André Pierre, peintre de la mythologie vodou

Publié le 2005-08-08 | lenouvelliste.com

Ils étaient en nombre imposant ce vendredi au Centre d'Art pour rendre hommage à l'un de notre rare peintre-hougan André Pierre. Etudiants, amants de l'art, journalistes et écrivains l'ont tous honoré par leur présence. Pour Mme Murat Francillon, il est plus intéressant de rendre hommage à un artiste de son vivant qu'à sa mort. André Pierre, ajoute-t-elle, est un des plus grands noms de la peinture haïtienne. Une visite d'une heure de temps, à cette journée d'hommage organisée au Centre d'Art, suffit pour vous emmener dans un autre univers. Celui d'un géant de la peinture naïve haïtienne, âgé de 91 ans. Des figures mythiques, des rituels, une constance de la nature et de couleurs vives... sont autant d'éléments à remarquer en promenant le regard sur les toiles du peintre. « Je n'ai jamais eu de maître (....), tout est mystère », déclare-t-il dans un film documentaire. Cependant, son interprétation de la nature, l'utilisation des couleurs vives dans ses oeuvres, la constance du mystique, sa perception spirituelle qui s'extériorise par des rituels, des loas,.. le rapprochent du fauvisme et de l'expressionnisme abstrait. Deux mouvements qui ont marqué le monde pictural au début du vingtième siècle. Une journée réussie Pour aider le public à mieux connaître l'artiste, deux tableaux affichant des textes bibliographiques vous accueillent à l'entrée du Centre d'Art. Tableaux devant lesquels est massée une foule curieuse et soif d'information. Dans la salle d'à côté, l'écrivain Georges Castera apprécie un show de tambours. Un buste en bronze d'André Pierre est planté au beau milieu d'une autre pièce. OEuvre du sculpteur Ludovic Booz pour qui André Pierre est plus qu'un artiste. Ce buste est reproduit sur une feuille blanche par Guillano Juste, étudiant en art plastique à l'Ecole Nationale des Arts (ENARTS). Environ une trentaine de minutes plus tard, un calme est constaté. Tout le monde se réunit devant le petit écran placé au bureau de Mme Murat. Projeté à l'écran : « André Pierre, celui qui peint le bon ». Film documentaire sur la vie du peintre, réalisé par Arnold Antonin. En tout début du film, le hougan secoue sa bouteille tout en disant : « pa gen yon nanchon k pa bwè nan boutèy sa ». Ces mots ont provoqué le rire dans la salle. Il est deux heures de l'après-midi. On s'attendait encore à sa visite. Des préparatifs sont en train d'être faits. Comme pour faire passer le temps, les étudiants de l'ENARTS ont créé l'animation. Roulements de tambours, chants vodouesques et engagés, boissons alcoolisées, éparpillement dans l'air de la fumée de cigares... tout se mélange. Peu à peu, cela s'est transformé en une ambiance de retrouvailles. Parallèlement, d'autres activités ont été prévues pour rehausser cette journée d'hommage, au Musée du Panthéon Nationale (MUPANAH), à la fondation culture et liberté (FOKAL) et aux ateliers Jérôme. Le tout a été coordonné par la Fondation Culture et Création. Quelques titres de ses oeuvres Erzulie Fréda, col. Gal. Flamboyant ; Cérémonie Damballah, col. Gal. Monnia ; les Esprits Pétro ; le retour en Afrique, col.Hudicourt Barnes ; Damballah Aïda-Ogou, Col. Atelirs Jérôme ; Damballah Ouèdo.
Jean Gardy Gauthier
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