Des finalités de la démocratie à ses impostures politiques en Haïti et pays congénères

Publié le 2019-04-12 | Le Nouvelliste

Par Jean Laforest Visene de Lyvia Tulce

« Des finalités de la démocratie à ses impostures politiques en Haïti et pays congénères »  est un texte critique définissant le concept de démocratie en se focalisant sur l’absolue finalité d’un régime politique dit démocratique : La recherche du bien-être des sujets.  Ici il est projeté un regard critique sur la demos-cratos comme mode de gouvernance politique. Le texte analyse les en-dehors-internes de ce mode opératoire de gouvernance politique, afin de dégager les vice-formes de la démocratie en le situant dans un contexte de partage du monde par les puissants et animé par l’individualisme sous-jacent à la perspective capitaliste. Il est mis en évidence que la démocratie a ses propres vertus qui font d’elle une pédagogie intéressante, mais, elle peut rester qu’une utopie pour des pays à besoins spéciaux en raisons des possibilités de son instrumentalisation à des fins dépourvues de tout sens pour lequel elle devra être mise en place dans une unité géographique donnée.

Le concept central du texte est celui de l’imposture politique, illustré par un cas singulier d’imposture mais, très riche en éléments de compréhension de ce que peut être l’imposture en politique. Deux concepts à savoir « peurocratie » et « Puissant » sont mis en relief comme les  deux variables instrumentaux inscrites dans une dynamique de jeu d’acteurs dans les pays comme Haïti et ses congénères. En effet, ces concepts sont utilisés pour cadrer et qualifier l’agir des uns et des autres dans le processus d’implémentation de la démocratie » dans ces unités géographiques qui sont considérés comme des « pays à besoins spéciaux ». Notons que le terme « pays à besoins spéciaux » est caractérisé par des conditions exécrables d’existence des populations, c’est-à-dire, pauvreté extrême, haut niveau d’analphabétisme / faible niveau d’éducation de la population, effritement des valeurs et impuissance des cathédrales de la foi,  tissu social émietté, etc,  qui constituent des maillons faibles de l’exercice des droits et des devoirs démocratiques du citoyen dans ces pays.

Le texte montre que la position des deux principaux roi du monde, indiqués sous, l’appellation « roi du Nord » et « roi du sud », n’est que de l’ « intérêt-cratie » en manœuvrant deux variables : la puissance et la peur. Car, ces rois ne font qu’abuser du concept de démocratie pour défendre leur intérêt géostratégique, dans le sens large du terme, ou économique, dans le sens précis. Ne considérant pas comme négatif le dicton : « Les États pas n’ont pas d’amis, ils n’ont que des intérêts » le texte montre, toutefois, que la manifestation d’altruiste de la part d’un pays qualifié de « Pays ami » n’est pas forcément intentionnellement bon ou mauvais. Voilà pourquoi, les gouvernants de chaque pays devront analyser et comprendre les enjeux, définir le possible, situer et poursuivre raisonnablement leur intérêt pour le bien-être de leurs gouvernés. D’où, l’idée de l’auteur d’une démocratie méthodologique dans le processus d’instauration de ce mode opératoire de gouvernance politique dans les pays à besoins spéciaux. Selon le texte, il faudra que les entités internes, incluant, les partis politiques, les syndicats, les corps constitués et les enseignants, jouent un rôle prépondérant et déterminant à l’éducation démocratique massive au niveau local. Sinon, les pays à besoins spéciaux ne pourront pas  réellement bénéficier de la démocratie. L’analyse abouti à trois postulats du « demos-cratos » :

Les doctrines politiques : Capitalisme, Socialisme, Anarchisme ou Communisme, ne sont que des idéaux différents d’opérationnalisation de la chose publique à motivation de garantir l’équité, l’égalité et la justice sociale, bref le bien-être collectif. Elles sont toutes des formules politiques d’expression d’un genre de « démos-cratos » en finalité ;

 La démos-cratos peut être une expression intégriste, dictatoriale ou même totalitaire quand elle n’est pas fondée sur la raison, le droit et régulée par des institutions ayant une réelle capacité et motivation de contrôle ;

Dans son idéale opératoire, la démos-cratos en universalité et uniformité est inaccessible, mais elle est réalisable dans ses finalités spécifiques.

En conclusion, l’imposture est devenue le reflexe du politique en générale et une pratique récurrence dans les démocraties des pays comme Haïti et ses congénère. En plus dans ces pays leurs démos-cratos sont truffées d’imposture politique d’acteurs externes. Se référant à l’œuvre de Molière « Le Bourgeois gentilhomme » il est indiqué le problème majeur du déficit de la morale en politique. Il est rapporté le cas de Cleonte qui, malgré son intéressement à obtenir la main de la fille de Monsieur Le Jourdain, à la question du père : « Êtes-vous Gentilhomme » eut à répondre avec conviction :  «  … je trouve que toute imposture est indigne d'un honnête homme, et qu'il y a de la lâcheté à déguiser ce que le ciel nous a fait naître. …., je vous dirai franchement que je ne suis point gentilhomme ». A part la nécessité de la morale dans les modes de gouvernances politiques dites démocratiques dans les pays comme Haïti et ses congénères, il faudra que la demos-cratos soit apprivoisée à l’interne et que les acteurs clés assument des rôles prépondérants à l’instauration et l’institutionnalisation de la démocratie.

Aux pseudo-étiquetages démocratiques

A tort ou à raison, des régimes politiques sont qualifiés de régimes démocratiques, tandis que d’autres sont étiquetés de qualificatifs, revers du paradigme politique, dit, démocratique.  En fait, la démocratie est le régime politique qu’on croit en scène dans les temps modernes et contemporains. Quand un régime politique ou son leadership n’est pas aligné ou soumis, la stratégie de ses opposants, et souvent ennemis, est de faire la propagande qu’il est un tyrannique, dictatorial ou anarchique, ou populiste, intolérant, viole les droits humains, même les plus fondamentaux. Une fois que cette étiquette lui est collée, il devient vulnérable politiquement tant au niveau interne qu’au niveau externe. En tant que pathologie pour la démocratie, vrai ou fausse, au nom de nombre de droits inventés, on peut s’en débarrasser. Pour reprendre Molière (Tartuffe, Placets au roi) : « Ils ont l'art de donner de belles couleurs à toutes leurs intentions », bref leurs impostures.

 Quel est le sens réel du concept de démocratie et l’utilité de l’établissement d’un système démocratique dans un environnement social ? Bref, à quoi ça sert la démocratie ? Comment reconnait-on un vrai régime démocratique des autres formes de gouvernance de la vie publique ? A priori, c‘est quoi une transition démocratique ? Quand on considère des pays à situation spécial, ne devrait-on pas s'attendre à ce qu'elle soit chopée par des obstacles inhérents à l'environnement social ? Ce sont ces questions que nous essayons de clarifier dans ce texte en essayant, ici, de cadrer le motif essentiel des actions humaines pour l’instauration de la démocratie. Au regard de la perspective de la philosophie sociale qui est sous-jacent à la démocratie, à savoir l’individualisme nous nous permettons de douter de la possibilité du bon accomplissement et de l’intérêts des faits gestes posés, dits en support à l’instauration de dans la démocratie dans des pays à besoins spéciaux, c’est-à-dire où toute forme de manipulation et/ou instrumentalisation autant interne reste des outils efficaces pour atteindre des buts d’acteurs puissants. Par ailleurs, nous essayons aussi de mettre en relief les problèmes que l’instauration de la démocratie, comme tout autre régime de gouvernance politique, est censée résoudre en finalité.

De la définition du concept d’imposture politique

Cas Jean-Claude Romand : énorme supercherie au rang d’imposture

Le cas Jean-Claude Romand est utile pour illustrer notre concept d’imposture politique, même si son cas est singulier et se renvoie à la vie courante. Nous ne voudrions pas être très long dans cette mise en scène voilà pourquoi, il est intéressant de lire l’article de  Lyasmine Kessaci , intitulé : “Le « Romand » de l’imposture” (ERES | « Cliniques méditerranéennes » 2010/1 n° 81 | pages 33 à 46). En quoi cette affaire nous intéresse ? Venons aux faits !

Le cas de Jean-Claude Romand s’est révélé en 1993 quand, comme l’indique Lyasmine Kessaci : « On découvre à Prevessin, petit village de l’Ain, les cadavres d’une femme et de ses deux enfants, âgés de 7 et 5 ans. La première a été́ tuée à coups de rouleau à pâtisserie, les seconds par des balles de carabine tirées à l’arrière du crâne. Le mari, père des enfants, est trouvé́ inconscient à l’étage de la maison, alors même qu’un incendie s’y déclare. Lorsqu’il reprend conscience, quelques jours plus tard, il est d’abord confus, dit ne se souvenir de rien, puis évoque assez vague- ment un mystérieux agresseur comme étant responsable du drame”.  Dans l’intervalle, rapporte l’auteur, on a découvert, à Clairvaux-les-Lacs, à 85 kilomètres de là, les corps de ses deux parents et de leur chien, également exécutés, de dos, par des tirs de carabine de même calibre. En quoi ce cas se révèle-t ‘il d’une imposture ? Pour y parvenir, déclinons maintenant la personnalité sociale de Jean-Claude Romand et le fond de l’affaire.  

Jean-Claude Romand est le mari et père mentionné plus haut et fils unique des deux parents exécutés indiqués aussi ci-dessus. Ce monsieur, un notable bien connu de la région, est censé médecin et brillant chercheur en poste à l’OMS, à Genève. La perplexité de l’affaire va conduire à des enquêtes minutieuses qui vont révéler que Monsieur Romand n’a jamais été ni médecin et ni chercheur en poste à l’OMS. En effet, après l’abandon de ses études supérieures en Eaux et forêts, à la Lyon en année préparatoire il reprend l’année suivante des études de médecine. Il est rapporté qu’il a réussi assez brillamment les concours de Premier Cycle d’Études Médicales (PCEM) et s’est inscrit en deuxième année. Son choix d’études en médecine, contraire à sa tradition familiale qui est Eaux et forêts, dit-on, s’explique en bonne partie, par son désir de se rapprocher de sa cousine Florence, son amour d’enfance, qui elle aussi a fait le même choix.

En deuxième année se réveillant trop tard pour passer l’une des épreuves, Jean-Claude Romand est ajourné. Mais, il ne se présentera pas au rattrapage de septembre. Par contre, il annonce à tous qu’il est admis, et vu ses capacités et ses résultats antérieurs personne ne doutait de sa réussite. Lyasmine Kessaci indique la suite de cette supercherie, comme suite :

« Il reste alors prostré chez lui pendant quelques mois, et fait savoir à ses amis qu’il est atteint d’un lymphome, en s’arrangeant pour que Florence l’apprenne indirectement. Sa manœuvre réussit ; ils renouent, il recommence à suivre les enseignements, il est considèré par ses pairs comme l’un des meilleurs étudiants de la promotion, et la vie reprend son cours ordinaire. Personne ne remarque qu’il s’éclipse de certains TD et qu’il ne se présente pas aux examens terminaux. Au bout de deux ans, Florence et lui se fiancent. Puis se marient en 1980. Florence devient pharmacienne. Lui est censé́ avoir réussi l’internat et entre détaché à l’INSERM de Lyon. Trois ans après, ils s’installent en pays de Gex, ce qui est bien pratique car il est maintenant censé́ avoir été́ nommé à l’OMS, à Genève, et peut ainsi couvrir le trajet aisément. En fait, il part bien travailler tous les matins, mais passe ensuite son temps soit à la bibliothèque de l’OMS, ouverte au public, soit sur des parkings d’autoroute ou à̀ faire de grandes promenades en forêt. Parfois, il est également réputé partir en colloque à l’étranger et reste les quelques jours de son absence dans des chambres d’hôtels d’aéroport ».

Au début, indique Lyasmine Kessaci, pour entretenir le train de vie conforme à son soi-disant rang social, et prendre soin de sa famille, il se sert de l’argent de ses parents, puit en détournant celui que des proches lui confient pour qu’il le place en Suisse. Rappelons qu’il travaille à Genève. Son beau-père lui laisse en dépôt sa prime de mise à la retraite ; sa belle-mère, devenue veuve, lui confie, juste après, l’argent de la vente de sa maison ; sa maitresse lui demande à son tour de placer les fonds résultant de la vente de son cabinet dentaire ; une tante lui verse de très fortes sommes pour acheter des médicaments non commercialisés en France et réputés pouvoir traiter le cancer de son mari, etc. et c’est ici le centre du problème.

Après dix-sept ans de son imposture, Jean-Claude Romand est à bout de ressources et est talonné par le compte qu’il va devoir rendre. Quelque chose doit passer pour conserver son masque et qu’il ne vive le regard dessalé de ses proches en découvrant sont imposture. Il choisit pourtant de tué sa femme et ses enfants, puis ses parents et leur chienne.  Quand la vérité devient évidente, c’est-à-dire, père et mari respectable et honorable, médecin et brillant chercheur en poste à l’OMS, à Genève à un imposteur, Jean-Claude Normand change son personnage contre un autre, celui d’un homme repenti, délivré de ses mensonges, prisonnier exemplaire priant et prêtant concours à toutes les actions humanitaires possibles.

Le sens du concept d’imposture politique

Dans la présentation de son ouvrage « Jean-Jacques Rousseau : Mensonge littéraire et fiction politique » (Gallilé, 2007), Serge Margel dit que : « l’imposture est un abus de pouvoir. C’est mentir pour son propre avantage, dissimuler la vérité dans le but de tromper”.  Il poursuit pour dire que : « Dès lors qu’il y a du pouvoir, dès lors donc que quelqu’un se donne les moyens, le droit et l’autorité, de forcer un autre, de l’obliger, de le contraindre, ou simplement de lui faire croire quelque chose, il y a de l’imposture ». Appuyant sur Rousseau, traitant du passage de l’État de nature à l’État de culture, et de l’imposture idée de nécessité de fonder la société civile sur un droit légitime de propriété, il indique comment le double champ du politique et du littéraire a permis le maintien frauduleux du pouvoir, d’imposteurs, de menteurs et de voleurs. Selon lui, : « le politique agit au travers du législateur, qui justifie l’autorité et rend légitime un droit de l’inégalité parmi les hommes, tandis que le littéraire opère par le lecteur, qui impose les normes du sens, les critères d’interprétation et les conditions générales de lisibilité, pour la compréhension du texte, des lois et des devoirs, dans la Cité ».

L’imposture est donc synonyme de duplicité, fausseté, tromperie, trompe-l'œil, supercherie ou mensonge. C’est une manière de se projeter dans le décor le faux comme vrai, par des actes qui ne reflètent pas le vrai, qui visent à créer un mirage ou une illusion du vrai. Son but est carrément de tromper impression de complète normalité́ des choses. Il peut être (i) des paroles qui tendent à duper autrui dans le but d'en tirer profit ; (ii) des attitudes de l’imposteur lui-même qui cherche à tromper autrui sur sa propre personne, sur ses attributs. Autant que l’imposture est applicable dans le commerce, l’art, la science, elle l’est aussi dans la politique. Si l’imposture est souvent blâmée, démasquée et punit dans les autres secteurs mentionnés, elle ne l’est presque pas dans la politique. Au contraire, certains tendent à considérer comme signe d’intelligence, de maitrise de l’art de la politique. Voilà pourquoi dans certains pays comme Haïti dès qu’on choisit de faire de la politique on te qualifie de quelqu’un d’« intelligennnnnnnnnt », qui s’assimile à un imposteur, un voleur et tous les autres.

L’une des stratégies les plus répandues de l’imposture politique est la calomnie, en d’autres termes des accusations mensongères. Puis, vient l’art de la trahison, l’hypocrisie de l’amitié qui conduira à la formulation publique de la traitrise politique. D’ailleurs, ce sont ces formules stratégiques qui ont portées leur fruit dans l’histoire politique à travers les pays à situation spéciale. Notons que l’imposture fonctionne suivant des mécanismes psychiques adaptés au contexte de son exécution. Bref, l’imposture politique est tous les semblants qui illusionnent le real politique, tant d’un point de vue interne qu’externe. Nous pourrions le nommer comme l’optique de la politique. De ce fait, tout ce que l’on voit en politique interne ou externe doit être, à priori, considéré comme virtuel. L’image virtuelle doit être prise pour ce qu’elle est par rapport à l’image réelle.

De la transition démocratique à la fondation de la démocratie

Généralement, on qualifie de transition démocratique tout processus politique caractérisé par passage progressif d'un régime qualifié de non-démocratique à un régime à visée démocratique. Nous retenons ici le terme « processus politique », ce qui sous-entend des savoirs, des étapes c’est-à-dire l’utilisation rationnelle des savoirs, ci-avant mentionnés, et des conditions d'agir, c’est-à-dire des modes d’appréhension des choses par l’ensemble des acteurs des politiques publiques, incluant les partis politiques, le corps de l’État, la société civile et l’ensemble social.  Sur ce schéma se produit le « jugement politique » pour reprendre le terme d’Alexis de Tocqueville (De la démocratie en Amérique I, première partie, 1835). En effet, Alexis de Tocqueville définit le jugement politique comme : « l'arrêt que prononce un corps politique momentanément revêtu du droit de juger ». Qu’elle soit une démocratie directe, une démocratie représentative ou une démocratie participative. Précisons que la démocratie directe est celle où le peuple lui-même s’érige en assemblée souveraine de manière direct, sans passer par de tiers représentants ; tandis que la démocratie représentative est celle d’une oligarchie élue qui détient le pouvoir et ; enfin la démocratie participative qui est un système mixte.

Mais, qu’est-ce que la démocratie et qu’est-ce qu’un régime démocratique ? Suffit-il de se référer au sens du concept de « démocratie » pour qu’on puisse qualifier la chose ? Certainement pas ! Par contre, nous sommes d’accord qu’en finalité la démocratie vise fondamentalement deux choses : La liberté et l’égalité. Nous ajoutons un autre qui est celui de la participation. Mais on se demande si, effectivement, il la liberté et l'égalité́ existent dans les sociétés qui claironnent haut et fort qu’elles sont des démocraties ? Comme nous ne sommes pas en train de faire le procès de la démocratie en tant que paradigme politique nous ne ferons qu’effleurer la réponse à cette question.

La démocratie est, à notre sens, un mode d’organisation politique d’une entité géographique et/ou d’un ensemble social, qui garantit la participation effective des sujets du régime, c’est-à-dire les gouvernés, dans la prise de décision politique, du mode d’organisation administratives, socio-politique et économique, bref du vivre-ensemble. De ce fait, pour nous la démocratie est une démarche de responsabilisation du citoyen à décider de manière égalitaire et équitable à travers un processus uniforme de décision sur son présent et son avenir. Cependant, dans cette entreprise, chaque individu est assujetti à « l’effet de halo » ou « effet de composition », parce qu’il n’est pas, lui seul, la voix, donc ne peut faire partie que de l’absolu.  Le citoyen, singulier ou pluriel, n’est pas, pourtant, considéré comme mineur par rapport à un système politique qui le voit comme incapable de décider lui-même rationnellement. En fait, il l’est par rapport l’ensemble social, qu’il en fait partie et qui construit la décision en tenant compte de sa voix.

Certes, ici nous parlons d’une rationalité subjective qui certainement, devra être raffinée à travers la forme institutionnelle d’implémentation de la démocratie participative et/ou représentative. Quelle que soit sa forme, l’exercice démocratique ne confère pas la légitimité mais, la légalité. Car, la première confère le droit d’implémentation des aspirations et sous-entend l’existence des qualités de l’établissement d’un régime démocratique en terme de conformabilité d’un point de vue d’acceptation par l’ensemble sociale tandis que, la deuxième implique le fonctionnement et l’opérationnalisation du pouvoir dans le strict respect des normes établies.

Sur la base de notre définition de la démocratie, qu’est-ce qu’on entend par transition démocratique ? Nathalie Cooren (2005, Transition démocratique d’un pays : quelques précisions démocratiques) traitant de ce concept a écrit ce qui suit :

 « La transition démocratique se rapporte à un processus politique du mouvement visé á établir un système politique démocratique. Lancé ou de ci-dessus ou ci-dessous ou d'une combinaison de tous les deux, elle permet la négociation et le compromis parmi différentes forces politiques pour la résolution des conflits sociaux. Institutionnalisant les structures et les procédures pluralistes, elle permet à différentes forces politiques de concurrencer pour le pouvoir, régularisant son transfert, et s'engageant dans la transformation fondamentale de la structure politique. Elle s'étale en général sur plusieurs années et des contextes très différents ». 

L’auteur estime que la transition démocratique comprend deux phases :

La transition politique, qui désigne le « passage d’un régime à un autre » ;

La consolidation de la démocratie durant laquelle le défi majeur consiste à assurer une évolution relativement stable du processus démocratique engagé dans la transition.

Nous retenons que la transition démocratique est le processus politique qui permet un passage progressif d'un régime de nature des autres régimes politiques, comme régime dictatorial ou régime autocratique, à un régime démocratique répondant aux critères de définition du concept de démocratie que nous avons défini plus haut. Nous voulons souligner aussi que la transition politique est un élément déterminant de l’existence d’une démocratie, mais elle correspond pas à un état typique de manifestation de la démocratie en soi.

 Sur cette compréhension, nous déduisons que les pays en transition démocratique ne sont pas encore des pays démocratiques. Ils restent des entités à visée démocratique. Leur gouvernance sont jonchées de modes opératoires qui obscurcissent les velléités démocratiques. 

Utilité d’un système démocratique

L’utilité d’un système démocratique est fonction des aspirations à l’établissement du système lui-même et de ses qualités pour organiser politiquement, socialement et économiquement l’ensemble social et/ou l’unité géographique. Cette question nous amène à se demander pourquoi un ensemble social doit se laisser diriger, si les gouvernants ne peuvent pas œuvrer au bien-être collectif ? Il est bien de faire constater la pyramide des besoins d’Abraham Maslow (Les Besoins de l'Homme », 1970), à la satisfaction de ses besoins fondamentaux c’est-à-dire, les besoins physiologiques, les besoins de sécurité, les besoins d'appartenance et d'amour, les besoins d'estime et le besoin d'accomplissement de soi a servi de soubassement pour juger le degré de capacité d’un régime politique et aussi au fondement des droits constitutionnels les plus fondamentaux. 

Donc, l’utilité d’une démocratie est de garantir un mode d’organisation politique qui permet un bon fonctionnement de la gouvernance politique, de la structure sociale facilitant la coopération entre les membres d’un ensemble social et/ou d’une unité géographique et leur permettant, sur la base des ingrédients de leur interaction sociale, individuels ou collectifs, de poursuivre leur idéal. En effet, l’esprit ou l’ambiance démocratique incite à l’engagement responsable dans la chose collective, même si c’est dans la poursuite de l’intérêt individuel. La démocratie devrait fournir au citoyen certaines garanties de son implication réelle dans la chose politique et dans les activités structurantes et re-structurantes de son ensemble social.

L’instauration d’un système démocratique implique   la transparence des dirigeants dans la gestion de la chose publique ; le pouvoir de contrôle de ses dirigeants, directement ou indirectement, c’est-à-dire de leur demander des comptes ; la mise en place et l’administration de règlementation juste, équitable protégeant les membres de l’ensemble sociale contre les possibles tars des libertés que confèrent la démocratie elle-même ; la confiance la sincérité, la loyauté, la discipline de l’acteur social ; la garantie de l’état de droit ; l’acceptation des différence, le respect mutuel et l’acceptation de la confrontation ; l’exercice de la liberté et des droits du citoyen.

L’instauration d’un régime démocratiques devrait permettre au peuple, plus exactement à sa majorité de contrôler la gouvernance politique et de formuler le jugement politique. Car, dans un tel régime politique c’est le peuple qui nomme celui qui fait la loi et celui qui l'exécute. Alexis de Tocqueville (OP. Cit.) parlant de la démocratie américaine, le modèle considérée comme démocratie par excellence illustre ce fait en disant que  : « les institutions sont démocratiques dans leur principe, mais encore dans tous leurs développements ; ainsi le peuple nomme directement ses représentants et les choisit … afin de les tenir plus complètement dans sa dépendance ». Dans cette ambiance s’entremêle les opinions, préjugés, intérêts et même les passions du peule, goût, désir sincèrement le bien du pays. Dans ce système d’animation de la vie démocratique que nous, nous appelons « heu démocratique », dit-il, : « s'agitent sans cesse les partis, qui cherchent à̀ les attirer dans leur sein et à s'en faire un appui ». Ainsi se s’énonce l’utilité de la démocratie qui vise à garantir la participation active du citoyen dans la cristallisation de la vie publique et entretenir à son contrôle.

Influence incontestable du puissant sur la mode démocratique dans des pays à besoins spéciaux

Le puissant peut compliquer volontairement les choses. Le puissant est celui qui détient un moyen d’abuser des faiblesses de la démocratie au niveau interne pour la manipuler à dessin. Il peut être celui qui détient les moyens comme l’économique, l’infrastructurelle et des appareils de modélisation de l’idéologique et de l’opinion publique, un aura ou un système de réseautage.

En raison des conditions exécrables d’existence des populations, c’est-à-dire, pauvreté extrême, haut niveau d’analphabétisme / faible niveau d’éducation de la population, effritement des valeurs et impuissance des cathédrales de la foi,  tissu social émietté, le puissant peut nuire aux vertus de l’exercice des droits et des devoirs démocratiques du citoyen. Bien que nous n’en décousions pas qu’il persiste en raison des intérêts particuliers, ici nous ne parlons pas d’acteurs externes dans une dynamique restrictive de complot international. Cette complication de l’exercice des droits et des devoirs démocratiques c’est ce que nous appelons la toxicité de l’ambiance démocratique. Malheureusement, cette toxicité de l’opératoire dite de la démocratie, qui existe depuis, devient de plus en plus présent et futée, risque de pervertir les velléités vantées comme vertus de la démocratie et de la qualité des régimes qui en sont issus.

Un autre élément extrêmement inquiétant est l’extrême clivage de la pensée politique dans beaucoup de sociétés à visée démocratique. Il est vrai qu’Alexis Clerel de Tocqueville (1835, OP. Cit) a claironné la multiplicité des formes de pensée aux États-Unis comme expression de la bonne santé de la démocratie aux USA, mais le émiettement de la structuration politique pose problème dans les pays à situation spéciale. Sans vouloir réduire à une agrégation servile de la pensée politique, qui serait une contre-production de la liberté d’opinion et d’être différent, nous estimons que l’extrémisme dans de la pensée politique peut être un cercle vicieux au détriment de l’instauration de la démocratie. Dans beaucoup de pays cela conduit à ce que nous appelons l’infamie démocratique, travestie de stéréotypes et d’agroupement « irationalisant » en politique, de clivage religieux, ethnique, régionalisme réfractaire, de la « militialisation » des coins et recoins, de la débauche au prétexte de santé démocratique, de la permissivité du vol, gaspillage et l’allégeance économique destructrice, du vol massif, crimes organisés, expansion du marché des armes illégales et du narcotrafic, etc. Nous sommes témoins de toutes les errances, de la banalisation des droits humains les plus fondamentaux, de la barbarie et sauvagerie qu’engendre, malheureusement, les supercheries pseudo-démocratiques d’acteurs dans le monde. Voilà pourquoi nous prospectons qu’à l’intérieur des partis, partout dans le monde, que de vraies des critiques s’érigent pour dénoncer ces impostures et provoquer les changements nécessaires.

Une autre considération, en termes de manifestation non-productive de la puissance au détriment de la démocratie, c’est quand la recherche de l’instauration de la démocratie accouche des régimes populistes où la majorité impose sa dictature et le harcèlement de la minorité. Il est vrai que le « demos cratos » signifie servilement : « le pouvoir au plus grand nombre » mais, le principe fondamental de liberté et d’égalité que sous-entend un régime démocratique est valable pour tous. De plus, l’intelligence démocratique n’est pas que le plus grand nombre écrase les minorités. Ce comportement politique devait être motivé par deux raisons principales :

L’application des fondements éthiques même de la doctrine de la démocratie, c’est-à-dire, respect des diversités, liberté d’opinion contraire, inclusion et participation, justice, équité, état de droit etc ;

la recherche de la santé de la démocratie et la garantie des meilleures dividendes de la démocratie. En effet, ce n’est pas en acceptant toutes les bévues, sous prétexte que c’est la volonté populaire, ce n’est  service qu’on rend à la démocratie. La majorité est autant synonyme de puissant que les autres ;

la création d’un environnement à l’investissement de tous dans les affaires publiques, en particulier dans l’économique. Car, le plus souvent, comme c’est le cas pour Haïti, une minorité possède le capital d’investissement. L’exclure, dans les affaires publics est un signe d’absence de protection des droits et même d’insécurité des investissements . De ce fait, les membres de cette minorité possédante seront moins enclin à investir dans le pays.

Quand cette puissance populaire ne suit pas la logique de l’accomplissement des vertus de la démocratie, elle devient autant dangereuse pour les autres que pour elle-même. En depuis de cette assertion nous ne voudrions pas donner d’alibi à des zélés imposteurs pour justifier leur forfait politique, comme des coups de force, arguant qu’il s’agisse de correction démocratique.

A ce problème de rationalité, il a lieu d’associer le problème fondamental de besoin d’éducation démocratique massive du citoyen pour un exercice réel des droits et des devoirs démocratiques. Nous ne parlons pas seulement de niveau d’éducation du citoyen en dépit du fait que ce dernier doit être un atout pour la bonne formation de l’opinion démocratique. La responsabilisation manqués de l’individu social de son acte citoyen face au système de  monnayage des devoirs démocratique est liée à un non seulement une problème d’extrême pauvreté mais aussi manque d’éducation à la citoyenneté. Comment peut-on prétendre que des postulants aux postes électives établissent un système de rente du vote et que des votants accepteraient de monnayer leur vote contre un montant, souvent équivalent à 10 $ US ?  Il est vrai qu’on ne peut pas délié cet acte de toute rationalité. Mais, entre l’immédiate nécessité et le sens d’un devoir rationnalisé le choix devrait être cohérent aux motifs même de l’établissement d’un régime politique dit démocratique. Par ailleurs, il est en quelque sorte, une violation des droits électoraux en exploitant la misère des gens à des fins politiciennes. 

Il faut éviter que cette nécessité d’opinion rationnelle dans l’expression démocratique ne donne pas de prétexte à des formes d’extrémisme, des avis unicolores, intolérants à l’opinion contraire. Si non ce serait, un retour au premier état d’évolution d’une société comme décrit par Auguste Comte à savoir le stade théologique, une autre forme de négation du puissant sur la marche de la démocratie. Toute la vitrine de la démocratie, même si dans certains endroits c’est en apparence se croulerait : Sécularisation, séparation de l’état des cathédrales de la foi, laïcité, libre expression deviendraient de vains mots.

Des pratiques politiques entre démocratie et la « peurocratie »

Rhétorique de la démocratie

La démocratie est l’une des modes de gouvernance politique d’un environnement social mais avec ses propres vertus. Un vrai régime démocratique se distingue des autres formes de gouvernance politique par :

 la recherche de la participation objective, rationnelles et le consensus politique. Notons que ce consensus  nous nous considérons dans le texte comme compromis politique, en symétrie avec le cadre légal défini ;

La transparence dans la prise de décision, où. Les gouverné ont la possibilité d’exercer le contrôle, de les sanctionner et d’influencer les correctifs nécessaires ;

 La garantie des libertés, de l’égalité des conditions des citoyens devant la loi et de l’équité de la décision de la politique publique. Suivant cette perspective, on peut dire que la transition démocratique est le processus politique qui permet d’aboutir à un niveau de démocratie. L’intensité de l’instauration de la démocratie dans un environnement social dépend de la stature de de la structure sociale et des situations particulières dans un pays. C’est le cas des pays exposés longtemps à des formes de gouvernance politique dictatoriale, autocratique ou totalitaire.

Démocratie de la peurocratie

Le motif essentiel des actions humaines pour l’instauration de la démocratie est la poursuite du bonheur collectif. Cependant, la philosophie sociale qui est sous-jacent la démocratie, à savoir l’individualisme, constitue un problème majeur pour l’instauration de la vraie démocratie que nous nommons résistance à l’instauration de la démocratie. Cette résistance expriment certaines peurs des effet de l’instauration de la de démocratie qui s’expliquent par :

Anxiété des oligarchies possible effet de brassage du système politique qui permet une reconfiguration des acteurs que ce soit au niveau politique, économique social, culturel ;

 crainte au niveau local des oligarchies politiques des changements au niveau des privilèges et des excessifs fanfaronnades dans la gestion du pouvoir ;

 dans des pays à besoins spéciaux, le risque de manipulation et/ou instrumentalisation, tant au niveau interne qu’au niveau externe, motivée par  l’avarice économique et la conservation et/ou la recherche de prestige ;

l’absence la culture de composition, ou si elle existe ce n‘est que conjoncturellement, et perspective stratégique à long-terme, doublée de partis politique non ou peu structurés et sans programme politique qui facilitent à l’émergence et à la dominance de la scène politique par des individu, de fait incontrôlable et sans expérience dans la gouvernance politique ;

Dans un tel contexte, la pratique démocratique peut-elle être  congrue avec la définition du concept et de ses garanties induites ? Les régimes qui sont issus de ces exercices, dites démocratiques, sont-ils capables d’adopter des maximes nouvelles de gouvernance politique, et d’injecter des habitudes particulières aux gouvernés ? La fracture sociale peut-elle effectivement être rétrécie ou devrait-elle, ou au contraire s’élargie davantage dans les pays nouvellement dits démocratiques ? A-t-elle inauguré une ère de bien-être pour les clients ? A-t’on observé, entre autres, l’avènement de la confiance entre acteurs politiques, population et décideurs politiques ; la création d’un état de droit garantissant la sécurité, la stabilité du pays et l’égalité de tous devant la loi ; la rationalisation et responsabilisation des institutions ; l’amélioration des conditions de vie de la population ; la sortie de ces pays du cliché d’État voyous puisqu’ils sont souvent qualifiés de menace pour la sécurité internationale ?  La littérature démocratique nous laisse perplexe face à la réponse à ces questions. Néanmoins, nous postulons qu’ils en sont rares les pays qui s’en sortent.

Il est un fait de constater que dans la plupart des pays que l'avènement de la démocratie est entravé par des obstacles culturels, sociaux, économiques et politiques. Souvent, les conditions exécrables de vie des populations ne permettent pas un exercice effectif de leurs droits et devoirs démocratiques. De ce fait, la démocratie est, en elle-même, un processus et l'exercice des droits et des devoirs qui l'accompagnent en est une autre, mais tributaire du cadre globale d’existence des cibles.

Nous affirmons qu’il existe des démocraties. Mais, estimons  que ce n’est pas par le fait qu’on dirige une société reconnue comme démocratique qu’on est démocrate pour autant. C’est là aussi un des caractéristiques de l’imposture politique. Dès qu’on déborde le cadre le juridique et qu’on aille dans le sens contraire des vertus de la démocratie, on est au même rang que ceux qu’on qualifie de tyrannique, dictateur anarchiste, populiste, d’ingriste ou d’intolérant. Par ailleurs, tout comme la démocratie athénienne était sélective, les démocraties occidentales ne sont pas totalement inclusives. Rappelons, qu’à Athènes le prédicat pour être compté à un niveau de décision dans son système démocratique était l’acquisition du statut de citoyen athénien.  Or, les femmes, les métèques (les étrangers) et les esclaves n’y étaient pas considéré comme tels et de ce fait exclus de toute participation à l’exercice des droits et devoirs démocratiques. Mais, la circonscrivant dans une cadre légal, le fait de respecter la convention sur le système décisionnel (Citoyen, Ecclésia, Boulê, Stratèges, Juges, Héliée) faisait que la pratique vaut démocratie.

Il faut distinguer les pratiques dites demos-cratos des celles qui ne sont qu’un comportement stratégique, l’expression d’un conformisme à la mode politique, soit par peur des effets des attributs de la démocratie ou de représailles de la part de puissant sur quelque forme que ce soit. C’est ce que nous appelons la peurocratie. En fait, des gens sont intrinsèquement imposteur mais ils ne l’assument pas   

Au précipice de l’imposture et de la perversion de la pratique dite démocratique

Nous avons suivi avec stupéfaction comment des médias et des intellectuels contribuent à une farce de ce qu’est réellement démocratie et à l’intox au profit de l’imposture démocratique du puissant, en s’accoutrant à ce qu’on appelle des modes, en d’autres termes, des manières de démocratie, propres à un environnement social spécifique. Sans les dédouaner de leur véritable fonction dans un vrai système démocratique comme quatrième pouvoir, pour ces médias c’est particulièrement compréhensible, car, ils ne peuvent pas avoir d’opinion contraire, en étant dépendants ou propriétés des grands lobbys d’un système d’exploitation économique, qu’il soit capitaliste, socialiste, communiste ou autres. Ce sont ces grands lobbys qui décident de la vie ou de la mort, dans tout le sens possible du terme, des autres êtres humains, en fonction de leur utilité ou menace pour leur intérêt. Quel contraste ! Car, deux des vertus de la démocratie devaient être : (i) la tolérance de la critique et (ii) l’acceptation du contraire. En étant de la sorte, n’est-ce pas une forme d’intégrisme démocratique ? Par contre, la position des intellectuels est indéfendable. Car, l’idée même de l’être est incompatible avec l’accommodement de la pensée et des intérêts personnels et/ou mesquins.

Certes, on est d’accord, qu’il y a une différence entre l’intellectuel et l’expert (Jean Laforest Visene, « Le sociologue haïtien : Entre la neutralité axiologique et l’activisme social », in Le Matin, Avril 2008, ou in Journal « Le Nouvelliste », Port-au-Prince, Haïti, le 27 mars 2008). Indubitablement, l’expert, sous émolument, est lié à un patron et il lui est soumis. En kreyòl haïtien, il y a un proverbe qui dit : « Chwal ki gen zèb nan bouch li pa ka ranni  ( en français : le cheval qui a l’herbe dans sa bouche ne peut pas hennir ». C’est dans cette situation que se trouve l’expert.  Néanmoins, l’intellectuel, voulant s’engager comme expert, a l’option de négocier les termes de son contrat selon sa conscience intellectuelle. Malheureusement, certains, par amour pour l’argent, d’entre eux se laissent marchander leur réputation en tant que tel dans des contentieux politiques vraiment impropres. User de sa notoriété pour projeter le semblant du faux pour du vrai ou vice-versa n’est pas, d’un point de vue légale et professionnel, la fonction sociale de l’expert. Par contre, on le constate dans l’humanitaire, dans le droit et particulièrement en politique. Dans le secteur politique par exemple, là où la règlementation et le contrôle sur les services d’expertise sont faibles, on voit des partis politiques, des opposants et des gouvernants en abusent contre leurs adversaires. Certains, diraient que « le professionnel n’a pas d’État d’âme ». Mais, n’est-ce pas là une forme d’imposture qui peut nuire considérable à la vie publique et à l’instauration de la démocratie ? Nous dirions que ce type d’imposture dépend des hommes et de ce qu’ils sont en tant que tel.

Par contre ou en principe, l’intellectuel est libre de son discours, à moins qu’il poursuive d’autres buts personnels que l’objectivité. En étant suivisme et cautionnant l’imposture politique du Puissant, de quelque horizon qu’il soit, il ne rend pas service à la démocratie elle-même. Nous voudrions préciser, qu’être expert et/ou s’engager en tant que tel à vendre ses services n’est pas péjoratif en soit, non plus, le fait de respecter scrupuleusement les termes de son contrat n’est pas un esclavagisme de l’intellect. Par contre, c’est quand on prend la posture d’intellectuel, tandis que ce qu’on fait c’est de l’idéologie de position et non de critique par rapport à une forme d’appréhension humaine et subjective des choses. C’est de là même que s’enracine l’abject mésaventure par rapport aux vertus de la démocratie en tant que philosophie politique. Néanmoins, nous reconnaissons que la démocratie s’inscrit dans la perspective de l’individualisme. Mais l’intellectuel doit se poster dans cet individualisme de manière méthodologique. Notons que l’individualisme méthodologique est construit sur la base de trois postulats de progression pouvant contribuer au raffinement de la pratique de la démocratie:

Postulat de l’individualisme où la pratique s’incarne dans de croyances et d’attitudes individuelles d’où une combinaison d’actions pour donner un résultat ;

postulat de compréhension où un sens est donné aux actions, croyances et attitudes individuelles de l’acteur ;

postulat de la rationalité l’acteur lui-même atteint un niveau suffisant du sens qui lui confère la raison de son choix.

Du principe de diversité des formes d’expression démocratique

De l’occident à l’orient, de l’aire d’influence du royaume du nord à celle du royaume du sud, l’esprit démocratique, en tant mode de responsabilisation des gouvernés dans la vie publique, est instituée. Cette philosophie fait est même devenue partie intégrante du droit à l’auto-détermination des peuples, ainsi que des droits fondamentaux de la personne humaine, subséquemment, l’égalité des conditions des citoyens d’un ensemble social et de la garantie des formes d’équité et de justice sociale.

Au nom du principe de non-ingérence d’un État dans les affaires internes d’un autre, les acteurs externes doivent se mettre à l’écart des processus politiques devant permettre à un pays d’instituer son mode de démocratie. Car, aucun modèle de démocratie n’est imposable à un autre environnement social et aucun model ne devrait pas être considéré comme supérieur par rapport à un autre. D’ailleurs, des modes de penser, comme tels, s’apparentent à un prolongement des théories discriminatoires et racistes de supériorité, soit d’une race par rapport à une autre, ou d’un ensemble social en comparaison à un autre. Il peut aussi exprimer ou l’extension de la politique intérieure de puissant État et d’acteurs externes quelconques. Par contre, les études comparatives des démocraties d’un État à un autre, peuvent être d’une utilité pour un regard critique des acteurs internes, eux-mêmes, sur leur pratique de la démocratie en finalité.

En dépit de cette compréhension, nous admettons que d’autres États sont en droit de s’intéresser à la politique intérieure d’un autre État et de développer une forme de coopération pour aider à la résolution des problèmes internes d’implémentation de la démocratie. Qu’il soit motivé par des intérêts géostratégiques, des motivations historiques des ensembles sociaux concernés ou d’autres, cela importe peu, pourvu que cet intéressement soit cadré au multilatéralisme et au droit naturel de contrôle et de défense des intérêts supranationaux de l’État intéressé et motivé par l’instinct naturel de sa conservation. Mais, ce mode d’agir doit se faire dans le strict respect du principe de la souveraineté des États et sous couvert des normes du droit international. Par contre, qu’il soit considéré comme un petit État, au nom du principe de l’égalité et de la réciprocité en droit, tout pays ou territoire devait avoir cette même option de s’intéresser à la chose politique d’un autre et de coopérer avec lui dans le sens de ses intérêts. Car, balloté entre l’influence du roi du nord et/ou du roi du sud, au point de commettre des galipettes au nom d’un vœu de meilleure démocratie, peut être signe de la peurocratie des uns et des autres. Errance et rêverie direz-vous !

Démocratie un mode opératoire comme tous les autres

Postulat du mode opératoire de la démocratie en ses finalités

Nous nous sommes permis de prospecter trois postulats :

Les doctrines politiques : Capitalisme, Socialisme, Anarchisme ou Communisme, ne sont que des idéaux différents d’opérationnalisation de la chose publique à motivation de garantir l’équité, l’égalité et la justice sociale, bref le bien-être collectif. Elles sont toutes des formules politiques d’expression d’un genre de « démos-cratos » en finalité.

 La démos-cratos peut être une expression intégriste, dictatoriale ou même totalitaire quand elle n’est pas fondée sur la raison, fondé sur le droit et régulée par des institutions ayant une réelle capacité et motivation de contrôle ;

Dans son idéale opératoire, la démos-cratos en universalité et uniformité est inaccessible, mais elle est réalisable dans ses finalités spécifiques.

Démocratie entre imposition du genre et alibi d’intrusion

Nul ne peut prétendre qu’à l’intérieur d’une démocratie qu’il n’y ait pas d’opinion contraire, de divergence de vue et d’opposition. D’ailleurs, c’est ce qui fait la beauté de la démocratie par rapport aux autres modes opératoires des doctrines politiques. Argué que ces problèmes internes constituent une nécessité d’ingérence dans les affaires internes d’un autre État constitue une erreur de communication politique et ne pourra pas aider à une correction de la démocratie. L’expérience est faite en Haïti, au Salvador, au Nicaragua, en Côte d’Ivoire, en Libye et ailleurs. Nous connaissons, tous, les résultats quand ce ne sont pas les acteurs internes qui décident de se parler de bonne foi et de trouver, eux-mêmes, un consensus politique dans de libres conditions. Nonobstant pour une meilleure garantie de succès, peut-être aussi, cela doit se faire sous l’arbitrage de pays amis et/ou d’acteurs influent de la communauté internationale.

Dans beaucoup de cas, nous avons l’impression qu’il s’agisse de l’interventionniste de tiers et ce n’est qu’un exercice d’éjection de la scène politique d’un ennemi, d’un insoumis ou de tierces personnes qui pourraient représenter une menace pour des intérêts mesquins. Le chaos qui règne en Haïti ou Lybie en sont les preuves les plus probantes. On pousse à l’éjection, puis rien comme plan de contingence des risques, de corrections de la démocratie interne et de garantie de l’État de droits. Pourtant, l’armada d’outils utilisé pour exercer l’intimidation et la coercition y était bien pensé et efficace. Par contre, si on prend le Chili comme cas particulier, où il n’a pas eu cette forme d’ingérence, le pays est sorti d’une des formes de dictature les plus féroces du monde, de pratique de gouvernance politique la plus opposée à celle de la démocratie, pour devenir l’un des meilleurs modèles de démocratie de l’Amérique.

Dans les premiers cas, mentionnés au précèdent paragraphe, nous avons aussi observé les comportements de lâches et d’irresponsables de la part d’hommes d’État qui attendent que la menace de la part de puissants externes soit réelle pour qu’ils acceptent de négocier avec leurs opposants. Or, le réflexe de négocier et de trouver le consensus interne devait être inscrit dans leur ADN de démocrate. Néanmoins, il faut reconnaitre aussi qu’au niveau interne de certains pays, il existe des irréductibles, appelés « jusqu’au boutistes » qui ne se retrouvent dans aucune une vision de consensus interne et sans aucune stratégie. Quand ils finissent d’abattre leur ennemi, ils n’ont aucun plan pour assurer la relève et redresser les écarts faisant argument politique de leur mouvement. Le plus souvent, leurs protestations ne sont pas structurées, elles ne produisent pas son élite et il n’y a pas de coordination avec les forces politiques. 

Dans un tel contexte de manipulation et/ou de récupération des protestations collectives les pays deviennent entités qui recommencent à chaque évènement et ceci sur le vide. N’est-ce pas une forme d’imposture politique à travers les protestations collectives ? A qui elles en profitent et pourquoi il n’y a pas de stratégie de reprise? L’histoire politique montre le plus souvent, ce sont des novices, ignorants en politiques qui sont au-devant des protestations collectives. Comment se sont-ils émergés c’est une question importante pour comprendre les intrusions dans les politiques internes des pays. En fait, des types comme ceux-ci sont comme les qualités pour recruter un bon soldat. Un bon stratège en l’art de la guerre dirait que le plus bon soldat qu’on peut avoir est celui qui est la plus bête des bête c’est-à-dire le plus idiot des idiot. Lui il ne pose pas de question. Il agit à la seconde aux ordres. L’esprit stratégique est réflexif, et il se cultive et s’entretient. Demandez-vous pourquoi, les Russes sont champions du monde d’échecs, les Chinois jouent au mah-jong, les Américains au poker, les Anglais au bridge. Tous, ce sont des jeux qui cultivent l’art de la stratégie à plusieurs centaines de coups possibles et de l’anticipation au même rythme. Ainsi, l’attitude naïve ou intéressée des uns et des autres, entretenue par de forces externes ou pas, est responsable des aléas de l’instauration de la démocratie dans leur pays.

Fictive ou systémique imposture politique de la démocratie

En inscrivant la démocratie comme pratique politique à finalités de garantir les droits fondamentaux, la liberté et l’équité du système, aussi bien comme moyen efficace d’un système politique pour l’atteinte des besoins d’accomplissement des sujets est une fiction. Elle l’est du fait qu’elle est ancrée dans le capitalisme et nécessite une démarche pédagogique où partis politiques, syndicats, corps constitués et enseignants doivent jouer un rôle prépondérant à l’éducation démocratique. Or, jouer ce rôle est irréalisable sans la mobilisation des ressources nécessaires et il faudra du temps pour voir objectivement les effets. Avec l’éducation démocratique, au niveau de la société on pourrait atteindre un niveau suffisant de compréhension de l’intérêt à poursuivre et instaurer et entretenir ce mode opératoire politique au niveau de la société. D’où, il faudra postuler l’instauration de la démocratie dans la démarche de l’individualisme méthodologique pour une démocratie compréhensive et constructive.

Si les pans fictives de l’avènement de la démocratie ne sont pas déconstruits, dans beaucoup de pays elle restera qu’une énorme imposture politique, un système d’arnaque autant que ceux établis dans les autres régimes politiques pour la dominance et l’exploitation des moyens sociaux, économiques et culturels à des fins égoïstes et non communautaire, mais parfois sociétaires. Plusieurs raisons motive notre interprétation :

La démocratie est dans les pays est mode opératoire frauduleux et extrêmement futé d’imposteurs, de menteurs et de voleurs pour avoir la mains mise sur les ressources économiques. Son avènement dans beaucoup de pays n’est qu’un stratagème, pour changer la chemise de maître ou de rendre le système d’exploitation économique capitaliste un visage plus acceptable ;

Les gouvernants visibles, que les moyens démocratiques mettent en selle pour exercer le pouvoir, ne sont que des dirigeants de l’ombre. Ceux-ci se contentent de l’occuper et de recevoir leur dividende de leur opération frauduleuse. Le capital prend trop le dessus sur les droits et les devoirs démocratiques ;

Émergence trop inquiétante de gouvernants qui n’ont pas de discours et/ou qui se contentent du psittacisme. Souffrant de manière permanent du fantasme de nouveau langage sans même en donner la peine de comprendre même la mécanique voire le fond de ce nouveau langage, ils sont toujours prêts à s’y conformer. Comment peuvent-ils animer une réflexion collective afin de dégager  une vision stratégique consensuel prenant en compte l’intérêt supérieur national, distinguant l’essentiel de ce qui ne l’est pas ?

La démocratie comme jeu de stratège

La démocratie est en fait comme le sourire qu’un félin homme politique donne à ses à son adversaire politiques et à ses supporteurs. En fait, ce sourire n’a pas d’importance par rapport aux finalités vantés de la mise en place d’un système démocratique. C’est aux faits qu’on devra reconnaitre sa valeur. Il en est de même de l’intérêt des gouvernants et pays dits amis. Dans le cas de ces derniers, on sait déjà le dicton : « Les États n’ont pas d’amis ; ils n’ont que des intérêts », Dixit le General de Gaule, précepte bien avant explicité par Lord Palmerston, Secrétaire d’État aux affaires étrangères 1830-34, 1835-41 et 1846-51, premier ministre britannique 1855-58 and 1859-65) en disant que : « L’Angleterre n’a pas d’amis ou d’ennemis permanents ; elle n’a que des intérêts permanents ».  Comment ne devrait-on pas poser la question par rapport à l’intérêt qui motive l’agir d’acteurs internationaux dans la politique interne quand on sait que des intérêts géopolitiques, économiques et géostratégiques sont au centre de tous les grands conflits dans les pays sous-développés ou en développement. On ne devrait pas s’étonner que dans ces conflits que la motivation de l’un ou de l’autre, ne se réduise pas à la simple expression de recherche - conquête ou conservation de marché.

Nous avons parlé de roi du Nord et du roi du sud plus haut, revenons-en. Aujourd’hui la stratégie de ces rois est en quelque sorte d’acheter des pays. En fait, le terme acheter est impropre, car il s’agit d’être le proprio d’une certaine manière. La manière dont ces pays achètent les petits pays c’est par leur investissement comme l’achat d’entreprise, l’investissement de gros capital dans les secteurs vitaux sur qui reposent les leviers économiques. On sait que tant l’investissement étranger est fort dans un pays, c’est tant que celui-ci est soumis aux risques de manipulation de sa politique interne. Détenir une telle position c’est avoir le contrôle des grandes décisions dans l’unité géographique concernée. L’un de ces rois et ses alliés sont très agressifs dans l’achat des pays par investissement. Pourtant, relégués au rang du marginal et de l’accessoire, la défense des valeurs démocratiques, des droits de l’homme, désastres humanitaire, menaces pour la sécurité internationale servent souvent de prétexte pour planter l’armada de l’offensive économique des grands États. Or, ce qui est dans le tréfonds des positions au nom de l’absence de démocratie ce sont la préservation de leur suprématie militaire, leur croissance économique; leur positionnement stratégique que les différends rois défendent.  N’est- ce pas là une imposture politique ?

Dans ce jeu d’échec, qu’est l’exercice de la démocratie, il faut avoir le discernement et définir une ligne claire afin de lancer l’offensive qui pourrait permettre un positionnement pour défendre les intérêts des vrais sujets de la royauté (Voir, Denis Lacorne, “Où est l’intérêt national des États-Unis ? Approche réaliste et conflits périphériques” juillet 2000). Le mode opératoire démocratique doit être fondé sur la légitimité c’ est-à-dire, le droit, la justice et l’équité. Sinon, tout ce qu’on essaie d’illusionner, de faire miroiter comme étant opérations relevant de la normalité, du correcte et dans le sens du bien-être collectif ne restera que de l’imposture. Pour changer la perspective, il faudra revenir à l’usage des valeurs morales dans la politique. Et alors pourrait exulter :

“Nous vivons sous un Prince ennemi de la fraude,

Un Prince dont les yeux se font jour dans les cœurs,

Et que ne peut tromper tout l'art des imposteurs.

D'un fin discernement, sa grande âme pourvue,

Sur les choses toujours jette une droite vue,

Chez elle jamais rien ne surprend trop d'accès,

Et sa ferme raison ne tombe en nul excès”.

(Extraits de Molière, Tartuffe ou l’Imposteur, Scène dernières, 1906 à 1916)

En guise de conclusion

Il est certain que l’imposture est devenue le reflexe du politique. Sans exaltation, nous partageons avec vous une autre citation encore tirée d’un œuvre de Molière, celui qui s’intitule « Le Bourgeois gentilhomme (Voir scène xii) ». Plaçons le décor. Cleonte vient de demander à Monsieur Jourdain la main de sa fille. Il lui dit : «  Monsieur, je n'ai voulu prendre personne pour vous faire une demande que je médite il y a longtemps. Elle me touche assez pour m'en charger moi-même ; et, sans autre détour, je vous dirai que l'honneur d'être votre gendre est une faveur glorieuse que je vous prie de m'accorder ”. Et Monsieur Jourdain lui répond: « Avant que de vous rendre réponse, Monsieur, je vous prie de me dire si vous êtes gentilhomme ». Et Cléonte lui répond : «  … je trouve que toute imposture est indigne d'un honnête homme, et qu'il y a de la lâcheté à déguiser ce que le ciel nous a fait naître. …., je vous dirai franchement que je ne suis point gentilhomme ».

 L’orthodoxie de la démocratie est improbable mais, des genres démocratiques vrais fondés sur des véritables besoins des ensembles sociaux. C’est de l’intérieur que la forme de la démocratie doit être définie et circonscrire son utilité en termes de finalité dans les droits constitutionnels. Mais, il ne faut pas nous idéalisé sur des démocraties en finalité qui accompliront les paroles du prophète Esaïe au chapitre 11, les versets 6 à 8. Il y est dit : Verset 6 - Le loup habitera avec l'agneau et la panthère se couchera avec le chevreau ; le veau, le jeune lion et le bétail qu'on engraisse vivront ensemble, et un jeune garçon les conduira. Verset 7 - La vache et l'ourse auront un même pâturage, leurs petits un même enclos, et le lion mangera de la paille comme le bœuf. Verset 8 - Le nouveau-né s’amusera sur le nid de la vipère et le petit enfant mettra sa main dans la grotte du cobra. Car même là, il est annoncé de mauvaise nouvelle pour d’autres au verset 14. Car, dit-il, en parlant de Juda et d’Éphraïm et de Juda qui feront la paix : « Au contraire, ils fondront sur l'épaule des Philistins à l'ouest, ils pilleront ensemble les nomades de l'est ; ils auront la mainmise sur Edom et Moab et les Ammonites leur seront soumis ». Donc, l’universalité des effets, en finalité est quasi-nulle.

J’espère que mes mains n’ont pas transcrits, ici, des pensées d’un cerveau d'imposture ! ou dit-on « Un peu trop forte en gueule, et fort impertinente. Vous vous mêlez sur tout de dire votre avis ». Mais, je me plais d’avoir dit comme Molière (dans Tartuffe ou L’Imposteur) : “ Ma bru, qu'il ne vous en déplaise, Votre conduite en tout, est tout à̀ fait mauvaise” (Acte I, scène première, 23 à 32).

Reference bibliographiques

Lyasmine Kessaci,  “ Le « ROMAND »,  ERES | « Cliniques méditerranéennes » 2010/1 n° 81 | pages 33 à 46 , ISSN 0762-7491 ISBN 9782749212432, https://www.cairn.info/revue-cliniques-mediterraneennes-2010-1-page-33.htm,  Distribution électronique Cairn.info pour ERES. © ERES. Tous droits réservés pour tous pays.

Serge Margel , De l’imposture : Jean-Jacques Rousseau, Mensonge littéraire et fiction politique, Éditions Galilée, 2007, Voir présentation édité sur  avec le concours du Centre national du livre, sur http://www.editions-galilee.fr/f/index.php?sp=liv&livre_id=2968.

Alexis de Tocqueville, De la démocratie en Amérique I, 1935, disponible sur : www.uqac.ca/zone30/Classiques_des_sciences_sociales via www.lastoria.org.

Nathalie Cooren, “Transition démocratique d’un pays : quelques précisions démocratiques”, Paris 2005 ;

Abraham Maslow, “Les Besoins de l'Homme”, Copyright Jean-Frédéric Berger – 2008, http://www.editions-dadga.com. 

Greenberg, D.,  “Éducation in America - A View from Sudbury Valley, "Democracy Must be Experienced to be Learned”, 1992. 

Portis, E. (2003) "Democratic Éducation and Political Participation" Paper presented at the annual meeting of the American Political Science Association, Philadelphia Marriott Hotel, Philadelphia, PA;

C. FLEURY, “Les pathologies de la démocratie”, Paris, Fayard, 2005;

Lacorne Denis, “ Où est l’intérêt national des États-Unis ? Approche réaliste et conflits périphériques”, In Critique internationale, vol. 8. 2000. Diversité du capitalisme mondialisé. pp. 97-116;

* Jean Laforest Visene de Lyvia Tulce est sociologue, Juriste et Maitre en Sciences du Développement. Depuis plus de 16 ans, il prête des services dans les universités haïtiennes

visenejl@gmail.com.

JLV@L.T

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