L’avenir de Gros mache mirak est menacé sans investissement

Présenté à son début comme un catalyseur pour le développement de Fond-Parisien, « Gwo mache mirak » peine à réaliser les objectifs fixés. Faute d’investissements et de support des autorités, malgré les infrastructures modernes, les acheteurs préfèrent d’autres lieux de commerce engageant ainsi la survie du marché. Le comité a réussi à attirer de nouveaux investissements comme un abattoir moderne pour relancer l’activité économique dans la zone, mais l’équilibre reste fragile.

Publié le 2019-05-13 | Le Nouvelliste

« Moderne, spacieux, propre et sécuritaire » : ces qualités qu’on reconnait au marché très moderne de Fond-Parisien n’ont pas réussi à augmenter sa cote auprès des acteurs économiques. Si le commerce de détails stagne, les quelques entreprises du secteur financier (banque, maisons de transfères) fonctionnent au ralenti. Ce pôle de développement commercial, construit sur 8 hectares et situé, le long de la route principale reliant la région métropolitaine de Port-au-Prince à la République dominicaine, en passant par Malpasse et Jimani, ne concrétise pas sa vocation première. Il n’a jamais été considéré comme une opportunité non seulement pour la zone (Ganthier), mais aussi pour les cinq autres communes de l’Ouest et du Sud-Est qui sont desservies par cette route nationale numéro huit.

À « Gwo mache mirak », marché construit à hauteur de 2 millions de dollars américains par l’organisation « Love a child », les investissements haïtiens sont rares. L’espace est disponible. Les immeubles sont loués à des coûts dérisoires mais cela ne suffit pas apparamment pour que des entreprises haïtiennes dans la production ou la transformation s’implantent dans la zone. «  La force du marché, c’est notre niveau de sécurité et la propreté. Pour nous en assurer, nous impliquons les jeunes de la zone qui ont intérêt dans cet investissement s’ils veulent avoir un emploi. Nous essayons d’offrir des avantages imbattables comme l’eau courante et l’électricité aux entreprises pour qu’elles viennent. Les profits qu’on en tire, on les redistribue sous la forme de services à la population, surtout les déplacés du 12 janvier qui vivent dans le village Mirak à proximité », a expliqué Jean Lionel Bellevue, administrateur général du marché.

Nouveaux investissements pour un abattoir moderne

Si les autres bâtiments ne sont pas toujours valorisés, l’abattoir et le restaurant le sont. Un Américain du nom de John Draxton, ancien fermier a décidé de se reconvertir en boucher à cause des opportunités dans ce secteur et des conditions d’abattage qui se pratiquent en général dans le pays. Les installations pour l’abattage notamment de bœufs, des porcs et des cabris, à vue d’œil, sont impressionnantes. Pour garantir l'innocuité des produits carnés, il a redéfini l’abattage des animaux et la commercialisation de la viande. De l’arrière jusqu’au point de vente, on ne trouve pas d’odeurs nauséabondes, ni d’éparpillement de détritus de toutes sortes ou des flots d’insectes nuisibles. Mais un système d’eau permettant le lavage de la viande qui facilite l’évacuation des déchets, une scie électrique, des bacs de décontaminations entre autres.

Au lieu d’importer d’énorme quantité de viande, l’entrepreneur John Draxton dit croire qu’il peut créer des employés et s’assurer lui-même de la qualité du produit.  Pour l’instant la viande, les bacons, saucisses et salamis produisent Farmer john’s sont consommés dans son restaurant qui se trouve à l’entrée du marché et vendus un peu partout mais qu'il attend les grands places. « Nous ne fonctionnons pas encore à plein régime, mais abattons 7 vaches et 10 porcs par semaine. Nous ne lésinons pas sur les moyens de protéger la vie de nos clients en détruisant le plus de microbactéries possibles. C’est pourquoi nous avons deux chambres froides et autant de congélateur pour protéger la viande de contamination », a expliqué cet entrepreneur qui se vante de ne pas traumatiser les bêtes avant de les abattre.

La population avoisinante, avec un pouvoir d’achat très faible, survit des transferts d’argent et du commerce de détails. Les marchands présents se sont plaints du fait qu’ils ne puissent constituer de grands dépôts de produits pour écouler aux détaillants. Anne Marie Jean qui fréquente le marché depuis le début a, de son côté, évoqué le non-accès au crédit comme facteur empêchant le marché de se développer au point de rivaliser avec Malpasse malgré toutes les infrastructures. Selon elle, si les gens trouvent à en gros et à un prix abordable ce qu’ils cherchent, ils s’en approvisionneront. Ce marché dispose aussi d’une station de pompier à proximité, prête à intervenir en cas d’incendie et d'un espace de jeu pour les enfants.

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