L'ANPH et l'UniQ organisent le premier Festival de la mer et de la pêche à Fort-Liberté

Publié le 2019-03-06 | lenouvelliste.com

Le 16 mars 2019, l’Association nationale des pêcheurs haïtiens (ANPH) organise, avec l’appui de l’Université Quisqueya (UniQ), le premier Festival de la mer et de la pêche à Fort-Liberté, dans le cadre de la célébration de la fête patronale de la ville et en prélude à la création du Centre des métiers de la mer prévue en partenariat avec l'Université Quisqueya. Selon les organisateurs, l’organisation de ce festival tournera autour de trois axes principaux qui sont la formation, la promotion et le renforcement des capacités.

En effet, expliquent les organisations dans une note adressée au Nouvelliste, l’idée d’organiser ce Festival de la mer à Fort-Liberté est née de la volonté de quelques natifs de cette région, jeunes et entreprenants, de tracer pour les années à venir un nouveau destin pour leur ville d’origine. La mer occupant une grande place dans la vie économique, sociale et culturelle de la région, ils ont imaginé un évènement entièrement dédié à la mer et à la pêche. C’est en effet la principale et la plus ancienne activité des habitants de ce paradis terrestre. Elle est demeurée cependant dans un état de sous-développement dramatique permettant à peine aux familles de pêcheurs d’échapper à la misère, de se nourrir et de perpétuer leur savoir-faire. Or, s’il est un métier ingrat, risqué et exigeant une grande connaissance du milieu maritime et des espèces y vivant, c’est bien celui de pêcheur qui, chaque jour, doit s’aventurer loin des côtes pour capturer la ressource lui permettant de (sur)vivre.

Dans ce contexte, poursuivent les organisateurs, il est apparu essentiel d’entreprendre la promotion des métiers de la pêche, d’assurer prioritairement la formation et le renforcement des capacités des « travailleurs de la mer », tous métiers confondus. Il est apparu également nécessaire de faire connaître le patrimoine historique et culturel local, d’une richesse inestimable, et d’encourager un tourisme de qualité qui puisse redonner aux Haïtiens le sentiment positif d’appartenance à un pays dont ils peuvent être fiers.

La fête patronale de la ville de Fort-Liberté, le 19 mars, s’avère être un cadre idéal pour proposer à un large public des activités festives et de formation répondant à l’exigence de la qualité. A cet égard, l’accompagnement intellectuel, organisationnel, logistique et technique de l’Université Quisqueya (dont la devise est « la connaissance et l’action au service de l’homme ») garantit non seulement le respect de cette exigence, mais aussi son inscription dans la durée. En effet, l’objectif est non pas d’organiser un évènement sans lendemain, mais de poser dès à présent les bases d’un grand rendez-vous annuel susceptible d’attirer plusieurs milliers d’Haïtiens et de Caribéens et de contribuer concrètement au développement de la région.

En d’autres termes, le Festival de la mer est appelé à devenir un facteur de progrès économique, social et culturel pour les populations qui vivent sur ce territoire trop longtemps livré à lui-même, quasiment sans avenir. Cet engagement à moyen et long terme se traduit aussi par le projet de créer un Centre national des métiers de la mer, ayant valeur de référence dans la région.

Le programme du festival qui, cette année, se déploie sur une seule journée, est conçu pour montrer aux visiteurs les différentes facettes de la vie de la ville de Fort-Liberté. Avec l’appui de l’UniQ, le soutien financier des sponsors et la participation de la communauté fort-dauphinoise, l’ANPH fera connaître les métiers de la pêche en organisant une exposition de matériel de pêche, accompagnée d’explications sur les outils et les ressources halieutiques (ressources vivantes - animales et végétales des différents milieux aquatiques marins exploitées par les pêcheurs locaux).

Dans la matinée, de 8h à 14h, le festival proposera des ateliers de sensibilisation, des conférences-débats sur la protection du milieu marin et le respect de la biodiversité, pour sensibiliser les pécheurs à la nécessité d’une gestion rationnelle des ressources disponibles. Ces actions seront assurées par des universitaires et experts dans le domaine du développement local et de la pêche. Ce sera aussi l’occasion de promouvoir la nécessaire protection des récifs coralliens, surexploités, la gestion des déchets plastiques, la protection des ressources marines endémiques ou en danger d’extinction. Enfin, le programme permettra de visiter les différents vestiges présentant un intérêt historique ou architectural : forts coloniaux et construits après l’indépendance. Des activités sportives, telles la course à la chaloupe, à la voile et les visites guidées permettront aux festivaliers de découvrir la relation particulière du pêcheur à la mer.

L’ANPH proposera également aux visiteurs de déguster des mets gastronomiques (fruits de mer, poissons ou produits marins) préparés selon les meilleures traditions culinaires locales. Un espace de restauration sera prévu à cet effet, le tout dans une ambiance musicale assurée par des musiciens locaux pour promouvoir la culture régionale, en compagnie des Djs, 4 LAS (un groupe musical local) et du groupe Bookman Eksperyans qui viendra de Port-au-Prince pour l’animation de l’après-midi jusqu’à la nuit tombée (15h-21h).

Enfin, ce festival sera l’occasion de mettre la baie de Fort-Liberté et les vestiges historiques de la région sous les feux des projecteurs, en offrant aux visiteurs la possibilité de découvrir autrement Fort-Dauphin, son originalité, son intérêt architectural et son avenir. 

Encadré

On oublie trop souvent qu’Haïti est un pays tourné vers la mer avec plus de 1770 kilomètres de côtes. Située à moins de 10 km de la frontière avec la République dominicaine, la ville de Fort-Liberté a été construite au fond d’une grande rade polylobée et semi-close communiquant avec la mer des Caraïbes par un étroit goulet.

La ville, fondée en 1578 par les Espagnols, se prolonge en ligne droite jusqu’à Fort-Dauphin, une ancienne ville de garnison datant de l’époque coloniale, créée par Etienne de Chastenoye, gouverneur de l’île de Sainte-Croix. Fort-Dauphin a été nommée ainsi en hommage au dauphin Louis, fils du roi Louis XV de France.

Fort-Dauphin revêt une importance particulière dans l’histoire d’Haïti, puisque c’est là qu’a eu lieu la première proclamation de l’indépendance le 29 novembre 1803 par Dessalines, Henri Christophe et Clervaux, quelques jours après la bataille de Vertières. Par ailleurs, c’est à Fort-Dauphin que,  le 26 mars 1811, Henri Christophe s’est fait proclamer roi du Nord, sous le nom de Henri 1er.

Fort-Liberté n’est pas seulement un haut lieu historique, c’est aussi un lieu d’une rare beauté, l’un des joyaux que possède Haïti, caractérisé par une nature encore préservée, mais qui n’a jamais été mise en valeur pour le bien-être de ses habitants.

Auteur


Réagir à cet article