Comment avancer et réussir sans avoir réfléchi sur le chemin ?

Publié le 2019-04-29 | Le Nouvelliste

Trois réunions majeures se sont tenues la semaine écoulée dans la région métropolitaine. La 9e édition du Sommet international de la finance, la 4e édition de la Fintech Haïti et la 3e conférence sur les soins d’urgence en Haïti.

Ces trois rencontres, chacune en ce qui la concerne, ont rassemblé autour de thématiques spécifiques le gratin des branches concernées. L’économie, la finance, les technologies de l’information, la chirurgie et la médecine d’urgence.

Ces initiatives, vrais rendez-vous annuels qui datent de plusieurs années déjà, ne sont pas des cérémonies symboliques, des célébrations creuses de journées mondiales ni des symposiums pour apprendre comment mieux perdre son temps en Haïti, comme c’est souvent le cas ces derniers temps pour certaines invitations. Il y avait des acteurs de l’action dans chaque domaine.

Le Group Croissance, Profin et la Banque de la République d’Haïti, qui font marcher les sommets de la finance et de la technologie et leurs invités arrivent chaque année avec de nouvelles données. Si les autorités, les politiciens en devenir ou la société civile prêtaient une oreille plus attentive à ce qui se dit au Karibe ou à l’Université Quisqueya dans ces assises, bien de déconvenues et de rêves gonflés de plus de vent que la grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bœuf seraient épargnés au pays.

Les statistiques ne mentent pas. Même si on essaie souvent de s’en servir pour nous étourdir. L’année d’après, la réalité revient, avec la force d’un boomerang, exploser à la face du mystificateur.  

La 3e conférence sur les soins aigus et d’urgence en Haïti a permis cette année à des professionnels de la santé de mettre l'accent sur les soins traumatiques, quelques mois après la fermeture du Centre de traumatologie de Médecins sans frontières (MSF) qui absorbait près de 80% des cas de trauma de la grande région métropolitaine et de plus loin depuis 2012. Cette conférence tombe à pic alors que le pays connaît une recrudescence des plaies par balle.

La fermeture du plus grand centre de traumatologie de la République oblige les hôpitaux en service à renforcer ou à créer leur propre service des urgences et de traumatologie, capable de prendre en charge les cas provenant en grande partie des accidents de la voie publique, particulièrement ceux causés par les motocyclettes.

Ces deux fléaux, accidents de la route de tout genre et les plaies par balle, demandent une vraie réflexion, pas seulement en ce qui concerne leur prise en charge mais aussi des réflexions sur le devenir même de la société haïtienne qui ne fait rien pour stopper ni même réduire les incidences de ces deux calamités. Cela doit aller au-delà de ce que peut la médecine pour réparer. Il faut chercher comment prévenir, mieux sécuriser, mieux transporter dans un pays de plus en plus peuplé et pauvre.

L’hôpital Saint-Luc de Tabarre, dont une partie de l’action est dédiée au renforcement des capacités du personnel de santé à travers son centre de formation continue et d’éducation médicale, fait son travail ; il revient à d’autres acteurs du monde médical de continuer ou d’initier des initiatives du genre pour renforcer à la fois l’offre et multiplier les synergies.

La 3e conférence sur les soins aigus et d’urgence en Haïti, tenue samedi, a réuni médecins et infirmières des principaux hôpitaux de la place qui sont en contact constant avec les cas d’urgence. L’Hôpital universitaire de Mirebalais, l’hôpital Saint-Nicolas de St-Marc, l’Hôpital universitaire La Paix, l’Association haïtienne de chirurgie (ASHAC) et d’autres ont pu présenter des sujets et discuter des cas auxquels ils sont confrontés, le tout sous les yeux de médecins venus du Mayo Clinic de l’Arizona, de l’Université de Maryland et du Memorial Hospital of South Bend de l’Indiana. Comme une cerise sur le gâteau, la formation dispensée pendant la journée par les vingt-cinq conférenciers, dont neuf médecins étrangers, a été certifiée et représente des crédits de formation.

Le pays a besoin de plus d’initiatives comme le Sommet international de la finance, la Fintech Haïti ou des conférences sur les soins d’urgence en Haïti. Chaque secteur devrait avoir sa journée scientifique, son week-end de réflexion, son sommet où il serait possible de revoir le chemin parcouru, d’identifier les failles et de récompenser les plus méritants. La société haïtienne ne pourra pas avancer sans réfléchir sur son sort et sans prendre le temps de penser son avenir.

Frantz Duval

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