Les petrochallengers ne s’associent pas à la démarche du dialogue lancé par le président Jovenel Moïse

Les petrochallengers issus notamment de la structure « Nou p ap dòmi » prennent leurs distances face à la logique du dialogue qu’entend gérer le président, qui vient de créer et d'installer le comité de facilitation du dialogue national inter haïtien.Selon la pétrochallenger Emmanuela Douyon, invitée le lundi 25 février sur Télé 20 à  l’émission « Haiti, sa k ap kwit », cette démarche ne correspond pas aux revendications des petrochallengers qui mènent leur combat contre la corruption, l’impunité et surtout qui demandent des comptes sur la mauvaise utilisation du fonds PetroCaribe dans le pays.  

Publié le 2019-02-27 | lenouvelliste.com

Intervenant comme perochallenger appartenant au groupe « Nou p ap dòmi », Emmanuela Douyon estime que le président ne peut pas lancer le dialogue sans clarifier, d'entrée de jeu, sa part de responsabilité dans ce qui lui est reproché dans le rapport de la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif (CSC/CA) faisant mention du nom du chef de l’État dans un dossier qui doit être clarifié. En tant que chef d’Etat, il doit être au-dessus de tout soupçon. Il doit donner le signal clair et montrer qu’il mérite la confiance de la population, avance-t-elle.

À la question de savoir si, au sein de la structure, ils sont favorables à une démission de Jovenel Moïse du pouvoir, Emmanuela Douyon revient sur le rapport de la Cour des comptes. À ce stade, la petrochallenger estime qu’il est suspect que le nom du président soit cité dans le plus gros scandale de corruption que le pays n’ait jamais connu. « Nous demandons au président de se mettre à la disposition de la justice afin de clarifier son implication », indique Emmanuela Douyon, soulignant qu’il faut une volonté politique pour combattre la corruption.  

Au niveau de « Nou p ap dòmi », nous veulons arriver au procès PetroCaribe, nous engager, du coup, dans la lutte contre la corruption. Même si ces petrochallengers partagent certaines revendications d’une frange de l’opposition démocratique, Emmanuela Douyon précise qu’ils ne se rangent pas dans une logique d’opposition au pouvoir. Il s’agit d’un mouvement qui se taille désormais sa propre place dans la société.  « C’est un espace où des citoyens engagés peuvent s’exprimer sur ce qui concerne leur pays », clarifie-t-elle.  

Pour le moment, au niveau de la structure de « Nou p ap dòmi », les petrochallengers travaillent sur un « pacte solennel pour la dignité d’Haïti » compte tenu de la conjoncture de crise. Avec ce pacte, différents acteurs sont appelés à trouver un modus operendi dans l’intérêt d’Haïti. D’abord, s’entendre sur la tenue du « procès PetroCaribe et combattre l’impunité», ensuite s’engager à trouver des solutions haïtiennes  aux problèmes de la société sans ingérence internationale, enfin, bannir la voie de l’agression et de la lutte armée afin d’arrêter l’escalade de violence connue dans le pays.



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