Le pitimi veut trouver une nouvelle place au soleil

Publié le 2019-01-30 | Le Nouvelliste

Le pitimi fait la une du Nouvelliste de ce jeudi. Le petit mil ou sorgho a rarement les honneurs de la presse. Cette céréale a longtemps été celle des plus pauvres parmi les pauvres. Quand venait le temps de choisir ce que l’on voulait manger, elle arrivait après le riz. Après le maïs. Après le blé.

Depuis quelque temps, parce qu’un groupe d’entrepreneurs s’intéressent à la commercialisation de ce produit, parce que la Brasserie nationale d’Haïti (BRANA), membre du groupe Heineken, a décidé de modifier ses formules (Malta H en particulier et la bière Kinanm) pour y intégrer le sorgho, le petit mil a changé de statut. Dans les choix alimentaires il n’a toujours pas la cote, mais il a trouvé un gros acheteur.

Déveine de produit mal-aimé, une maladie n’a pas tardé à frapper la production nationale de cette céréale. La production a drastiquement chuté ces dernières années. L’université Quisqueya et des partenaires internationaux ont permis de développer une nouvelle variété, PapèPichon, qui résiste et permet d’espérer le retour aux tonnages d’avant la pandémie.

En moins de cinq ans, le pitimi est passé de culture par habitude à des plantations scientifiques. Sur la route 9, avant d’arriver au parc olympique de Canaan, on peut voir des ouvriers agricoles, des tracteurs, des systèmes d’arrosage et des plantations de mil sur plusieurs centaines d’hectares. C’est une grande première en Haïti.

Pour aider à valoriser et à renforcer l’économie nationale,  le ministère du Commerce et de l’Industrie, le ministère de l’Agriculture, des Ressources naturelles et du Développement rural, le Centre de facilitation des Investissements, la USAID, la Banque interaméricaine de développement et d’autres partenaires sont autour du berceau de la renaissance du sorgho et de sa transformation en intrant pour l’agro-industrie.

Dans l’interview qu’il accorde au Nouvelliste, Kenneth Michel, PDG / CEO  de Etoile du Nord S.A, les Céréales des Planteurs aux Consommateurs, un de ceux qui ont parié gros sur le petit mil en Haïti, ne cache pas les problèmes de la filière. Pour Le Nouvelliste, il évoque son choix de produire, les potentiels et les difficultés de cette denrée.

L’Etat peut faire plus pour le petit mil. Comme il peut faire mieux et plus pour plusieurs autres produits. Si un jour nous aspirons à renforcer la production nationale et à maximiser nos potentialités.

Frantz Duval Auteur

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