Kenley et Carl : Toutouni

PUBLIÉ 2019-04-08
Désacraliser le corps humain, franchir les tabous… le pari des photographes Kenley Simon et Carl Saint-Fleur, matérialisé en « Toutouni », une exposition photos qui s’est tenue le vendredi 5 avril 2019 à Gingerbread Hotel.


On est dans le mini jardin de l’hôtel Gingerbread transformé en une mini galerie. Au bord de la piscine, ils sont quelques dizaines venus cet après-midi apprécier ces photos auxquelles chez nous on n’a pas droit tous les jours. Accrochés à des arbres ou disposées sur des chaises, les nus d’hommes et de femmes entourent l’espace comme pour lancer un message clair : "Assumez-vous !"

Derrière cette idée de désacralisation du corps et « de l’esprit » se cachent deux jeunes photographes, Kenley et Carl, faisant un premier pas osé et surprenant dans ce milieu en Haïti. "Toutouni", leur première exposition de photos, se révèle être un symbole de liberté, d’appréciation et d’amour de soi. « En Haïti, la nudité demeure avant tout un sujet tabou. De fait, j’ai voulu changer la donne en proposant des nus artistiques, appréciables, élégants », explique Kenley Simon. L’étudiant en architecture de l’université Quisqueya n'a cure des mauvaises interprétations de quiconque. « On est en 2019. Les gens doivent faire le dépassement, tout en sachant que certaines choses ne tiennent plus », poursuit M. Simon sans broncher.

Carl Saint-Fleur abonde dans le même sens. « L’essence de Toutouni c’est de finir avec les tabous, surtout par rapport à des choses que l’on devrait aborder naturellement et facilement. Donc j’ai utilisé la photographie en tant que moyen de contrecarrer l’intouchable », indique M. Saint-Fleur, ancien étudiant en architecture de l’Uniq. L’homme aux tresses teintes en vert a préféré l’univers des caméras, qui, selon ses dires, constitue sa véritable passion. Photographe professionnel depuis six ans, Carl, pour la matérialisation de « Toutouni » s’est inspiré des travaux déjà réalisés par ses pairs. « J’ai souhaité apporter beaucoup plus d’intrigues et susciter l’intérêt du public », confie le vidéographe, qui, au début, nourrissait certaines inquiétudes. « Maintenant, je ne m’inquiète plus de l’opinion des gens. Je fais ce que j’ai à faire, que certains aiment ou pas ! », affirme-t-il, tout en amour avec ses nus.



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