliquescence de nos institutions.

Les années d’apprentissage

Le processus de l’œuvre, c’est d’abord le Petit Séminaire Collège St-Martial, où Jean-Claude a laissé le souvenir d’un élève brillant, du lycée Alexandre Pétion où il a fait sa classe de philosophie à une époque d’effervescence, celle en 1962 de la grève des étudiants contre un pouvoir qui s’apprêtait à jeter les bases d’une dictature héréditaire, celle enfin du retour dans son paletin natal, les Abricots, après l’échec de la grève sous l’œil méfiant et scrutateur des sbires du régime. Le processus de l’œuvre, c’est ensuite cet appartement aujourd’hui méconnaissable du Chemin-des-Dalles que Jean-Claude partageait avec l’étudiant en agronomie à l’époque, Éric Pierre, futur fonctionnaire de la Banque mondiale, et désigné il y a quelques années sans succès au poste de Premier ministre par le président Préval. Lieu de rencontres pour les premiers contacts intellectuels décisifs dans l’orientation et l’engagement du futur écrivain : je me rappelle ce jour où, après la publication de son premier roman Mûr à crever, le futur grand écrivain Franck Étienne, un Haïtien très clair de peau, presque un Blanc pour moi, aux yeux bleus (ou verts, je ne me rappelle pas trop) parlant un créole sans accent, avec, pour être plus dans le vrai, la même intonation de la voix que celle des gens du quartier populaire du Bel-Air où il a pris naissance et grandi (imaginez mon double étonnement en référence à la singularité ethno-sociale de nos origines historiques, facteurs déterminants en Haïti dans la distribution de la localisation, de l’habitat et de l’expression linguistique) devisant avec Jean-Claude et quelques autres rares habitués des lieux, sous mon regard admiratif et émerveillé de jeune de 18 ans en classe de rhéto au lycée Pétion, de son engagement d’écrivain progressiste au service de la future révolution à réaliser.

Il régnait dans cet espace une atmosphère propice aux discussions intellectuelles sur des auteurs à la mode à l’époque, tels Marx, Engels, Hegel, sur des ouvrages comme les Principes élémentaires de philosophie de Georges Politzer dont les analyses tenaient lieu d’échanges alimentant des matinées entières de joutes passionnées. Il y régnait aussi une ambiance favorable à la création, qui donnera plus tard le spiralisme, cette doctrine littéraire conçue par Jean-Claude avec Franck Étienne et René Philoctète, et à la fermentation des idées dont sortiront des textes de réflexion comme dans Rompre le silence, cette rubrique hebdomadaire qui paraissait dans Le Nouvelliste dans les années quatre-vingts. C’était aussi une atmosphère bon enfant où, à côté de la poésie de Vilaire, de Durand ou de celle des classiques et des romantiques français, entre deux ou trois piques assenées à la dictature, aux « réactionnaires », on s’adonnait à des plaisanteries (jamais grivoises) sur les filles, un autre dada de Jean-Claude (il ne s’en cachait pas), sur des camarades hors norme (de nos normes de progressistes et de bien-pensants). On concoctait des programmes comme ces rares sorties (j’étais trop jeune pour y être invité) comme celle qui s’est soldée, une nuit de week-end de fin de décembre, par la mort du jeune poète, originaire comme nous de la Grand’Anse, Pierre-Marie Miyet, un de ces originaux foncièrement inadaptés dans leur refus de nos valeurs sociales bourgeoises, dans un accident d'une voiture conduite par Jean-Claude, au retour d’un bal de l’Orchestre Septentrional à Damiens.

Le processus de l’œuvre, c’est encore toujours au local du Chemin-des-Dalles, les premières publications sur les œuvres d’Oswald Durand, d’Etzer Vilaire. Ce premier texte critique sur Durand (1968) fut l’une de mes premières causes d’angoisse intellectuelle. Un de ses lecteurs haïtiens, à l’époque récemment émigré aux États-Unis, s’insurgeait dans un article publié dans Le Nouvelliste contre l’inanité de telles productions et regrettait qu’enseignants et intellectuels s’adonnassent à de ces billevesées qui ne sont d’aucune utilité dans la formation, l’ouverture au monde moderne de la jeunesse haïtienne. Parée du prestige de la chose écrite publiée dans l’un de nos grands journaux, cette critique suscitait en moi un immense sentiment d’anxiété. Notre mentor que fut Jean-Claude allait-il perdre la face ? Comment allait-il réagir ? Quelle parade opposer à l’article incriminant ? Notre soulagement fut grand à la réponse de Jean-Claude publiée dans le même journal quelques jours après : aucune parcelle de notre patrimoine ne doit être dédaignée, surtout celle qui a trait à notre production littéraire.

Vient ensuite son fameux ouvrage de critique littéraire, Etzer Vilaire, ce méconnu (1970). Entre-temps, il avait emménagé dans un appartement situé à Bourdon, en face de l’entrée de la ruelle Nazon. On sentait venir ce texte tant on savait son attachement à Vilaire, l’un, selon lui, des plus éminents poètes haïtiens. Il n’avait de cesse dans ces cours sur ce barde grand’anselais de s’insurger contre le qualificatif d’évadé qu’on lui accolait, argumentant que les poèmes Les dix hommes noirs et Le Flibustier sont les reflets de notre histoire nationale, de la société haïtienne du XIXe siècle et de la psychologie de la jeunesse de l’époque.

Sur cette même lancée, le critique littéraire publiera en 1974 chez les Éditions Fardin «Pour une poésie de l’authentique et du solidaire», texte analytique de Ces îles qui marchent de René Philoctète, en hommage à ce poète qui avait immigré au Canada, mais qui, décision singulière chez un émigré haïtien à l’époque, avait pris, à l’instar de très peu d’autres, le parti de revenir de ce pays du grand Nord, au « soleil froid comme la mort ». Production critique, en guise de solidarité avec celui qui a refusé cette « fuite en avant qui correspond à un mouvement général d’exil volontaire ou d’exil tout court par quoi les intellectuels, les cadres scientifiques et techniques essaient de rattraper le destin à la fois politique et économique de l’Occident… » (page 39). Pour une poésie de l’authentique et du solidaire, expression d’un choix courageux qui était en réalité un déni du sauve-qui-peut quasi général, acquiesce dans cette œuvre au relent d’épopée à cette réappropriation de notre histoire, à cette volonté d’assumation d’un vécu où, selon le mot du poète Anthony Phelps, « l’on ne se parlait que par signes ». 

Le dandy

Jean-Claude, c’était, bien avant, le jeune dandy que j’avais connu au début des années soixante à Dame-Marie, jolie ville de la Grand’Anse dont mes parents sont originaires et qu’ils avaient quittée pour ma scolarité à Port-au-Prince. Des Abricots, sa ville natale, bourgade limitrophe où il était revenu se réfugier après l’échec de la grève des étudiants en 1962, il allait y passer de temps en temps quelques jours de vacances, surtout durant les périodes de congé ou de fête patronale comme le 8 septembre, jour de la Nativité. Le souvenir m’est resté de ce jeune homme d’une vingtaine d’années, d’une élégance naturelle, à la voix passablement grave et envoûtante, de taille moyenne et au corps bien proportionné. Le fin danseur qu’il était esquissait dans les bals organisés en ces circonstances des pas de danses typiques des boléros à la mode à l’époque, qui nous enthousiasmaient, nous les jeunes, et provoquaient notre admiration, ces fameuses « hésitations » consistant à marquer deux ou trois essais d’un pas qui n’est réalisé qu’après le deuxième ou le troisième. Le dandysme, c’était une seconde nature chez Jean-Claude dont l’âme d’artiste s’ouvrait à toutes les singularités et le prédisposait à tous les enchantements émanant des choses les plus anodines, les plus coutumières, dont la poésie échappe au commun des mortels. Tel, dans ces traversées maritimes Port-au-Prince – Jérémie, la voie terrestre n’existait pas encore, où il jouait à être marin. Je le vois encore, ayant obtenu du timonier de service  (il était familier à tous les marins, ayant l’habitude de ces voyages en leur compagnie dans des bâtiments répondant aux noms de la Jérémienne, Florida, St-Sauveur) de le remplacer, imprimant à la barre par intermittence des petits coups à droite et à gauche, debout comme un vieux loup de mer, les jambes écartées, scrutant l’horizon ou observant de temps en temps la boussole, je l’entends encore se fendre d’une voix se faisant grave à dessein, interpellant le capitaine : « Bagnò, èske m nan bon k ap la ? »

Le prof

Jean-Claude débutera une brillante carrière d’enseignant quelques trois ou quatre ans après, à la fin des années soixante, à Port-au-Prince, aux Collège Catts Pressoir, Anglade, aux cours du soir pour les élèves de rhéto et de philo, qu’ils avaient ouverts dans deux salles du local de l’école primaire des frères canadiens à l’impasse Laveaux que dirigeait Frère Richard, et où siège actuellement le lycée Marie-Jeanne. Il y donnait des cours de littérature. C’est là que j’ai pu bénéficier de la pédagogie dynamique de ce jeune enseignant au savoir étendu utilisant, contrairement à ses autres collègues confinant leur enseignement exclusivement dans le domaine littéraire, des approches psychologique, sociologique et marxiste dans l’interprétation des faits de littérature. Ce qui l’exposait à l’époque à un danger permanent comme la plupart des profs, surtout de sciences sociales, dont les analyses critiques marquées du sceau des idéologies progressistes et révolutionnaires inquiétaient le régime. 

Je me souviens de son plaisir à déclamer dans ses cours de littérature haïtienne les vers du discours de Franck, ce personnage des Dix hommes noirs, à l’adresse de ses camarades désespérés et aspirant au suicide, ou ceux décrivant le navire, le Fantôme d’Argan, le Flibustier, dans le poème du même nom. Le prof, l’artiste, amoureux de la poésie d’Etzer Vilaire, « à la sublimité des accents aux résonnances bouleversantes », pour reprendre ses propres termes, en notait les allitérations comme ces consonnes retentissantes (se terminant en or ou en a) dont il nous faisait entendre avec une délectation évidente dans la voix, en un bel exemple d’harmonie imitative, les sonorités éclatantes et assourdissantes reproduisant l’éclatement des obus tirés par des caronades, ces canons anglais du XVIIIe siècle, à gueule courte comme dans l’exemple qui suit :

« … À ses larges sabords

Étincelaient l’airain de trente caronades

Tièdes encor du feu grondant des caronades. »

Les cours de littérature dispensés par lui, c’était déjà la maîtrise de la phrase, du verbe (au sens latin du mot) dans la phrase. C’était une brillance verbale qui frisait l’incantation comme à ses lectures des textes de Vilaire, mais aussi de ceux des écrivains romantiques français, comme le souvenir de celle du bardit des Francs de Chateaubriand qui, nous répétait-il, a suscité chez l’historien français Augustin Thierry sa vocation historique et qui a donné la chair de poule à toute la classe suspendue à ses lèvres, tant la vibration de sa voix la rendait forte, grave, impressionnante, incantatoire même : « Pharamond ! Pharamond ! scandait-il, nous avons combattu avec l’épée. Nous avons lancé la francisque à deux tranchants ; la sueur tombait du front des guerriers et ruisselait le long de leurs bras. Les aigles et les oiseaux aux pieds jaunes poussaient des cris de joie !  Le corbeau nageait dans le sang des morts ; tout l’Océan n’était qu’une plaie ; les vierges ont pleuré longtemps… »

En plus du goût de la lecture, Jean-Claude reste celui qui a donné aux jeunes de ma génération qui ont eu la chance de l’avoir eu pour professeur, celui de l’écriture par le soin qu’il a mis après chaque chapitre sur un auteur à leur communiquer un petit plan de dissertation, très dépouillé, par exemple sur Montesquieu, le père du déterminisme historique, et de la causalité en histoire, sur Voltaire historien, Voltaire conteur ; sur Rousseau et Chateaubriand précurseurs du romantisme, sur Etzer Vilaire poète évadé ; sur l’indigénisme haïtien, etc. Nos cahiers de notes recelaient une trentaine de ces plans avec chacun une petite introduction, l’esquisse d’un nœud résumé en deux ou trois grands titres préfigurant les deux ou trois parties à développer liées par une ou deux transitions, et enfin une petite conclusion. Malgré son entière implication pédagogique dans les salles de classe, il était quelques fois disponible le dimanche chez lui à Bourdon pour corriger un devoir. Là, je tirais partie de ses remarques sur telle problématique qu’il fallait clarifier dans l’introduction pour mieux en développer les parties correspondantes dans le nœud, sur les modalités de l’emploi du subjonctif ou sur la simplicité du style, seule garante, répétait-il, de la clarté et de la limpidité du texte littéraire.

Le dirigeant politique local

Jean-Claude n’a pas fait de vieux os dans l’enseignement. Ses prestations comme enseignant n’ont duré que quelques années après l’ouverture du collège Jean-Price Mars dans les années soixante-dix avec Victor Benoit et René Philoctète. Après des va-et-vient entre Port-au-Prince et les Abricots, il a fini par élire domicile à quelques kilomètres de cette bourgade, à Birotte, où je lui rendais visite en maintes fois, profitant de cet isolement campagnard pour rédiger la plupart de ses grands romans. Il aura réalisé son rêve de jeunesse de devenir un grand écrivain, lui qui citait Victor Hugo, jeune écolier, disant vouloir devenir Chateaubriand ou rien. C’est ce même sentiment qui l’a habité et le même rêve réalisé qui l’ont incité à mettre sa notoriété au service de sa ville natale. Il s’y fera élire maire. Mais sa magistrature ne sera pas de tout repos. Lui qui voulait sortir du monde fictif de l’imaginaire, redescendre sur terre, renaître à soi-même, « réintégrer son être » matériel de bâtisseur de la cité, il en aura pour son compte. En plus de la résistance à opposer aux dictats des tenants de l’exécutif et à leur mainmise sur les pouvoirs locaux, il devra faire face à l’immensité des besoins d’une population abandonnée à elle-même, dans une localité où tout est à faire et à entreprendre. Il s’y mettra à la tâche. En effet, la plupart de ses réalisations ne se comptent pas : reconstruction après un éboulement d’une partie de la route de la localité de Robin, à Anse-du-Clair, entre Bonbon et les Abricots ; bétonnage d’une bonne partie de la ville des Abricots ; construction d’un marché public, de maisons pour la population vivant dans une zone à risque, la zone de l’embouchure ; construction d’un lycée technique dans la région de Birotte ; projet entamé de relance agricole dans les filières du cacao, de l’igname et de la banane, distribution de bourses d’études aux étudiants…

Soutenu par Food for the Poor, Jean-Claude a procédé à des distributions de matériel de pêche, de machines à coudre, au profit des jeunes déshérités de la commune, et surtout à l’encadrement alimentaire de la plupart des villes de la Grand ’Anse, grâce au support de cette organisation caritative, après le passage dévastateur du cyclone Matthew. On soulignera aussi le jumelage qu’il a entrepris de la ville des Abricots avec celui de Nantes dont le maire Jean Marc Ayrault, son ami personnel devenu Premier ministre, puis ministre des Affaires étrangères sous la présidence de François Hollande (2012-2017) en France, a rendu visite, à son instigation personnelle, à la ville de Jérémie après le séisme du 4 octobre 2016.

La création de l’Association des maires de la Grand’Anse (L’AMAGA)  pour donner plus de poids, d’autonomie et d’efficacité aux pouvoirs locaux, et surtout dans le cadre d’un bel exemple d’unité politique, initiative préventive prémunissant contre l’amateurisme politique et ses improvisations délétères, ne sera pas la moindre de ses entreprises qu’il a laissées en partage à la Grand’Anse et qui devra constituer un modèle à suivre non seulement pour les maires de toutes les communes des autres départements de la République, mais aussi pour tous les partis politiques réellement et sincèrement attelés à la tâche de reconstruction nationale. En prenant le risque de tremper sa main dans le cambouis de la politique haïtienne et en prêchant l’exemple de l’union dans ce domaine, Jean-Claude Fignolé, cet excellent professeur, ce grand écrivain doublé d’un homme politique responsable, et altruiste dans ce pays où la politique ne rime plus avec la prise en charge des intérêts de la collectivité, se sera révélé pour notre génération un « contemporain capital».

Mac-Ferl Morquette, macferlmorquette@yahoo.fr

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