76 gangs armés répertoriés en Haïti par la Commission de désarmement

Publié le 2019-05-06 | lenouvelliste.com

La Commission nationale de désarmement de démobilisation et de réinsertion a déjà dénombré l’existence de soixante-seize gangs armés dans le pays. Ce chiffre peut paraître énorme, mais il n’est pourtant pas exhaustif. «  Nous avons répertorié jusqu'à présent soixante-seize gangs à travers  tout le pays. Et nous n’avons pas encore terminé », a  déclaré Jean Rebel Dorcénat, membre de la CNDDR, sur Magik 9 lundi matin.  Le nombre de membres qui font partie de ces groupes armés varie. «  Il y en a qui comptent dix membres, d’autres quinze, d’autres encore soixante ou quatre-vingt », précise le commissaire. Il a aussi souligné le cas de  Lanmò Sanjou qui a 349 hommes dans sa base à Croix-des-Bouquets.  A cette date, la commission s’est déjà entretenue avec plus de soixante-dix pour cent des chefs de gangs armés, a fait savoir Jean Rebel Dorcénat rapportant que la plupart de ces gangs  imposent certaines conditions pour déposer les armes.

«  Ils ont la volonté »,explique Jean Rebel Dorcénat, soulignant que les membres de ces gangs n’ont pas les moyens pour acheter les armes et les munitions qu’ils ont en leur possession.  «  Ils m’ont fait savoir qu’ils ont été armés par des politiciens proches du pouvoir et proches de l’opposition et par des gens du secteur privé », affirme Jean Rebel Dorcénat, qui n’a pas voulu révéler les noms des ces politiciens et de ces hommes d’affaires. «  Nous sommes dans un processus de négociation,  il serait très fragile de dévoiler ces noms », a-t-il précisé.  

L’une des exigences faites par certains de ces groupes de bandits pour déposer les armes, c’est qu’ils ne voudraient être poursuivis par la police ni la justice.  « Nous leur avons clairement fait savoir que nous ne sommes pas là pour remplacer la justice ni pour blanchir quiconque », a indiqué Jean Rebel Dorcénat qui a noté les « bons rapports qui existent entre la commission et la Police nationale d’Haïti ».  

Jean Rebel Dorcénat ne se fait pas d’illusions. Il ne s’attend pas à ce que la Commission nationale de désarmement, de démobilisation et de réinsertion  résolve totalement le problème de la prolifération illégale d’armes à feu dans le pays.  « On va commencer à collecter quelques armes, mais la solution à ce problème n’est pas pour tout de suite », a-t-il déclaré. Il a attiré l’attention sur la situation des frontières qui ne sont pas contrôlées, ce qui facilite les activités de contrebande d’armes et de munitions.



Réagir à cet article