Phyllisia Ross promet de mettre le feu à Fubar

PUBLIÉ 2019-04-05


Après une virée l’ayant conduite en Guadeloupe, en Guyane et en Martinique, la chanteuse-pianiste haïtiano-américaine Phyllisia Ross a choisi de boucler la boucle sur sa terre d’origine. Elle vous donne donc rendez-vous du côté de Pétion-Ville, le vendredi 5 avril 2019 à Fubar, puis le jour suivant au Cap-Haïtien, à Lakay Restaurant.

« M pral kraze la », promet Phylissia Ross, robe vert olive près du corps, dans un accent à couper au couteau. La sulfureuse Ross, après son dernier passage en Haïti lors du festival de jazz en janvier dernier, a jugé indispensable de clôturer sa tournée antillaise sur le sol maternel avec deux jours de folle ambiance. « J’ai beaucoup bougé et j’ai choisi de tout terminer ici. Chez moi. D’ailleurs, que serait un tour dans les Antilles sans passer par Haïti ? Je frapperai fort. Ce ne sera rien de comparable aux autres pays. Parce que je tiens à ce que vous preniez du plaisir, que l’on passe un bon moment ensemble », poursuit-elle, excitée à l’idée de fouler pour la première fois la cité christophienne.

La voix de « Se konsa » profitera de son passage dans le Nord pour visiter la Citadelle, symbole de la sauvegarde de cette liberté arrachée des mains du colon. « J’y resterai un jour de plus, ce qui est encore une grande première pour moi, de séjourner au pays après un spectacle, car je n’ai jamais eu le temps. Et je monterai vers la Citadelle. Je veux percevoir cette sensation, celle de me retrouver dans l'enceinte de ce monument, cette œuvre de nos ancêtres. C’est très important à mes yeux », affirme-t-elle. Pour la chanteuse qui ne cesse de clamer ses racines haïtiennes, le merveilleux édifice de Milot représente l’endroit idéal pour se ressourcer afin de poursuivre sa quête de chanteuse. « Il me faut de la force pour continuer. »

Malgré son succès sur la scène internationale, celle qui a partagé le micro avec des artistes de renommée mondiale à l’instar de Ne-Yo, Florida, entre autres, n’a pourtant pas la grosse tête. La lady considère ses featurings comme une étape de sa carrière. « Ce ne sont que des expériences. Un moment. J’ai travaillé avec d’autres artistes moins connus qui, contrairement à eux, m’ont inspirée et touchée davantage. Je ne suis pas du genre à valoriser certains et dévaloriser d’autres. Cela exprime tout simplement que j’apprends, j’accumule des expériences que je pourrai partager avec mon public et que je suis sur le bon chemin », avoue la native de Floride, voulant rester proche du public haïtien en produisant en créole.

« Quand je chante en créole, j’éprouve quelque chose de différent. J’exprime mon identité, cela va au-delà de la musique. M resevwa yon lanmou ki diferan. C’est une façon pour moi de montrer au monde ce que l’on est réellement, même si je ne suis pas née en Haïti et que je n'y ai pas vécu », poursuit Phyllisia dont la mère haïtienne l’a toujours poussée à embrasser ses racines, sa féminité et assumer ses charmes. Ce qu’elle met aisément en pratique sur la scène. « J’utilise tout simplement ce que Dieu m’a donné. Ma voix, ma présence. Sur scène, je me dois de partager tout cela avec mon public, de le séduire et de le faire entrer en transe », fait remarquer la chanteuse-pianiste, prenant comme modèle la chanteuse britannique Sade.

C’est donc une Haïtienne dans l’âme qui vient pour une nouvelle fois à la conquête de ses fans au pays de Dessalines, tout en invitant les femmes à s’entraider et à ne se laisser jamais manipuler. « Croyez en vos capacités, croyez en vous et travaillez pour qu’on vous respecte », conseille Phyllisia Ross, tout en amour avec la musique et Haïti.



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