Dossier des mercenaires : le groupe des quinze s’accroche à l’interpellation du ministre de la Justice

Publié le 2019-03-12 | lenouvelliste.com

L’affaire des huit individus lourdement armés arrêtés  le 17 février dernier, qui avait fait grand bruit, est jetée aux oubliettes ou presque. Reynold Georges, un proche conseiller du président de la République, avait indiqué que les mercenaires étaient là pour cambrioler la Banque centrale pendant que certains acteurs de l’opposition affirmaient que ces mercenaires étaient engagés dans le but de «descendre» certains d’entre eux. 

Le Premier ministre Jean-Henry Céant qui avait exigé du ministre de la Justice et de la Sécurité publique un rapport détaillé sur les procédures entourant la libération puis le transfert des sept étrangers impliqués ne dit plus rien. On ne sait toujours pas s’il avait ou non reçu le document, alors que son porte-parole ainsi que son chef de cabinet adjoint avaient déclaré dans la presse que ces individus avaient voulu attenter à la vie du Premier ministre. Tout le monde entre-temps reste confortablement en poste.

« Le pays n’est pas dirigé », s’indigne le député Jean-Robert Bossé qui avait signé avec quatorze autres  députés une correspondance adressée au président de la Chambre pour interpeller le ministre de la Justice et de la Sécurité publique, Jean Roudy Aly, qui a autorisé le transfert des étrangers aux États-Unis.

Si tous les secteurs sont déjà disposés à passer à autre chose sans que la lumière ne soit faite sur ce dossier, tel n’est pas le cas du groupe de quinze députés. «  L’interpellation de Jack Guy Lafontant avait pris trois mois », rappelle Jean-Robert Bossé, pour dire que le temps ne va pas avoir raison d’eux tout en expliquant que le décès du député Éliance Petit-Frère n’a pas aidé à faire accélérer le processus.

« D’ici mercredi à jeudi, nous aurons une date arrêtée pour l’interpellation du ministre de la Justice et de la Sécurité publique », a cependant promis le député d’Aquin sur Magik 9 ce mardi.

À en croire Jean Robert Bossé, la séance d’interpellation ne sera pas une partie de plaisir pour Jean Roudy Aly. «  De la date d’interpellation à aujourd’hui, de nouveaux éléments s’ajoutent aux griefs des députés contre  le ministre de la Justice », a avancé le parlementaire. Il a mentionné le cas de l’ex-député Jean Fénel Thanis arrêté le 6 mars pour trafic illicite de stupéfiants et qui serait un chargé de mission au ministère de la Justice et de la Sécurité publique. Jean-Robert Bossé a déploré que l’ex-député ait obtenu ce poste en dépit du fait que son nom a été déjà cité dans une affaire de drogue aux Cayes. Des agents de la DEA étaient intervenus, a rappelé le parlementaire.

Jean-Robert Bossé dénonce plus loin une combinaison de secteurs nationaux et internationaux pour favoriser l’accession au timon des affaires de l’État de gens peu recommandables sur qui ils peuvent compter pour régler leurs sales boulots. « Ces messieurs, irresponsables, corrompus et incompétents, quand ils sont aux affaires de l’État, ça fait l’affaire des Américains, des Français, des Canadiens y compris des gens dans le secteurs des affaires et politique en Haïti », a déclaré le député qui ne ménage jamais ses récriminations envers le pouvoir.     

Danio Darius



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