Le point sur les prix amarrés au change

Publié le 2019-05-13 | Le Nouvelliste

Carte blanche à Jean-Claude Boyer

Le marché (des biens de consommations) est profondément perturbé, les prix à la consommation ne sont pas stables. Ils varient du jour au lendemain, et même d’heure en heure sous la poussée du change. Pour les commerçants, le relèvement du prix du bien ou de l’article offert est automatique. L’acheteur n’est  mis au courant du changement (à la hausse) de prix qu’au guichet. Ce qui est dérangeant. L’information commerciale doit être mieux pensée, plus rationnelle. Parce que le consommateur, lui aussi, est gêné aux entournures. Déjà, il ne dispose pas d’un pouvoir d’achat « conséquent », mieux significatif. Alors, dans la spirale des prix, dans leur emballement, sa position n’est guère confortable.

Le vendeur, le commerçant reste aux aguets, il surveille le change comme du lait sur le feu. À la moindre poussée du dollar face à la gourde, il change ses prix de vente. Il se frotte les mains. Pour se justifier, il déclare qu’il n’a pas le choix. D’autant que ses concurrents font de même. Il existait la possibilité de jouer sur la marge bénéficiaire, mais la réduire dans cette conjoncture difficile, c’est comme se faire hara-kiri. Les ventes n’étant pas florissantes, on se demande vraiment s’il se tire d’affaire. Je préfère croire que les uns tiennent la tête hors de l’eau pendant que d’autres sont en sérieuse difficulté.

Autre observation (autre fait observable) : dans le petit commerce communément appelé « petit ‘’degaje’’ pour vivre », le vendeur joue sur la quantité. Une marchande de pop-corn m’explique que la marmite de maïs s’achetant désormais à soixante-dix dollars (haïtiens), soit trois cent cinquante gourdes, par conséquent elle se voit contrainte de réduire sur la quantité. Le sachet de pop-corn se vend à cinq gourdes, compte tenu de la hausse de la marmite de maïs elle aurait dû le faire passer à dix gourdes. Mais voilà, sa clientèle composée en majorité d’écoliers (avec un maigre argent de poche), elle accuserait une mévente en doublant le prix. L’exemple est, en apparence, banal. Détrompez-vous ! Le marchand de fresco [de la glace râpée sur laquelle il verse du sirop (de ‘’flavor’’) différent] a trouvé la parade en offrant ce rafraîchissement dans deux gobelets (en plastic) d’inégale dimension. Le plus petit coûte dix gourdes à l’acheteur et le plus grand quinze gourdes.

Il n’empêche que tous les vendeurs n’ont pas toujours la possibilité de jouer ainsi avec la quantité. Un grand sac de riz importé reste un grand sac de riz, il coûte à l’acheteur trois cent trente dollars haïtiens, en attendant le relèvement quotidien du prix sous la poussée du change. Ce qui crée une tension permanente entre acheteurs et vendeurs. D’où l’urgence de prendre des mesures par les autorités, ne serait-ce que pour calmer le jeu et faire baisser la tension. Les vendeurs sont traités de tous les noms par des acheteurs qui leur imputent la responsabilité de la valse des prix. La méconnaissance de l’implication du change sur le niveau général des prix est à l’origine de ce genre de malentendu. Précisément, pour le dissiper il se trouve que, dans les missions de la Banque de la République d’Haïti (BRH), il y a la stabilité monétaire, condition de la stabilité des prix. Définitivement, les autorités monétaires et financières ont du pain sur la planche. Elles ont tout essayé. Il leur faut essayer encore, pour reprendre l’exhortation du chanteur Bernard Lavilliers dans « La scie rouge ».

  Jean-Claude Boyer

   Jeudi 9 mai 2019

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