Nous risquons un choc inflationniste et un choc sur l'emploi, prévient Pierre Marie Boisson

Publié le 2019-04-15 | Le Nouvelliste

Ce n’est pas que l’économiste Pierre Marie Boisson soit contre l’augmentation du salaire minimum, mais le niveau du salaire tel que proposé par les députés  dans la situation  sociopolitique actuelle risque, selon lui, de conduire à  des licenciements non seulement dans la sous-traitance mais aussi dans l’hôtellerie et dans l’agriculture puisque l’agriculture alimente l’hôtellerie.  Invité à l’émission Panel Magik ce lundi, Pierre Marie Boisson voit poindre à l’horizon un double choc : un choc inflationniste et un choc sur l’emploi.

Le salaire minimum dans le secteur de la sous-traitance devrait passer de 420 gourdes à 750 gourdes, suivant les modifications apportées par les députés à la loi sur le salaire minimum de 2009.  Cela fait environ neuf dollars pour une journée de travail. A ce niveau-là, fait remarquer Pierre Marie Boisson, on ne sera plus compétitif par rapport au Honduras, à la République dominicaine et par rapport à l’Asie dans le secteur du textile. L’économiste exprime de grandes inquiétudes par rapport aux cinquante mille emplois qui sont désormais « menacés ». C’est un secteur qui n’a pas beaucoup d’assise et qui peut se déplacer très facilement, souligne-t-il.  

Mais il n’y a pas que le secteur de la sous-traitance qui sera affecté, selon Pierre Marie Boisson, qui a cité notamment les secteurs touristique et hôtelier. S’il y a un salaire minimum légal, on sera forcé de le suivre dans ces secteurs qui sont déjà dans une situation extrêmement compliquée depuis les événements des 6 et 7 juillet 2018.  Faisant remarquer que le taux d’occupation des hôtels a baissé de plus de moitié depuis ces événements, Pierre Marie Boisson, qui fait partie du conseil d’administration de l’hôtel El Rancho, souligne que dans cette institution hôtelière par exemple, 30% des recettes servent à supporter les coûts liés à la main-d’œuvre. « On aura une baisse additionnelle qui va conduire à des faillites », prédit l’économiste.

Au cas où les modifications de la loi sur le salaire minimum sont votées dans les mêmes termes au Sénat et qu’elles seront publiées par le pouvoir exécutif, cela aura un impact sur la masse salariale au niveau de l’administration publique, prévient également Pierre Marie Boisson. L’année dernière, explique-t-il,  quand le salaire minimum a été augmenté de 20% dans le secteur de la sous-traitance, cela avait créé une demande de salaire additionnel dans la fonction publique de quatre milliards de gourdes dans le budget de la République. Cela n’était pas suivi d’effet tout simplement parce que le budget  n’avait pas été voté, a-t-il indiqué.

Pierre Marie Boisson attire l’attention sur « un spectre de déficit additionnel extrêmement important pour le Trésor public ».  « Si on tient compte du salaire proposé par les députés qui est de l’ordre de 330 gourdes, on suppose que l’augmentation du salaire au niveau de la fonction publique sera de dix-neuf milliards de gourdes environ », précise l’économiste.  

Pierre Marie Boisson croit que l’Etat ne peut pas se permettre d’augmenter tous les salaires et ne pas tenir compte des employés de la fonction publique. De plus, a-t-il ajouté, sur les quarante-huit mille employés de la fonction publique, près de douze mille n’ont même pas eu le salaire minimum fixé à 420 gourdes en octobre dernier. « Ce n'est pas socialement acceptable », selon lui.

Danio Darius
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