Largués, des étudiants boursiers en situation de handicap pressent le MENFP à respecter ses engagements

«Déception, colère, frustration, honte, humiliation…» sont parmi les maîtres mots qui traduisent le malaise d’une vingtaine d’étudiants, boursiers, vivant chacun avec un handicap physique. Parce que l’engagement pris par le ministre de l’Éducation nationale, Pierre Josué Agénor Cadet, de financer leurs études universitaires de premier cycle n’est toujours pas honoré, ces jeunes vivent une situation difficile au sein de leurs établissements respectifs.

Publié le 2019-04-10 | Le Nouvelliste

La plupart d’entre eux, à bout de souffle, sont contraints de s’arrêter en chemin. D’aures, malgré tout, veulent encore garder l’espoir, même lorsqu’ils sont hantés par l’idée d'être placés derrière la porte, en raison de cette insolvabilité qui dure plus d’un an. 28 ans, Loute Millianne, malvoyante, figure parmi les quatre autres qui avaient choisi l’Université de Port-au-Prince pour entammer des études supérieures. « C’est avec d’énormes difficultés que nous sommes parvenus à faire le choix de cours. Il nous faut à chaque fois l’intervention du doyen ou du recteur auprès du comptable. Ils nous ont déjà informé du montant à payer pour la première année. C’est quand même un peu humiliant pour nous. Si nous avions la possibilité de payer nos frais scolaires, tout cela ne serait pas arrivé… », lâche-t-elle, d’un ton plutôt gênant.

« Il ne s’agit pas d’un traitement de faveur. Nous ne leur avions pas demandé de l'aide. Ce sont eux qui sont venus nous proposer leur support. Ils devraient tenir leur engagement. C'est un manque de respect envers la parole donnée… », murmure Patricia Sénatus, étudiante à handicap physique, qui est obligée d’abandonner l’université, car on ne l'a pas laissée subir les examens, puisque le MENFP n’a pas payer sa scolarité. « Cela m’a fait beaucoup de peine. C’est aussi le cas de certains autres étudiants en difficulté au sein de leurs établissements d’études…Ils nous ont fait du tort. Certainement, s’il n’y avait pas ces promesses, nous aurions lutté pour poursuivre nos études…», martèle l’étudiante qui nourrissait l’idée d’intégrer la Faculté des sciences humaines pour des études en communication, après le concours d'admission.

Quoi qu’il soit sur le point d'entamer sa deuxième année d’études, Alcé Marckenson, étudiant en communication à l’UP, décrit sa gêne, du moins sa difficulté à avancer dans les études. Un an après, la situation n’a pas évolué. Personne n’est en mesure de leur garantir la prise en charge annoncée. Les responsables de cette université ont déjà acheminé le bilan relatif au coût de la première année d'étude. Une situation qui met davantage à mal l’étudiant, impuissant. « Nous voulons seulement que le ministère de l’Éducation nationale honore son engagement…», relate l’étudiant qui cherche à attirer l’attention des responsables.

Depuis le 12 octobre 2017, le ministre de l’Éducation nationale, Pierre Josué Agénor Cadet, avait engagé le ministère à financer les frais universitaires de 20 jeunes étudiants handicapés, après leur baccalauréat. En dépit du fait qu’ils détiennent leur lettre d’engagement, ces derniers n’ont toujours pas été pris en compte, a déploré un responsable du Réseau associatif national pour l’intégration des personnes handicapées (RANIPH). Le Réseau associatif national pour l’intégration des personnes handicapés (RANIPH) invite le ministère de l’Éducation nationale à respecter ses promesses envers ces étudiants qui moisissent dans cette longue attente. Le Réseau rappelle que l’une des recommandations du Comité des droits de l’ONU suite à l’examen du rapport d’Haïti consiste à « augmenter les bourses accordées aux personnes handicapées en vue d’augmenter le taux d’accès et d’améliorer la qualité de l’éducation des personnes handicapées ».

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