Soirée d’hommage rendu à l’Orchestre Septentrional dans les jardins du Mupanah

Louis Islam Etienne présente l'Orchestre Septentrional

Publié le 2019-01-11 | Le Nouvelliste

National -

Excellence, Monsieur le Président de la République

Monsieur le Premier ministre

Mesdames, Messieurs les Ministres

Madame la Directrice du Bureau du droit d’auteur

Mesdames, Messieurs les Membres de la presse parlée, écrite et télévisée

Mesdames, Messieurs les musiciens

Distingués invités

Mesdames, Messieurs,

On ne saurait parler de l’orchestre Septentrional sans évoquer deux noms en substance : le premier est celui de Jean Meneau, guitariste, professeur de guitare classique, aîné et maestro du quatuor septentrional, un homme effacé, affable, très peu bavard et peu connu, mais productif, imposant et discipliné. Il fut le premier maestro de Septent. Il est mort à New York dans l’anonymat le plus complet.

Ce quatuor ressemblait beaucoup plus à un jazz de famille qu'à un groupement quelconque, tellement les liens étaient proches. Ses membres avaient le support de leurs parents. Ce quatuor était composé des personnalités suivantes:

• Jean Meneau, qui était un employé au ministère des TPTC ;

• Léandre Fidèle, frère consanguin de Jean Menuau, son cadet de deux ans ; il pratiquait le chant, jouait au bandjo et à la guitare. Il était aussi employé au ministère des TPTC;

• Théodule Pierre, cousin utérin de Léandre Fidèle. C’était le fils de Georges Pierre et d’Aline Janvier qui était la sœur de Rosa Fidèle, la mère de Léandre Fidèle ; il chantait en chœur et jouait aux percussions. Il était aussi employé au ministère des TPTC;

• Raymond Jean-Louis, l'un des plus grands techniciens en électricité dans le département du Nord, sérieux et de bonne réputation, un ami d'enfance des trois autres musiciens du quatuor. Il jouait à la guitare et chantait en chœur. Il travaillait comme électricien pour l'usine de sisal de la plantation Dauphin à Phaéton.

Ces quatre (4) jeunes se transformèrent en troubadours et ne ratèrent jamais une occasion pour interpréter les chansons tendres de Tino Rossi et de Lucienne Boyer, le second est celui d’Ulrick Pierre-Louis, plus jeune, plus fougueux, dynamique, un homme de vision et de responsabilité, un musicien et un compositeur consommé, leader et le plus jeune du trio symphonia, recordman de productivité comme compositeur, de longévité comme le plus ancien maestro de sa génération, deuxième maestro de l'Orchestre Septentrional.

Autrefois, on enseignait la musique dans les lycées comme matière classique avec la même rigueur et les mêmes exigences que les maths et la physique. La pratique se faisait à travers les séances académiques. Les étudiants qui étaient les plus doués ou encore ceux qui avaient la musique dans le sang saisissaient l'occasion pour monter leurs propres groupes musicaux devant animer ces séances.

On les réalisait le 18 novembre, à la veillée de Noël, pour le carnaval, pour la fête de Pâques, pour la fête des professeurs le 17 mai, pour la fête des Mères et pour la fête de clôture de l'année scolaire avant la remise des carnets. Ainsi, Jacob Germain, Jacques Monpremier et Ulrick Pierre-Louis, élèves du lycée et musiciens en herbe au cours de l'année 1941-1942, formaient le Trio Symphonia et animaient les activités du lycée. Ulrick était le maestro du trio.

Ulrick avait perdu sa mère depuis 1935. Il n’avait même pas l’âge de raison. Il était en classe de 2e au lycée et n'avait que 18 ans lorsque son père Constant Pierre Louis mourut à son tour. Son seul atout pour survivre, c'était ses connaissances musicales.

Au cours de cette même année 1946, trois musiciens bien connus : Claudin Toussaint, alias Vye Tonton, Philippe Brave et Marcel Pierre, alias Masel Biff qui évoluaient au sein du jazz Youyou, l'abandonnèrent pour regagner le groupe rival, le Jazz capois fondé en 1941, le Jazz capois est l'ancêtre de l'actuel Orchestre Tropicana d'Haïti. Le jazz Youyou avait donc trois postes vacants, les trois musiciens du Trio Symphonia du lycée ont ainsi remplacé les trois musiciens qui avaient laissé le groupe. Ulrick intégra le jazz Youyou comme guitariste.

Ainsi, le 19 mars 1947, le jazz Youyou devait honorer un contrat à Bahon à l'occasion de la Saint-Joseph pour un cachet de 150 gourdes. C'était aussi une habitude de saluer les autorités civiles et militaires et les notables de la localité à leur arrivée et en retour, il gratifiait l'orchestre d'un pourboire intéressant pour compléter le cachet.

Le commandant militaire de Bahon d'alors se déroba avant même la fin de l'exécution de la salutation traditionnelle sans exécuter le geste tant attendu des musiciens. La déception se lisait sur tous les visages et notamment sur celui d'Ulrick. C'était la goutte d'eau qui allait faire déborder le vase. Il s'est senti indigné, humilié et touché dans son amour propre.

Généralement les musiciens profitent de la pause pour se désaltérer, aller aux toilettes ou encore rencontrer des amis. Ulrick, lui, avait d'autres idées en tête. Il profita du déplacement de Joseph Pierre, le saxophoniste ténor du groupe, pour s'amuser avec son instrument dont il avait une idée du maniement. Il a été publiquement pris à partie par le maestro Youyou qui croyait qu'Ulrick voulait jouer au saxophone pour prendre sa place parce que lui aussi jouait au saxophone alto.

Ulrick, qui s'apprêtait à fêter son 19e anniversaire le 20 septembre 1947, avait mal digéré les observations publiques du maestro Youyou, décida de mettre fin immédiatement à son contrat et vida les lieux en entraînant certainement avec lui les deux autres membres du Trio Symphonia. Ils étaient venus ensemble et ils sont aussi partis ensemble sans envisager quelle serait leur plus prochaine destination. Ils n'avaient plus ni cadre de référence ni instruments.

Après de multiples démarches, le Trio qui reçut des frères Fatal une vieille trompette et un saxophone usage, s'est remis rapidement au travail :

• Jacques Monpremier s'adonna à l'apprentissage de la trompette.

• Jacob Germain se perfectionna à la technique des percussions et à la pratique du chant.

• Ulrick Pierre-Louis s'entraîna tout naturellement au saxophone. Le Trio Symphonia prenait son envol, toute la ville du Cap en parlait.

Il s'est frayé un chemin malgré les préjugés et les difficultés, et les premiers cachets commençaient à arriver. Le trio devient de plus en plus sollicité.

Le quatuor n'avait dans ses rangs que des professionnels qui faisaient de la musique comme passe-temps. Et ils la faisaient avec passion, tandis qu'au niveau du Trio, les membres vivaient de la musique. C'étaient des musiciens professionnels.

A cette époque, les activités socioculturelles prenaient de l'ampleur dans la ville à partir des Cercles littéraires. Ils utilisaient, pour leurs activités mondaines, les services ou bien du Trio ou bien du quatuor. Ainsi, lorsque le Cercle Aurore, qui était présidé par Maître Frédérique Magny, demanda au quatuor d'animer une activité mondaine à l'occasion de la fête du Drapeau le 18 mai 1948, le quatuor a senti le besoin de se renforcer pour être à la hauteur de l'événement et décida d’inviter Ulrick en renfort comme saxophoniste à cette activité.

 

Ulrick répondit favorablement à l'invitation moyennant que les deux autres membres du Trio soient aussi associés au projet. Après la première répétition, ils ont fait venir deux musiciens pour compléter le groupe : Jacques Pierre alias Bòs Pyè au saxophone aux côtés d'Ulrick et Emile Obas comme trompettiste. La soirée du Cercle Aurore fut un succès tant au point de vue de la participation que de celui de la satisfaction du public. On se posait déjà des questions sur l'avenir de ce groupe.

Madame Cazalès Duvivier faisait venir régulièrement de Port-au-Prince les groupes musicaux les plus en vogue et les plus prestigieux pour animer les soirées champêtres tels que le groupe de Murat Pierre et celui de Nono Lamy. Elle s'adressa cette fois-ci à Jean Menuau pour un contrat d'animation de deux soirées dansantes, dont une à Plaine du Nord le samedi 24 juillet 1948, et l'autre à Limonade le dimanche 25 juillet 1948 pour un cachet de 350 gourdes. Sa proposition fut accueillie chaleureusement et le groupe des neuf se mit au travail pour mieux coordonner le jeu d'ensemble. Les deux soirées ont connu un succès fou. La satisfaction se lisait partout.

Du côté du public, l'expérience était tellement positive et l'impact maximum qu'il a demandé une novelle soirée dansante. Le 26 juillet 1948 était un lundi, le premier jour ouvrable de la semaine. Les musiciens du quatuor devaient regagner leurs postes à partir de 8 h a.m. Mais la détermination, le courage et la volonté de ces forgeurs de destin étaient plus forts que toute autre chose.

Ils se sont mis d'accord pour la soirée improvisée, et elle a eu lieu magistralement. Cette soirée improvisée a été extraordinaire. Le taux de réussite était nettement plus élevé et de beaucoup que les deux précédents malgré les conditions difficiles que nous venons d'invoquer. Dans l'ensemble, le groupe des neuf a réussi une tournée mémorable, inoubliable et historique

 

Fort de cette victoire inattendue et de ce succès éclatant, dans le camion qui les ramena au Cap-Haïtien, ils se sont promis de rester groupé et ensemble sous le nom de Jazz Septentrional: il était 4h 20 du matin et le mardi 27 juillet 1948. Lors de la soirée improvisée du lundi 26 juillet 1948, Emile Obas, qui était un enrôlé des FAD'H, a dû rentrer au Cap-Haïtien pour reprendre service dans la matinée du lundi. Les lois militaires ne sont pas les mêmes que les lois civiles. Il a dû être remplacé par le trompettiste Rigaud Fidèle, le frère cadet de Léandre Fidèle, transfuge du Jazz capois.

Pour l’histoire, nous vous communiquons la liste des neuf membres fondateurs du Jazz Septentrional 1) Jean Meneau (maestro), Léandre Fidèle, Théodule Pierre et Raymond Jean-Louis du quatuor septentrional 2) Jacques Monpremier, Jacob Germain et Ulrick Pierre-Louis du Trio Symphonia 3) Jacques Pierre, alias Bòs Pyè, musicien indépendant 4) Rigaud Fidèle (transfuge du Jazz capois).

Apres avoir honoré tous les engagements liés a l’organisation de cette soirée d’anthologie ainsi que les frais de transport des instruments et des musiciens ; ils ont partagé les recettes sur un morceau de papier au dos de l’école de Droit de la ville du Cap- Haïtien. Chaque musicien recevait avec une certaine fierté une gourde et trente-cinq centimes.

Après le Sonora Martancera de Cuba fondée le 12 janvier 1924 qui a fonctionné pendant 80 ans jusqu’en 2004 et l’orchestre Aragón de Cuba qui prit naissance le 30 septembre 1939, l’Orchestre Septentrional détient le record de longévité mondial. Il a commencé à enregistrer ses compositions sur disque en 1963, soit plus de (15) quinze années après sa fondation. Lorsqu’on dit Septent on parle de plus de sept cents titres (700) sur soixante-dix-neuf (79) albums, sur tous les supports du "78 tours" au CD.C’est le moment pour nous de remercier tous les anciens musiciens qui nous ont légué cet héritage sacré.

Observons un moment de recueillement à leur endroit !

Ulrick Pierre Louis reste et demeure le musicien le plus prolifique dans toute l’histoire de la musique haïtienne avec 136 compositions gravées sur compact disque (musique et paroles confondues) ajoutées à celles qui ne sont pas comptabilisées. Alfred Moïse, son dauphin, trompettiste de son état, représente à lui seul un démon musical. A eux deux, ils ont réalisé plus du tiers da la production musicale de Septent.

C’est un legs précieux pour les générations à venir. Aujourd’hui encore, l’orchestre fonctionne à temps plein et à plein régime avec une moyenne d’âge de 24 ans. Cette discographie, à elle seule, constitue un palmarès éloquent, qui prend en compte non seulement les compositions de l’orchestre sur cinquante-cinq albums (55), mais également une (30) trentaine de disques réalisés avec d’autres artistes que l’orchestre a accompagnés de manière prestigieuse.

Septent a aussi vécu des moments extrêmement difficiles pour arriver à ses 70 ans. Ses musiciens devenus de véritables professionnels n’arrivent pas toujours à vivre du fruit de leur travail. Leurs compacts disques, fruit de plusieurs années de travail, sont généralement piratés et vendus a la criée publique sans aucune protection de l’Etat. La loi sur les droits d’auteur est encore dans les limbes.

La musique étrangère occupe en pole position les meilleures heures d’antennes et d’écoute de nos stations de radio et de télévision. L’Etat ne protège pas la production nationale. Il ne garantit pas non plus la pérennité des orchestres musicaux. Il n’offre aucune assistance, ni visibilité aux artistes, encore moins à leurs œuvres. Aucune portion du budget national n’est allouée aux artistes ni aux orchestres.

Chaque musicien en tant qu’acteur de sa destinée, a choisi délibérément sa route. Mais une ossature compacte et solide a gardé le flambeau comme un sémaphore à travers des décennies jusqu'à faire de Septent l’un des plus anciens orchestres du monde. La révolution de 1955 a apporté de l’eau au moulin de Septent avec l’arrivée de l’immortel Roger Colas qui a marqué plusieurs générations de mélomanes et de l’ineffable Loulou Etienne.

 

Roger Colas est l’une des plus grandes figures de la chanson. Il a laissé un vide qui n’est jusqu'à présent pas comblé dans la musique haïtienne. Il a su défier le temps et rester dans les mémoires. Sa discipline, sa combattivité, son éthique de travail et surtout ses talents d’articulation et ses qualités de polyglotte ont fait de lui l’un des plus grands artistes chanteurs du siècle passé. Il représente malgré cet écart de plus d’un quart de siècle depuis qu’il n’est plus de ce monde, une mine d’or inépuisable pour le pays au point de vue culturel. La prestation de son compère du micro, le duc Michel Tassy n’est pas à négliger. Pendant 53 ans et de manière continue, il a délivré sans aucune défaillance l’évangile de Septent.

Le Nord d’Haïti est non seulement héroïque par son histoire mais encore historique par sa musique. Ce soir, le Nord est à l’honneur et nous en sommes très fiers ! C’est le seul département où sont nés les deux plus grands et les deux plus anciens orchestres du pays avec chacun leurs Night Club respectifs.

L’Orchestre Septentrional ne saurait ignorer en ce moment solennel, l’existence et l’importance de son frère ennemi, l’Orchestre Tropicana. Septent et Tropic sont des modèles d’organisation et de persévérance. Ils sont les principaux projecteurs qui attirent les regards sur la discographie haïtienne. Ces deux orchestres ont gagné leurs galons sur le champ de bataille. Ce sont les deux ailes du même oiseau.

Les lames de vitres de leurs fenêtres constituent des émonctoires par lesquels ils transmettent leurs émotions qui font toujours sensation. Ces deux orchestres sont de véritables institutions qui se sont intégrées dans la vie de la nation et qui remplissent avantageusement l’espace socioculturel haïtien. On ne saurait parler de bonne musique en Haïti sans nous. On ne saurait rechercher les anciens et les grands, sans parler de nous. 55 ans de performance ; il faut le faire. Bravo Tropic ! Merci Tropic !

Pour que l’expérience de Septent serve d’exemple et de modèle aux groupes musicaux actuels et futurs ; pour qu’il y ait autant d’hommages rendus aux artistes et orchestres haïtiens pour leur constance, leur engagement et leur fidélité à la cause, à l’avancement et à la vulgarisation de la culture haïtienne, l’Etat doit s’engager encore plus en envoyant aux groupes musicaux des signaux clairs et précis.

 

Après 70 ans de fonctionnement, la reconnaissance d’utilité publique reste et demeure un os creux. Elle n’a rien apporté de concret et de tangible ni

à l’orchestre ni à ses projets durables et innovants. La gestion des héritiers et des musiciens retraités représentent le poids le plus lourd du budget. Dans l’intervalle, pour pérenniser l’Institution Septentrionale et diversifier les ressources, les dirigeants nourrissent de très grandes ambitions que les maigres recettes des bals ne permettent pas de réaliser :

1. La création de l’école de musique Ulrick Pierre- Louis

2. La mise en place d’un studio d’enregistrement dans le Nord

3. L’implantation d’un Night Club par département qui sera géré par les COSOS (Comités des supporteurs de l’orchestre Septentrional)

4. L’Institut supérieur de technologie Alfred Moïse (Pour former des ingénieurs de sons ; des metteurs en ondes et des techniciens pour réparer les appareils musicaux)

5. La Fondation Septentrionale

6. Le Centre de communication Roger Colas (Comment parler en public)

7. La Radio et Télévision septentrionale

8. Une maison de vente, de location, de réparation d’instruments, de CD et d’accessoires de musique

9. Le Musée septentrional

10. La création d’un album de littérature musicale

11. La modernisation du Feu-Vert Night Club

L’Orchestre Septentrional entant que doyen et avant gardiste de la musique populaire de danse en Haïti propose de faire voter une loi sur la notoriété et la valorisation des groupes musicaux fondés, domiciliés et résidés en Haïti. La culture haïtienne gagnerait davantage si on obligeait les groupes haïtiens et étrangers d’outre-mer devant performer en Haïti à partager la scène avec eux pour toute prestation sur toute l’étendue du territoire. La circulation monétaire serait aussi plus équitable et la visibilité des groupes musicaux locaux plus effective.

A l’époque des grandes affluences comme pour la fin de l’année et pour la saison estivale, ils seront affichés non pas comme simples spectateurs, mais surtout comme des acteurs intéressés et comme des parties prenantes dans les grands événements. Cette attitude donnera un tout autre visage à la vie et au décor musical haïtien. On aura ainsi des groupes musicaux mieux structurés, mieux organisés, plus stables, plus occupés et appelés à vivre plus longtemps.

L’Orchestre Septentrional partage la douleur de Radio Kiskeya, un miroir de la culture nationale disparu dans les flammes. Tout en souhaitant du courage à ses propriétaires et à ses nombreux auditeurs, il entend participer avec la manière à sa reconstruction.

Merci !

Islam Louis Etienne

Pour l’Orchestre Septentrional

Jeudi 10 janvier 2019

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