Un journaliste, un apologiste et un critique textuel autour de la Bible

L'arrière-plan historique de la Bible, mythe ou réalité. (Suite, Nouvelliste # 40782).

Publié le 2019-04-12 | Le Nouvelliste

Les événements ayant conduit à la déportation de Juda jusqu'à la domination Persane.

Sous Jojakim, nous l'avons vu, Juda est un État vassal de l'Égypte. De lourdes taxes (2 R 23:35) sont imposées à la population déjà appauvrie  par les guerres interminables qui devaient plonger tout le bloc dans une profonde récession.

Mais, par sa victoire aux dépens de Néco, lors de la bataille à Karkemisch, Babylone prit le contrôle des États vassaux de l'Égypte. Une expédition militaire contre Juda entraîna sa complète reddition à Babylone en 605, année de la montée de Nébucadnetsar sur le trône (Jé 25:1). Impudemment Jojakim se révolta et subit les assauts d'une coalition de maraudeurs Syriens, Moabites et Ammonites conduits par les Babyloniens (2 R 24: 2a). Son règne de 11 ans se consuma dans la misère. À sa mort, il fut remplacé par son fils Jojakin qui ne pouvait aucunement résister à l'armée de Nébucadnetsar. La détérioration des conditions de vie et la misère qui se généralisa entraînèrent la débâcle. Et en 598 av. J. -C, Juda tomba et l'on assista à la première vague de la déportation babylonienne (2 Ch 36: 6-10).

Jérémie, pour sa part, laisse comprendre que Babylone a envahi Juda plus d'une fois: "Voici ce que dit l'Éternel, le Maître de l'univers, au sujet des colonnes, de la grande cuve, des bases et et des autres ustensiles restés dans cette ville, ceux qui n'ont pas été pris par Nébucadnetsar, roi de Babylone, lorsqu'il a exilé loin de Jérusalem, à Babylone, Jéconia, fils de Jojakim, roi de Juda, et tous les notables de Juda et de Jérusalem..." (Jé 27: 19,20).

C'est à cette première vague de captifs que Jérémie écrivit sa lettre rapportée au chapitre 29 de son livre. Laquelle lettre était remise à Eleasa et à Guemaria deux ambassadeurs que Sédécias, dernier roi de Juda, envoya auprès du roi de Babylone (Jé 29: 3). Jérémie a voulu jouer la carte diplomatique pour sauver Juda, car il préconisa la soumission au roi de Babylone et conseilla aux déportés de travailler aux progrès du pays d'accueil. Jérémie bénéficiera de la clémence du monarque à la chute de Juda (Jé 49: 2-6).

Sédécias, vassal de Babylone, se révolta (2 Ch 36: 13). Et Nébucadnetsar envahit Juda à nouveau et le tourna à l'envers: "Nébucadnetsar emmena captifs à Babylone ceux qui échappèrent à l'épée; ils lui furent assujettis à lui et à ses fils, jusqu'à la domination du royaume de Perse" (Iran) (2 R 24:17-25:7; 2 Ch 36:20).

Les rois de Perse.

Témoignages de l'histoire universelle.

Nous sommes, à environ 180 années depuis que certaines inscriptions anciennes ont été découvertes, et avec d'autres sources d'information elles nous donnent une claire compréhension de la lignée des rois de Perse - des sources qui s'imposent comme: Hérodote, Xénophon, Ctésias et Nicolas de Damas qui ont vécu avant Jésus-Christ et Arrien du deuxième siècle après Jésus-Christ.

En 1846, l'importante écriture trouvée sur le rocher de Béhistoun, lequel s'élève à environ 1700 pieds à partir de la plaine, sur la principale route de Babylone en se dirigeant vers l'Est, a été admise comme celle dans laquelle Darius Hystaspis donna sa propre généalogie. Sur cette pierre, il se réclame comme la neuvième d'une succession de rois à partir de son père.

Sur cette pierre aussi, seuls les 2e à 5e, les 8e et 9e rois sont mentionnés. Cyrus le Perse et son fils Cambyse II ne sont pas cités pour des raisons non élucidées. Cependant, Darius Hystaspis qui dressa la liste, a bien déclaré qu'il était le 9e d'une succession de rois, ce qui, bien évidemment, doit inclure ceux qui n'ont pas été cités.

Hérodote, pour sa part, donne les 5 premiers des 9 rois persans et la Bible mentionne les 5e, 6e et 9e.

C'est donc vers l'histoire profane que nous devons nous tourner pour avoir les informations supplémentaires que la Bible ne donne pas.

Le 5e roi, Assuérus, était le mari d'Esther et père de Cyrus. C'est lui qui est cité dans Esther 1:1 et comme Darius le Mède dans Daniel 5:31. Il est également cité par Hérodote comme le 8e d'une succession de rois Lydiens et est appelé Assuérus mari de Vasthi qui a été déposée à cause de sa rébellion contre lui.

Dans une autre source connue sous le nom de: Cylindre de Cyrus le Persan, qui est cité dans Esdras 1:1; 6:14; És 44:28; 45:1, on trouve inscrit seulement les rois de la 3e à la 7e dynastie.

Il faut bien s'attendre à ce qu'il y ait quelques erreurs sur le compte de ces rois à cause de la manière dont les noms propres et les titres honorifiques sont cités et à partir des traductions faites dans d'autres langues. On a divers exemples: Pharaon d'Égypte; Abimélec de Philistie et d'autres comme Tsar, Sultan et Shah. Assuérus, signifiant le puissant, était le titre de 4 rois Médo-Perse; Artaxerxes, signifiant grand roi, était le titre de 4 rois Persans. Darius, signifiant le restaurateur était le titre utilisé par plusieurs de ces rois. Le Cyrus cité en Daniel 10:1, soulève également quelques questions sur son compte. Ce nom aurait-il une connotation honorifique? On s'empêche d'accepter qu'il soit Darius le Mède de 5:1; 6:1 et 9:1. Il n'y a pas moins de quatre (4) traditions évoquées par Hérodote et Xénophon au sujet de Cyrus. Le temps et l'espace nous interdisent de leur donner une certaine considération.

Mais pour davantage d'édification et la plus complète satisfaction de votre curiosité relativement à ce que la Bible enseigne, voyons ensemble ce que Daniel avait prophétisé concernant les rois de Perse jusqu'à Alexandre le Grand et vous réaliserez de vous-même qu'il y ait dans la Bible une précision des faits historiques digne de la mathématique.

"Maintenant, je vais t'annoncer la vérité.

Il y aura encore trois rois qui régneront sur la Perse. Le quatrième amassera plus de richesses que tous les autres et, quand il aura gagné en force grâce à ses richesses, il soulèvera tout le monde contre le royaume de la Grèce" (Da 11:2).

Ce texte et ceux qui le suivent dans ce même chapitre de Daniel, nous présentent un répertoire de 4 rois Persans et d'autres événements qui se succèdent d'une manière bien marquée.

Cyrus régna neuf (9) ans après qu’Assuérus ou Darius le Mède eut pris Babylone en 538 av. J.-C.

Cambyses II, fils de Cyrus, régna sept (7) ans, 527-520 av. J.-C.

Darius I régna 35 ans, 520-485 av. J.-C. Premier souverain Perse à s'attaquer à la Grèce, mais qui l'emporta sur lui à la bataille de Marathon en 490 av. J.-C.

Xerxes I régna 21 ans, 485-464 av. J.-C. Il était le roi Persan qui luttait de toutes ses forces contre le royaume de la Grèce. Mais, lui aussi échoua devant les Grecs en 480-479 av. J.-C.

Les rois de Perse après Xerxes.

Artaxerxes I, surnommé: "Longue-main", régna 40 ans, 464-424 av. J.-C.

Xerxes II régna seulement 1 an, 423 av. J.-C.

Darius II régna 19 ans, 423-404 av. J.-C.

Artaxerxes II régna 46 ans, 404-358 av. J.-C.

Artaxerxes III régna 20 ans, 358-338 av. J.-C.

Darius III régna 8 ans, 338-330 av. J.-C.

C'est lui qui a été défait par Alexandre le Grand dont l'empire succéda à celui des Mèdes et des Perses comme le 5e empire mondial à opprimer les Israélites.

Juda en exil, le combat pour la sauvegarde d'une identité au-delà de tous compromis.

Qu'on se rappelle qu'en 605 av. J.-C, Juda a subi la première invasion babylonienne. C'était pour écraser la rébellion de Jojakim qui fut déporté à Babylone. Il semble que par la suite, il avait reçu un sauf-conduit pour son retour à Jérusalem, car la Bible dit qu'il y est mort et y est enterré. À cette occasion un certain nombre de notables ont été déportés et le Temple de l'Éternel vandalisé (2 Ch 36:6).

Trois (3) ans plus tard (601), Juda était à nouveau face à son destin. Jojakin qui remplaça son père a dû affronter la plus puissante armée du monde d'alors. Au cours de cette conquête (la deuxième contre Juda), le pays était vidé. Voici, dans un tableau déchirant, la trame du récit de cette nouvelle invasion et de la déportation qui s'en est suivie, telle que présentée par l'auteur du Second livre des Rois: "Nébucadnetsar, le roi de Babylone, arriva devant la ville pendant que ses serviteurs en faisaient le siège.

Alors Jojakin, le roi de Juda, sortit vers le roi de Babylone avec sa mère, ses serviteurs, ses chefs et ses eunuques et le roi de Babylone le fit prisonnier. C'était la huitième année de son règne. Il emporta de là tous les trésors de la maison de l'Éternel ainsi que ceux du palais royal, il brisa tous les ustensiles en or que Salomon, le roi d'Israël, avait faits dans le Temple de l'Éternel...Il emmena en exil tout Jérusalem, tous les chefs et tous les hommes vaillants. Il y eut 10000 exilés, avec tous les charpentiers et les serruriers. Il ne resta que les pauvres du pays. Il exila Jojakin à Babylone et il emmena en exil de Jérusalem à Babylone la mère du roi, ses femmes, ses eunuques et les grands du pays, tous les guerriers au nombre de 7000, ainsi que les charpentiers et les serruriers au nombre de 1000, tous ceux qui étaient des hommes vaillants, aptes à la guerre. Le roi de Babylone les fit venir en exil à Babylone..." (2 R 24: 1; 11-16, in extenso).

Une annotation du verset 14 de ce texte dit ceci: "La politique de déportation des Babyloniens diffère de celle des Assyriens, qui exilaient la plupart des habitants et repeuplaient le pays en y amenant des étrangers; eux n'emmènent que les plus forts et les plus compétents, laissant les plus pauvres et les plus faibles diriger le pays. En confiant des responsabilités à ceux qu'ils laissent sur place, ils gagnent leur loyauté. Quant aux membres de l'élite, ils sont conduits dans des villes babyloniennes où ils sont autorisés à vivre ensemble, à travailler et à constituer une part importante de la société. Cela permettra aux Juifs de rester unis et fidèles à l'Éternel tout au long de leur exil et rendre leur retour possible à l'époque de Zorobabel, puis d'Esdras".

Cette migration forcée n'allait pas avec le chauvinisme juif. Sur la terre d'exil, ils formaient déjà le projet de retour en terre natale. Jérémie les en dissuada dans sa lettre (Jé 29:1-11). Car, ce faisant, ils s'opposeraient à la volonté du Dieu de l'univers qui a tout sous son contrôle.

Avant d'aller plus loin avec les Juifs de Juda dans leur parcours sur une terre étrangère (Babylone), voyons comment s'était produite la deuxième vague de déportation.

Nous résumons 2 Rois: 25: 1-21: Pour mater une révolte fomentée par Sédécias, oncle et remplaçant de Jojakin sur le trône de Juda, Nébucadnetsar monta le siège devant Jérusalem. Les habitants ont résisté pendant deux (2) ans. Le roi de Juda et ses suites ont voulu fuir par une brèche faite à la muraille. Mais l'armée babylonienne rattrapa les fuyards dans la plaine de Jéricho. Les fils de Sédécias ont été égorgés en sa présence, puis on lui creva les yeux; dans les fers, il a été conduit à Babylone.

Le 7e jour du 5e mois (Août) de l'an 586 av. J.-C (19 ans depuis que Nébucadnetsar était roi de Babylone), le chef de son armée avec ses gardes envahit Jérusalem. Il fit brûler la maison de l'Éternel, le palais royal, et toutes maisons d'une certaine importance. On laissa dans la ville de pauvres vignerons et d'agriculteurs. Les murailles formant l'enceinte de Jérusalem ont été démolies. Tous les ustensiles et les garnitures du Temple ont été brisés et emportés (de grandes richesses). Le grand prêtre Sereja, son adjoint Sophonie et trois (3) gardes du seuil, un eunuque chef de l'armée, cinq (5) conseillers du roi, le secrétaire du chef de l'armée chargé du recrutement des soldats et soixante (60) autres individus, non identifiés, ont été arrêtés puis conduits à Ribla en Syrie pour être exécutés devant Nébucadnetsar qui avait établi son quartier général en ce lieu.

Avec l'humiliation et la déportation de  Sédécias, la mise à sac de Jérusalem, de la destruction du Temple, de la mort du Grand Prêtre, de son adjoint et du démantèlement de l'armée de Juda, l'on vient d'assister à la démobilisation de tout le système de l'identité juive. Mais par le ministère des prophètes déportés comme Ezéchiel et Daniel, le royaume spirituel de Dieu sera maintenu dans le cœur d'un grand nombre d'exilés.

Cette élite, constituée de gens des plus doués, des plus compétents et des plus qualifiés dont il a été question plus haut, allait représenter la rampe de lancement pour l'établissement d'une véritable caste sur l'étendue de leur place d'accueil. Bientôt, dans les écoles, à l'université et dans l'administration publique, les Juifs, tout en conservant leurs coutumes ancestrales et religieuses, rivalisaient avec les autochtones et l'emportèrent sur eux. Ce qui, tout naturellement, ne manquait pas de leur susciter ennuis et ennemis. Comme en Égypte, ils se multipliaient et prospéraient; occupant des postes politiques des plus enviables. Leurs manières distinguées et les valeurs qu'ils défendent agaçaient, exaspéraient même ceux qui les détestaient. Ils ont été accusés, vilipendés, honnis.

L'une des plus éloquentes preuves de l'hostilité contre laquelle les Juifs durent se battre au cours de leur exil, nous est rapportée au livre d'Esther (sorte de roman historique). Un certain Haman, n° 2 de l'Empire médo-perse, descendant d'Agag, roi des Amalécites, voua une haine ancestrale implacable à l'endroit de Mardochée, descendant d'une famille des Juifs déportés, et qui exerçait, à l'époque, des fonctions officielles parmi les exilés. Haman, plein d'autorité, se sentait menacé parce que Mardochée ne lui rendit pas les honneurs qui étaient dus à son rang. Des renseignements recueillis de sources sûres lui révélèrent que Mardochée était de la race de ses ennemis jurés. Il décida alors, non seulement de l'éliminer, mais aussi de résoudre une fois pour toute la question juive. Le temps favorable étant arrivé, Haman exposa au roi les chefs d'accusation qui consacreraient le génocide des descendants d'Israël. Il dit donc: "Il y a dans l'ensemble des provinces de ton royaume un peuple unique, bien que dispersé, qui reste bien à part parmi les peuples. Il a des lois différentes de celles de tous les autres peuples et n'appliquent pas celles du roi. Le roi n'a aucun intérêt à le laisser tranquille. Si donc tu le juge bon, qu'on donne par écrit l'ordre de les faire disparaître. Ce sont 300 tonnes d'argent que je remettrai aux fonctionnaires pour le trésor du roi" (Est 3: 8 et 9).

Le roi acquiesça, l'édit est scellé et les lettres envoyées dans toutes les provinces déclarèrent formellement qu'il fallait en un seul jour "exterminer, massacrer et supprimer tous les Juifs, jeunes et vieux, petits-enfants et femmes, et procéder au pillage de leurs biens" (Est 3: 13). On est en l'an 473 av. J.-C, pour certains historiens.

De toute façon, chez les Juifs, c'était la consternation. Ils menaient grand deuil, jeûnaient et se lamentaient en couchant sur le sac et la cendre. Mais, une reine, de leur race, providentiellement intronisée, intercédera en leur faveur auprès de son mari, signataire de la loi irrévocable. Elle obtient une faveur exceptionnelle. Les Juifs, in extremis, l'ont échappé belle. Depuis, ils célèbrent leur: Fête des Pourim, en souvenir de ce jour d'angoisses mortelles provoquées par l'édit de Suse. Les références au livre d'Esther (9: 20, 21, 27 et 28; 31 et 32) où ces faits sont rapportés insistent sur l'obligation de pérenniser les réjouissances consécutives à la révocation de l'ordre de les exterminer. C'est pourquoi, plus de 1500 ans après, ce peuple, plutôt bizarre, commémore quelque chose ressemblant au carnaval haïtien.

D'où vient alors qu'il n'y aurait, dans la Bible, rien d'historiquement vrai? L'évidence est plutôt dans les faits socio-politico-historiques et culturels.

Nos sources admettent, toutefois, que certains critiques textuels ou exégétiques rejettent l'authenticité de l'histoire d'Esther, non seulement à cause des coïncidences, mais surtout des lacunes des archives perses.

Tout compte fait, il aurait été étonnant qu'un auteur, simplement par désir du merveilleux, rapporterait de tels faits et oser, en même temps, déclarer: "...cela est décrit dans les annales des rois des Mèdes et des Perses" (Est 10: 2b). Ce ne serait pas moins difficile d'accepter pour vrai que les 120 scribes consacrés à la formation du Canon des Écritures juives y insèreraient un document (témoignage à l'honneur d'une femme, quand la Bible est à dominance masculine) dans lequel les faits rapportés relèveraient de la fiction.

Il est, pour le moins, déconcertant de voir que les critiques textuels qui "vantent leur spiritualité" échouent ou sont en porte-à-faux au regard du rôle éminemment prophétique de l'histoire d'Esther.

Esther est le drame où se joue l'un des plus grands actes rédempteurs de Dieu. Chaque haut fait de l'Ancien Testament a valeur de signe prémonitoire. C'est peut-être pourquoi, les guides spirituels du peuple juif ont classé les livres historiques parmi les prophètes. Car, l'histoire juive est prophétique. C'est une description, avant la lettre, de ce que l'humanité devra souffrir face à son ennemi de toujours qui ne jure que par son anéantissement.

Or, puisque Israël marque le temps pour Dieu; puisqu'il est le type auquel Dieu tend la main pour sa délivrance (rédemption), mais raidit son coup, il est démontré, à travers Esther, que l'ennemi n'aura pas le dernier mot. Même dans la manifestation la plus extrême du rejet de Dieu, si dans un élan désespéré, l'on réclame Son secours, Son salut se déploie, tout bonnement, mais puissamment, à l'endroit de l'objet de Son amour.

L'exil est impie, a-t-on dit. Les déportés de Sion ont exprimé les affres de ce crime dans de frêles immortelles: "...ceux qui nous haïssent enlèvent nos dépouilles. Tu nous livres comme des brebis à dévorer, tu nous disperses parmi les nations... Mais, c'est à cause de toi qu'on nous égorge tous les jours, qu'on nous regarde comme des brebis destinées à la boucherie" (Ps 44: 10,11,23).

"Sur les bords des fleuves de Babylone, nous étions assis et nous pleurions, en nous souvenant de Sion. Aux saules de la contrée nous avions suspendu nos harpes. Là, nos vainqueurs nous demandaient des chants, et nos oppresseurs de la joie: chantez-nous quelques-uns des cantiques de Sion! Comment chanterions-nous les cantiques de l'Éternel sur une terre étrangère? Si je t'oublie, Jérusalem, que ma droite m'oublie!" (Ps 137: 1-5).

"O Dieu! Les nations ont envahi ton héritage, ...Qu'on sache, en notre présence, parmi les nations, ...que les gémissements des captifs parviennent jusqu'à toi!" (Ps 79: 1, 10, 11).

Voyez, si la Bible n'a rien d'historiquement vrai, Israël n'a pas été déporté, les Juifs n'ont pas connu l'exil. Mais voilà que le rappel historique est fait en poésies et chansons. Preuve que la conscience nationale était imbibée de l'exil.

Et, comme l'a si bien exprimé l'un de nos poètes exilés dans: "Hadriana dans tous mes rêves", pour dire qu'il songeait à son pays natal, Sion était dans tous les rêves des Juifs expatriés. Mais, leur dispersion ne les a pas annihilés. Le rêve du retour à Sion, comme une force magnétique les a retenus solidement attachés. D'ailleurs, l'histoire universelle retient que depuis le VIe siècle av. J.-C, le terme "Diaspora" est attribué à l'ensemble des communautés juives établies hors de la Palestine.

Quand on n'entend plus parler d'Assyriens ni de Babyloniens, le peuple juif refuse de mourir. Leur nation, plusieurs fois démembrée, a été réunifiée et leurs villes reconstruites. Leur survie est le plus grand miracle de toute l'histoire de l'humanité. Et leur retour sur la terre d'où ils ont été expulsés fait partie des prédictions les plus remarquables qui soient: "Car je te délivrerai de la terre lointaine, je délivrerai ta postérité où elle est captive, Jacob reviendra..." (Jé 30:10).

En ce premier quart du XXIe siècle après J.-C, Jérusalem vient d'être proclamée, comme elle a toujours été depuis 3000 ans, capitale de l'État d'Israël. Preuve par neuf de la véracité historique des rapports consignés dans cette partie de la Bible appelée: Ancien Testament.

(À suivre).

Past. Jn. Fred Bourdeau 
Quartier Général Église de Dieu
13, Rue Aubry Canapé-Vert

jnfbourdeau@yahoo.com

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