L'école de musique Nemours Jean-Baptiste rend hommage à Le Nouvelliste

Publié le 2018-12-28 | lenouvelliste.com

Cette année marque le centenaire de la naissance du célèbre musicien et créateur du rythme compas direct, Nemours Jean-Baptiste. C’est à juste titre que l’année 2018 a été décrétée « L’année de Nemours Jean-Baptiste ». Avant de clore cette année ce dimanche 30 décembre à 4 heures sur la place de la Constitution au Champ de Mars avec une prestation de son orchestre, la fondation Nemours Jean-Baptiste et son école de musique ont visité le journal ce vendredi.

Les 23 jeunes apprentis musiciens de l’école de musique Nemours Jean-Baptiste, accompagnés de leur maestro, Samuel Jeanty, président et directeur général de la Fondation Nemours Jean-Baptiste, en ont profité pour décerner une plaque d’honneur au directeur du journal. « Honneur et mérite au plus ancien quotidien Le Nouvelliste pour sa contribution émancipatrice à la lutte pour la préservation et la valorisation du patrimoine culturel haïtien à l’occasion de la clôture de l’année du centenaire de la naissance du légendaire Nemours, créateur du compas direct », peut-on lire sur ladite plaque.

Le directeur du journal, Max Chauvet, qui a reçu ce prix en toute modestie, a fait savoir qu’il a beaucoup de respect et d’admiration pour Nemours Jean-Baptiste. M. Chauvet a expliqué qu’il avait créé le prix « Nemours Jean-Baptiste », décerné aux meilleures performances musicales à Musiques en Folie. « Depuis l’âge de 14 ans, je suis un fan de Nemours. C’est un grand musicien. Et cela me fait plaisir de voir que la fondation perpétue son œuvre et continue son travail », a-t-il déclaré.

Depuis 5 ans, Jean Moïse Blanchard, président et directeur général de la Fondation Nemours Jean-Baptiste, a mis sur pied l’école de musique baptisée « Nemours Jean-Baptiste ». « Pour honorer la mémoire de Nemours Jean-Baptiste, la fondation avait organisé un festival de musique à Martissant entre 2007 et 2008. Quand nous constatons que la violence a pris de l’ampleur dans ce quartier, nous nous sommes rendus compte que le festival Nemours Jean-Baptiste n'allait pas nous aider à créer un climat de paix. En 2009, nous avons ouvert l’école de musique Nemours Jean-Baptiste grâce à une aide substantielle de l’USAID pour permettre aux jeunes d’obtenir un instrument de musique à la place d’une arme à feu », a expliqué Jean Moïse Blanchard.

Les jeunes de l’école de musique Nemours Jean-Baptiste proviennent des endroits les plus précaires de la section communale de Martissant : Gran-Ravin, Ti Bwa, Bicentenaire, entre autres. « Nous avons créé cette école dans l’idée de combattre la délinquance juvénile. Outre les jeunes de Martissant et ses environs, nous avons accueilli également des jeunes venus d’horizons divers », a indiqué Jean Moïse Blanchard, soulignant que l’école de musique fait face à un manque criant d’instruments de musique. Le P.D.G. s’attendait à un geste de générosité de la part des musiciens actuels du compas direct envers son école de musique. À cause du climat de violence qui sévit à Martissant, les musiciens de l’école de musique se trouvent dans l’obligation d’aller préparer le festival du centenaire en dehors du quartier.

Jean Moïse Blanchard a reproché certaines personnalités du milieu culturel et politique auxquelles la fondation s'était adressée pour trouver de l’aide pour son école de musique. « Nous avons écrit au sénateur Gracia Delva, président de la commission Culture du Sénat ; il n’a même pas pris le soin de nous répondre », se désole le P.D.G. de la fondation, soulignant que les enfants et les jeunes qui fréquentent l’école de musique Nemours Jean-Baptiste ne versent aucuns frais. Il a plus loin remercié l’actuel ministre de la Culture, Jean Michel Lapin, qui, depuis un bon nombre d’années, supporte la fondation. Ses remerciements vont également à l’endroit de l’ancien ministre de la Communication, Guyler C. Delva, de l’ambassade américaine, du rédacteur en chef du journal, Frantz Duval, et les médias Le Nouvelliste, les radios Kiskeya, Ginen et Caraïbes.

Ils sont unanimes les jeunes de l’école à reconnaître que leur vie a changé depuis qu’ils se sont versés dans la musique, qu’ils fréquentent l’école Nemours Jean-Baptiste. « On dit souvent que les jeunes de Martissant sont armés. Moi, mon arme est mon saxophone. Pour réussir ma vie, je choisis la musique », a témoigné Dérisca Jhennie Samuella. Elle habite à Martissant. Elle a été parmi les premiers jeunes diplômés de l’école. Aujourd’hui, elle est professeure de musique et gagne sa vie dignement. Toussaint Likenson, Saintudor Ricardo, Raymond Richcathrine révèlent que leur vie a changé. Qu’ils font désormais de nouvelles fréquentations.

Au cours de cette visite au journal, la fondation Nemours Jean-Baptiste s’était fait accompagner du fils du créateur du compas direct, Nemours Junior Jean-Baptiste. Ce dernier s’est exprimé sur cette année dédiée à Nemours Jean-Baptiste. « C’est une belle façon d’honorer la mémoire de Nemours Jean-Baptiste », a-t- il déclaré. Le fils de Nemours a fait remarquer que seul Jean Hérard Richard, maestro du groupe Klass, adresse ses respects à Nemours Jean-Baptiste. Il a expliqué une anecdote très peu connue sur son père. « Nemours Jean-Baptiste avait performé à Miami. Après le spectacle, il a hissé le drapeau national à Miami. Quand il revint dans le pays, François Duvalier lui donna une automobile Plymouth », a expliqué Nemours Junior Jean-Baptiste.

Edrid St Juste et Gérard Junior Jeanty
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