PAPJAZZ/ scène Barbancourt/22 janvier 2019

Une deuxième soirée captivante, équilibrée au PAPJAZZ

Publié le 2019-01-24 | lenouvelliste.com

Ces concerts du 22 janvier 2019, sur la scène Barbancourt à l’UNIQ nous ont pleinement satisfait. Ils étaient ouverts au grand public, au goût général, sans tomber dans la facilité, sans complaisance majeure.

La M.C. Béatris Compère a annoncé successivement les trois groupes de la soirée : le quartette guyanais Denis Lapassion avec son jazz afro-amazonien ; à nouveau, le quintette de la chanteuse canadienne Barbra Linca ; le groupe suédois «Simbi» amoureux fou de la musique «racine haïtienne».

Denis Lapassion «feat» Étienne Mbappé. Le pianiste guyanais est le leader d’un quartette avec pour autres membres le bassiste Étienne Mbappé, le batteur excellent Félix Sabal-Lecco. La chanteuse et percussionniste, Régine Lapassion, sa femme.

Denis Lapassion, dès l’âge de 9 ans, a pris des cours de piano classique, après des expériences dans le monde du gospel et du négro-spiritual, il entreprend seul, à l’âge de 16 ans, d’étudier le jazz où il excelle.

Sa musique est un mélange de rythmes guyanais et de concepts mélodiques traités de manière jazzistique par les improvisations et les harmonies. Il joue aussi des rythmes et genres américains. Il compose des morceaux instrumentaux et des chansons. Nous avons découvert des rythmes traditionnels guyanais, tels le « Kasekò» et le « graje». Nous avons goûté aux mélodies chantées par Régine Lapassion avec sa belle voix.

Nous retenons de son programme la chanson « Préjugés», « Soul attitude» sur rythme «binaire» du batteur (rythme américain), «Introspection» répétitif et hypnotique sur un «graje» accéléré, «Wanio» une chanson sur la quête désespérée de l’eau et sur son gaspillage, avec un rythme évoquant le «Dahomen» haïtien.

- Barbra Lica et son quintette

Que dire de plus de la chanteuse canadienne qui a chanté le dimanche 20 janvier 2019 au Karibe ? Sinon qu’elle portait cette fois une magnifique robe rouge et que nous avons pu mieux apprécier son répertoire à base de ses chansons d’auteure-compositrice, de son goût pour la musique «country» swinguée et «jazzy» ; de deux thèmes du vrai jazz : « So in love with you» et d’une chanson de Duke Ellington, bluesy dans la manière.

Barbra Lica : une bonne chanteuse rappelant Péggy Lee, Doris Day et Stacey Kent. Un rendement propre, honnête et simple.

- Simbi et invités

C’est le groupe des «Haïtiens aux yeux bleus», comme on les surnomme, tant ces Suédois à la peau blanche aiment et ont assimilé l’âme et l’énergie de la musique folklorique haïtienne. Ils sont, en fait, à l’origine du regain d’engouement pour la musique «rasin» de notre pays, de son réveil et renouveau, dès les années 80 du dernier quart du XXe siècle, stimulant et épaulant des groupes comme «Boukman Eksperyans», pour leur rayonnement à l’étranger.

Trois souffleurs : Sax Baryton et soprano, percussion arrangements (Sten Kallman) ; une trompette ; un trombone. Un bassiste, un guitariste, un claviériste et accordéoniste, une chanteuse- percussionniste. Deux percussionnistes-tambourineurs et haïtiens invités : Samba Zao, bon chanteur, et sa fille Adja Mele.

Ces musiciens ont émerveillé et enflammé l’assistance par leur amour sincère, leur grande sensibilité pour notre folklore musical. Leurs profondes connaissances musicales. Magie. Incantations merveilleuses. De quoi mettre en déroute les notions figées d’acculturation, d’assimilation.



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