Wooly Saint Louis Jean présente « Pwomès », son 3e album

Le 23 décembre 2018, le chanteur Wooly Saint Louis Jean a procédé à la vente-signature de « Pwomès », son troisième album, au restaurant Aioli. L'opus comporte une quinzaine de titres qui ne tranchent pas avec la portée poétique de ses œuvres précédentes.

Publié le 2018-12-26 | lenouvelliste.com

Le physique rondelet, une jovialité naturelle, en plus il se révèle débonnaire envers ses fans, Wooly Saint Louis Jean est probablement un avatar du Père Noël parmi nous ! Sur « Pwomès », son troisième opus, il avoue y avoir travaillé plusieurs années sans se fixer une date limite. Les chansons lui sont donc venues au fur et à mesure sans jamais forcer la note.

Il se rappelle avoir trouvé l’inspiration pour le titre éponyme tandis qu’il se trouvait chez l’écrivain Lyonel Trouillot qu’il présente comme un ami de vieille date. « On bavardait comme d’habitude quand soudain il me dit pourquoi ne pas nous mettre tout de suite à la composition d’une chanson », raconte le chanteur. L’écrivain a rédigé tout de suite les premières lignes du texte avant que Wooly trouve la note sur sa guitare. « C’est ainsi, dit-il qu’est née la chanson « Pwomès » et que j’ai trouvé le titre de l’album dont le chantier traînait depuis quelque temps », explique-t-il. Pwomès, c’est dans l’optique de célébrer l’amitié, la franche camaraderie, le respect de l’autre, l’empathie, selon ses propres mots.

Sur l’opus d’une quinzaine de titres il n’y a pas que le titre éponyme à avoir été conçue dans cette optique. C’est un album qui aurait pu s’intituler « Wooly and friends » tant qu’il y a des collaborateurs de premier ordre. Citons, entre autres, Réginald Policard, BélO, Misty Jean, Renette Déir, Richard Barbot… « Touris pa fè pòtrè m » est une adaptation en chanson du texte de Félix Morisseau Leroy. Il a trouvé le son pour accompagner le texte à l’époque où l’on s’apprêtait à célébrer le centenaire du génie de notre vernaculaire.

Avec Robert Josaphat Large, il a composé « A la ou bèl nan powèm » peu de temps avant que ce dernier disparaisse. Une nouvelle qui l’a naturellement sidéré. Il a connu la même stupeur après la mort de Claude Pierre qui survint après leur collaboration sur « Dous pou dous ». Feu Boulo Valcourt lui a proposé deux titres également avant son grand voyage. Manno Charlemagne lui avait promis des titres mais n’a pas eu le temps de les lui rendre.

Par rapport à toutes ces pertes qu’il a endurées durant la construction de l’album, l’artiste confie avoir compris que le temps est une denrée rare à profiter au maximum et s’est rendu compte de la fragilité des hommes. « Pwomès n’est pas un album de tristesse. Car tous ces gens à qui je rends hommage Dans ce disque ont été de bons vivants. Ce serait indigne de rendre hommage à leur mémoire dans un esprit de tristesse », fait-il remarquer.

« Pwomès » célèbre plutôt la femme dans plusieurs titres. Pou ou, J’ai rendez-vous, 23, Rue Tiremasse... y renvoient. Dans 23, rue Tiremasse, il célèbre sous le nom de « Ti Cam » toutes ces femmes de cette rue emblématique du Port-au-Prince populaire. Le pays a sa part également dans la liste des chansons. Ochan pou Tiriviè, par exemple, évoque la réalité de sa ville natale. D’autres reviennent sur l’actualité nationale.

En matière de genre, l’artiste renoue avec ses rythmes de prédilection dont le jazz latin, le troubadour, la salsa… « Contrairement aux deux albums précédents, dit-il, je mets l’emphase sur le jazz. C’est dans l’optique de contrecarrer un courant qui veut garder ce genre dans les cercles élitistes. Je trouve que c’est dommage qu’on pense à confiner dans un milieu bobo une musique qui est née dans les champs, dans un milieu populaire. »

Vidéoclipper plusieurs titres, c’est dans l’ordre des choses mais Wooly ne veut pas forcer le ton. « Un ami me propose de faire un clip avec « Touris pa fè foto m. Samuel Suffren, frère de Tamara, ma collaboratrice de longue date, se propose également », confie-t-il.

Après la vente-signature du 23 décembre au Aioli, s’en viendra celle du 6 janvier 2019 à Anba Zanmann(Kay Sonson Mathurin). L’album est également disponible à Cd sélection, Boite à musique, et à La Pléiade.

A tous ceux qui feront l’acquisition de « Pwomès », Wooly suggère d’écouter avec attention, de se laisser imprégner par chacun des titres. « J’attends vos réactions de quelque nature que ce soit. Je suis ouvert à vos avis. Je n’ai pas peur de critiques car je les estime importantes pour que je puisse m’améliorer », conclut-il.



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