Quid du livre « No Sh**hole Mister President » ?

PUBLIÉ 2019-01-11


Imprimé en Hollande en août 2018, « No Sh**hole Mister President », le dernier livre en date du Regroupement des poètes haïtiens, se veut une sorte de livre blanc collectant les diverses réponses qui ont été adressées à l’endroit du président américain Donald Trump à qui on attribue la tristement célèbre citation dans laquelle il aurait évoqué avec condescendance Haïti, Le Salvador et plusieurs pays d’Afrique. Le livre collectif fait suite à "Hommage à Raquel Pélissier", "Paix et respect pour Haïti, 1ère République noire du Monde", "Quand des griots rendent hommage à Joe Damas".

L’ouvrage avec une couverture sur laquelle prédomine le bicolore national a pour sous-titre "Le livre de la dignité". Dans une remarquable préface, Daniel Supplice retrace l’histoire de notre peuple en soulignant les étapes cruciales comme le début de la colonisation, les implications de notre peuple dans l’affranchissement de la plupart des pays de l’Amérique latine…

L’ouvrage est en quelque sorte articulé selon une certaine linéarité. Coupures de journaux, Moïku, poèmes…un véritable collage où "No Sh**hole Mister President" fait se jouxter plusieurs formes de réaction.

On évoque successivement comment le scandale a surgi avant de passer aux diverses réponses d’un chapitre à l’autre. Dans la première partie, on inventorie les réactions haïtiennes sous le vocable de « Réactions de la 1ère République Noire. On y découvre les déclarations du Gouvernement, d’officiels de pays étrangers d’origine haïtienne, dont Mia Love qui est du même parti que le président Donald Trump ou encore Michaelle Jean, secrétaire générale de l’OIF, et Dominique Anglade, Vice-Première ministre du Québec.

Dans la deuxième partie, il est question de la solidarité du monde envers Haïti et les pays africains. Il y a comme quoi un manifeste du peuple de la Caraïbe en date du 13 janvier 2018. Dans ce manifeste, les cosignataires désignent l’élu américain de « Persona non grata dans la Caraïbe ». La position de la Caricom est aussi restituée dans cette partie. Un florilège de tweets d’officiels américains dont Marco Rubio, Karen Bass, Tim Scott occupe le chapitre 6. Les réponses des présentateurs américains Conan O’Brien et Anderson Cooper y sont évoquées.

Dans la dernière partie on collecte les réponses de citoyens et de poètes haïtiens engagés. Emeline Michel, Ambassadrice Marli, Jean Jean Roosevelt, Aly Acacia, James Noël sont parmi ceux dont on découvre les réactions dans cette partie.

Mireille Bertrand Lhérisson, membre du collectif, précise quelque part au début de l’ouvrage : « Ce livre sera déclaré bien du domaine public et les redevances seront remises à une entité pour le nettoyage des rues de la capitale. Sh**hole pral sèvi kòz fatra nan kapital la. » A ce sujet, plusieurs ventes-signatures ont eu lieu dont une à la Bibliothèque Nationale le 28 décembre 2018.

En guise de conclusion, le livre se referme avec une réflexion basée sur une définition de pays de merde du philosophe Mohi Adje Romain de l’Université de Cocody (Côte d’Ivoire) qui a fait le tour des réseaux sociaux. « Un pays de merde, c’est un pays où : l’espérance de vie est en dessous de 45 ans parce que le système de santé est un vaste mouroir […] Les études ne servent à rien sinon qu’à devenir chômeur […] Aucune loi n’est respectée et chaque citoyen en fait à sa tête […] », lit-on. C’est la maxime « La vérité blesse… mais c’est la vérité... Pourtant, toute vérité n’est pas bonne à dire » qui boucle la boucle de « No sh**hole Mister President ».



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