La gourde nationale prise en otage

Publié le 2019-05-15 | Le Nouvelliste

Il m’a semblé, tout profane en matière économique que je suis, que les causes de la dépréciation de la gourde haïtienne, au taux actuel de 90 gourdes pour un dollar américain, sont d’ordre tout aussi bien structurel que conjoncturel. Un effort d’analyse objective s’impose dans ce domaine pour y rejeter toute explication fondée exclusivement sur l’individualisation, la passion et l’indexation politique partisane. Dans cette matière qui me préoccupe, il m’a paru que l’échec est à rechercher non seulement du côté de l’archaïsme des structures économiques longtemps essoufflées, mais aussi dans le désordre institutionnel alimenté invariablement pendant les trente (30) dernières années par l’irresponsabilité, l’imprévoyance et l’absence de vision tant des tenants du pouvoir politique que de ceux qui y aspirent. Qu’on me pardonne d’être une voix discordante dans les sirènes ambiantes : refusant tout simplement, comme en témoignent nos us et coutumes, d’aller chercher les causes des événements là où elles n’existent pas et de proposer des solutions bancales et fausses à des problèmes bien réels, j’essaie d’inventorier les raisons politiques et institutionnelles de la dévaluation de notre monnaie nationale, une des voies idéales pouvant conduire à y remédier.

Une des causes - structurelles - de cette dépréciation est la disparition depuis belle lurette des denrées traditionnelles (café, cacao…) dont la production et l’exportation particulièrement au XIXe siècle généraient des devises tout en équilibrant tant soit peu le change en confortant la gourde face aux monnaies étrangères et surtout au dollar. Aucun gouvernement haïtien, à ma connaissance, en ce XXe siècle passé, n’a envisagé une politique d’encadrement de la paysannerie, pilier de la production nationale traditionnelle et d’incitation au renouvellement et à l’augmentation de celle-ci.

Peu de politiques sociales – sauf par le gouvernement du président Dumarsais Estimé – ont été mises en œuvre sur le plan local, instaurant des écoles, des centres de santé, et de loisirs, fixant durablement la paysannerie à son environnement et l’encourageant à une production plus substantielle dont l’offre et la vente sur le marché international auraient généré de plus importantes accumulations de devises sur le plan interne. Donc, subséquemment, une dévalorisation du dollar dont la quantité, en vertu du principe économique de l’offre et de la demande, auraient diminué le prix de son acquisition par la gourde.

L’Etat haïtien continue, comme il le fut aux siècles derniers pour nos denrées agricoles d’exportation, à être déficient face à notre industrie agricole de transformation encore à ses balbutiements en ce début du 21e siècle. Force est de reconnaître qu’il est toujours, et même beaucoup plus, dans le domaine de l’encadrement et de l’encouragement de la production nationale pourvoyeuse de devises, aux abonnés absents. La relative stabilité d’avant fait place aujourd’hui à un désordre institutionnel généralisé aggravant cette déficience dont est partie prenante toute une nouvelle classe politique, ennemie de la stabilité institutionnelle, ajoutant ainsi aux causes structurelles de la dévaluation de notre monnaie nationale des causes conjoncturelles aux effets tout aussi – sinon beaucoup plus rapidement – dévastateurs.

C’est dans cette instabilité chronique des trente dernières années qu’il faut aller chercher les causes de la décote accélérée de la gourde. C’est de là que résulte la mise en berne d’une production industrielle, soutien logique d’une monnaie nationale forte, suite au découragement de tout investisseur dans ce domaine, face aux périls et aux risques que constituent les grèves à répétition, les pillages, les saccages d’infrastructure, de perdre le capital emprunté à des taux usuraires. Comme cas emblématique : ce petit investisseur et créateur de richesses, à l’esprit inventif, constructeur de ses propres mains, après vingt (20) années de recherches passionnées, d’essais longtemps infructueux mais finalement récompensés (incubation d’œufs dans les boîtes en carton, chauffés au moyen d’une lampe à gaz) d’un incubateur répondant aux normes internationales, qui a vu tous ses efforts emportés en moins d’une semaine de grève et d’obstruction de routes (perte de 30,000 œufs fertiles impossibles, d’être dédouanés, de 15,000 poussins entre autres, au bénéfice de la production avicole dominicaine qui ne se fera pas faute de combler le vide ainsi créé). Aucune des mesures d’accompagnement en faveur de ce petit entrepreneur, prévues en cas de pertes dues aux troubles sociaux, n’a été mise en branle. Au contraire, il a vu augmenter, après ses déboires, la taxe douanière de 50,000 gourdes pour d’éventuelles prochaines importations d’œufs fertiles. Mesure particulièrement dissuasive dans ce secteur dont profitent allègrement, outre la production avicole dominicaine, de petits malins aux longs bras, importateurs de certains produits à écoulement rapide (cargaisons de viandes congelées, parfois avariées) dans le cadre d’une concurrence funeste pour la production nationale et les entrepreneurs haïtiens, pionniers de notre industrie nationale naissante. Autant de conditions négatives rendant impossible une exportation génératrice de rentrée de devises, de balance commerciale favorable et obligatoire l’expatriation du peu de devises disponibles pour l’achat et la consommation de biens étrangers localement productibles.

La crise politique de trente dernières années a accéléré la chute de la gourde. L’instabilité institutionnelle et l’insécurité qui en ont résulté ont découragé pendant toute cette période investissements, apports internationaux en numéraire avec pour conséquences la rareté, le renchérissement du dollar et celui des produits de première nécessité et de consommation courante. Aucune monnaie nationale ne serait sortie indemne de cette crise conjoncturelle entretenue par ces manquements à répétition étalés sur les trois dernières décennies, que sont les échéances électorales non tenues, les manipulations de la loi-mère en fonction de sa chapelle politique, les solutions extra-constitutionnelles intéressées ou en guise de rattrapage des délais électoraux non respectés, la multiplication des partis politiques la plupart du temps à l’intérieur d’une même idéologie, avec pour effets la dispersion du vote populaire et l’avènement au timon de l’état de gens peu préparés à une si lourde tache. A croire qu’il y a un cercle infernal volontairement tracé, un compromis douteux, un chaos machiavéliquement organisé par des individus lambda, des oppositions politiques à courte vue et un pouvoir de même acabit pour créer les conditions pour se relayer au sommet de l’État de manière extra-légale. Créant ainsi le terreau d’une instabilité politique permanente funeste à terme à la gourde nationale.

Et que dire de la confession politique des rôles, de la cacophonie politico-administrative, de la violation des principes démocratique de la gouvernance, de la corruption généralisée comme système de gouvernement alimentant le marasme ambiant affaiblissant l’économie nationale et la gourde subséquemment ? On ne sait plus des différents pouvoirs qui fait quoi et quel rôle spécifique est attribué à chacun d’eux. Ce n’est pas plus l’exécutif au pouvoir qui a un programme à appliquer, c’est chaque élu qui court-circuite les prérogatives administratives en dehors de son champ d’action, qui se fend de son programme politique personnel et qui met le budget de la République à contribution pour sa problématique réalisation. La longue lutte du peuple haïtien ayant abouti le 7 février au vote de la Constitution de 1986, à l’autonomie des partis politiques, à leur équilibre et à leur contrôle, est détourné au profit qu’une complicité entre les différents pouvoirs se partageant les ressources budgétaires et une pratique parlementaire haïtiano-haitienne instituant à but mercantile intéressé un désordre de bazar consistant à traiter de gré à gré avec l’Exécutif pour des postes ministériels et de direction dans le dos des partis qu’on est censé représenter, et dont la seule majorité habilite à proposer les ministres devant former tout futur gouvernement.

La production nationale et l’ordre institutionnel sont deux facteurs déterminants dans la stabilité socio-économique d’une nation et en conséquence dans la force de sa monnaie. Leur mise en veilleuse et leur sabordage se révèlent toujours catastrophiques. Le désordre institutionnel provoquant impérities, insécurité, corruption, affaiblissant de ce fait la production nationale, alimentera le marasme économique, financier et monétaire précipitant la chute de notre monnaie. Des pharisiens veulent prouver du contraire par leurs agissements politiques irresponsables, en indexant d’autres causes imaginaires ou intéressées. Jusqu’à quel bas-fond la gourde devra-t-elle descendre pour qu’ils soient convaincus de leur implication criminelle dans cette dégringolade dont le peuple haïtien n’en finit pas d’endurer les affres ?

Et que dire de la confusion politique des rôles, de la cacophonie politico-administrative, de la violation des principes démocratiques de la gouvernance, de la corruption généralisée comme système de gouvernement alimentant le marasme ambiant affaiblissant l’économie nationale et la gourde subséquemment ? On ne sait plus des différents pouvoirs qui fait quoi et quel rôle spécifique est attribué à chacun d’eux. Ce n’est pas plus l’exécutif au pouvoir qui a un programme à appliquer, c’est chaque élu qui court-circuite les prérogatives administratives en dehors de son champ d’action, qui se fend de son programme politique personnel et qui met le budget de la République à contribution pour sa problématique réalisation. La longue lutte du peuple haïtien ayant abouti le 7 février au vote de la Constitution de 1986, à l’autonomie des partis politiques, à leur équilibre et à leur contrôle, est détourné au profit qu’une complicité entre les différents pouvoirs se partageant les ressources budgétaires et une pratique parlementaire haïtiano-haitienne instituant à but mercantile intéressé un désordre de bazar consistant à traiter de gré à gré avec l’Exécutif pour des postes ministériels et de direction dans le dos des partis qu’on est censé représenter, et dont la seule majorité habilite à proposer les ministres devant former tout futur gouvernement.

La production nationale et l’ordre institutionnel sont deux facteurs déterminants dans la stabilité socio-économique d’une nation et en conséquence dans la force de sa monnaie. Leur mise en veilleuse et leur sabordage se révèlent toujours catastrophiques. Le désordre institutionnel provoquant impérities, insécurité, corruption, affaiblissant de ce fait la production nationale, alimentera le marasme économique, financier et monétaire précipitant la chute de notre monnaie. Des pharisiens veulent prouver du contraire par leurs agissements politiques irresponsables, en indexant d’autres causes imaginaires ou intéressées. Jusqu’à quel bas-fond la gourde devra-t-elle descendre pour qu’ils soient convaincus de leur implication criminelle dans cette dégringolade dont le peuple haïtien n’en finit pas d’endurer les affres ?

Et que dire de la confusion politique des rôles, de la cacophonie politico-administrative, de la violation des principes démocratiques de la gouvernance, de la corruption généralisée comme système de gouvernement alimentant le marasme ambiant affaiblissant l’économie nationale et la gourde subséquemment ? On ne sait plus des différents pouvoirs qui fait quoi et quel rôle spécifique est attribué à chacun d’eux. Ce n’est pas plus l’exécutif au pouvoir qui a un programme à appliquer, c’est chaque élu qui court-circuite les prérogatives administratives en dehors de son champ d’action, qui se fend de son programme politique personnel et qui met le budget de la République à contribution pour sa problématique réalisation. La longue lutte du peuple haïtien ayant abouti le 7 février au vote de la Constitution de 1986, à l’autonomie des partis politiques, à leur équilibre et à leur contrôle, est détourné au profit qu’une complicité entre les différents pouvoirs se partageant les ressources budgétaires et une pratique parlementaire haïtiano-haitienne instituant à but mercantile intéressé un désordre de bazar consistant à traiter de gré à gré avec l’Exécutif pour des postes ministériels et de direction dans le dos des partis qu’on est censé représenter, et dont la seule majorité habilite à proposer les ministres devant former tout futur gouvernement.

La production nationale et l’ordre institutionnel sont deux facteurs déterminants dans la stabilité socio-économique d’une nation et en conséquence dans la force de sa monnaie. Leur mise en veilleuse et leur sabordage se révèlent toujours catastrophiques. Le désordre institutionnel provoquant impérities, insécurité, corruption, affaiblissant de ce fait la production nationale, alimentera le marasme économique, financier et monétaire précipitant la chute de notre monnaie. Des pharisiens veulent prouver du contraire par leurs agissements politiques irresponsables, en indexant d’autres causes imaginaires ou intéressées. Jusqu’à quel bas-fond la gourde devra-t-elle descendre pour qu’ils soient convaincus de leur implication criminelle dans cette dégringolade dont le peuple haïtien n’en finit pas d’endurer les affres ?

Mac-Ferl Morquette Auteur

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