Des clients offusqués, les responsables du Parc du Souvenir s’expliquent…

Des clients se sont offusqués de la qualité du service offert par le Parc du Souvenir/Espaces S.A., le plus grand cimetière privé du pays. Plusieurs clients n'ont pas caché leurs insatisfactions et déceptions. C’est le cas de Michelle Augustave, épouse de feu ambassadeur Jean C. Augustave, dont les funérailles ont été chantées le samedi 10 novembre 2018, qui juge que le système et les procédures en place ne sont pas conçus pour fournir un service impeccable et rapide aux clients. Parallèlement, Socrate L. Devilmé a confié que l’institution qu’il dirige œuvre quotidiennement pour offrir un service de qualité à la population haïtienne.

Publié le 2019-04-12 | Le Nouvelliste

«Les gens doivent savoir ce qui se passe au Parc du Souvenir. L’entreprise doit prendre ses responsabilités vis-à-vis de ses clients et éviter par tous les moyens d’augmenter la peine et les souffrances des familles auxquelles elle offre ses services, peu importe le jour, l´heure, la religion et le statut socio-économique du client. Bien gérer une entreprise, c´est avant tout connaître ses clients et chercher à satisfaire leurs besoins», a déclaré Michelle Augustave dans une entrevue accordée au Nouvelliste.

Lorsque le convoi est arrivé au Parc du Souvenir le jour de l'inhumation de son époux, Mme Augustave dit avoir bien vite constaté que c’était un véritable chaos parce qu’il y avait beaucoup de gens et chacun devait se débrouiller tant bien que mal pour savoir exactement que faire, fait-elle savoir. « Le seul signe qui pouvait me faire croire qu’un membre du personnel de l’entreprise était présent sur les lieux, c’est quand j'ai entendu quelqu’un dire que nous étions en 4e position et qu’il fallait attendre. On peut vite conclure que le fait de ne pas avoir de membres du personnel sur place pour accueillir les familles et les amis des défunts, les orienter et les servir signifie déjà une faille administrative grave, un manque de respect pour les familles et une invitation tacite au désordre. De plus, comment comprendre que même les noms des défunts n'étaient pas bien écrits sur le tableau d’affichage», dit-elle, soulignant qu'un acte vaut mieux que mille paroles, que ce soit dans le sens positif ou dans le sens négatif. Elle considère les faits susmentionnés comme désobligeants, irrévérencieux et scandaleux à la fois.

Michelle Augustave estime que ces gens sont beaucoup plus intéressés à l'argent au lieu de fournir un service satisfaisant et adéquat. «Nous avons dû attendre plus d'une heure (qui me paraissait interminable) pour qu'arrive notre tour. Certains ont dû s'asseoir sur les bordures en béton et d'autres restaient debout. Notre famille est vraiment traumatisée par cette expérience et nous n’aimerions pas qu’une autre famille soit victime de cette mauvaise façon de faire les choses. Après tout ce qui s’est passé, nous ne cessons de nous demander si le cadavre se trouve réellement en sécurité au Parc du Souvenir.

Que pouvons-nous donc espérer de cette entreprise? », se questionne-t-elle, confirmant qu’aucune excuse formelle n’a été présentée suite à ses plaintes au bureau du Parc du Souvenir. Au contraire, la personne qui nous a reçus nous a fait savoir qu’elle conseille toujours aux gens de ne pas utiliser les services du Parc du Souvenir le samedi, ce qui explique clairement leur vision et la mauvaise qualité de leur service. Selon Mme Augustave, il y avait 14 enterrements ce jour-là. Serait-ce une manière de déresponsabiliser l’institution et de responsabiliser plutôt les familles endeuillées?

Au cours d'une viste au parc le samedi 22 décembre 2018, Le Nouvelliste a échangé avec un proche d’un défunt ayant requis l’anonymat qui a confié au Nouvelliste qu’au cours de l’année 2018 il s’est rendu à ce cimetière privé quatre fois pour les funérailles de quatre proches et membres de sa famille. Selon lui, les services n’étaient pas convenables et satisfaisants au cours de ses trois visites antérieures.

«J’estime qu’il a eu des améliorations car j’étais content de lire dans les colonnes du Nouvelliste en date du 17 décembre 2018 une note à l’attention de la direction du Parc du Souvenir par rapport à l’insatisfaction de clients relativement au service fourni surtout le samedi en ce lieu de repos. Ce matin, j’ai pu constater une amélioration dudit service en termes d’accueil et de ponctualité», a-t-il confié.

Quant à Jean Louis Pierre-Paul, il souligne avoir fait une mauvaise expérience au mois d’octobre 2018 lors des funérailles de sa tante. « J’avais passé plus de deux heures d’attente pour la mise en terre de la dépouille de ma tante. Pire, il y avait un désordre généralisé car le personnel du parc n’était pas au rendez-vous dans l’exécution de leurs tâches, ne respectant pas l’ordre établi par rapport au convoi. Je pense que les responsables doivent faire de leur mieux afin d’améliorer le service en vue de satisfaire les clients», a-t-il indiqué.

Précisions des responsables du Parc du Souvenir

Contacté par Le Nouvelliste, Socrate L. Devilmé, P.D.G. du Parc du Souvenir/Espaces S.A., a confié que le jour des funérailles de feu ambassadeur Jean C. Augustave, le personnel était débordé par les évènements, car, ce jour-là il y avait 16 inhumations. «Nous sommes conscients que les gens sont très traumatisés surtout quand ils ont perdu un être cher. Nous regrettons sincèrement qu’une famille se plaigne du service offert par notre institution, mais nous œuvrons quotidiennement pour offrir un meilleur service à nos clients. Pour bien gérer un cimetière afin d’avoir des résultats satisfaisants, il faut s’y mettre à fond», a-t-il déclaré, ajoutant que l’entreprise a renforcé son staff ainsi que la sécurité pour continuer à offrir un service de qualité.

Socrate L. Devilmé estime que l’institution qu’il dirige est le plus grand cimetière privé du pays et dispose de 6 000 caveaux en hauteur et 1 500 caveaux souterrains. «Nous sommes un cimetière. En moyenne, nous recevons entre trois et quatre morts chaque jour. Alors qu’en week-end, nous recevons surtout le samedi, entre 10 et 14 cadavres, ce qui augmente le flux des activités au sein du parc», dit M. Devilmé, qui affirme que l’entreprise reçoit annuellement entre 600 et 700 morts.

La société a vu le jour en 1992 par rapport à la dégradation constatée au niveau du cimetière de Port-au-Prince. Le but du Parc du Souvenir est de sécuriser les morts. La mauvaise gestion du cimetière de Port-au-Prince, selon Socrate L. Devilmé, a contibué grandement au développement du parc. D’après lui, ils étaient 19 actionnaires au départ. Deux ans plus tard, soit en 1994, le nombre était passé à 28. C’est à ce moment-là qu’ils ont cherché l’espace pour le cimetière en faisant l’acquisition de cinq carreaux de terre sur cette propriété. Après avoir reçu l’autorisation de la mairie de Delmas, à l’époque, ils ont fait leur première inhumation en 1995. C’était un jeune homme de 18 ans nommé Réginald Leriche. Il fut enterré dans un caveau souterrain de quatre compartiments.

«Entre-temps, nous avons construit des caveaux en mur et en hauteur. Les caveaux en mur d’une place achetés par une famille pour un montant de 2 800 dollars américains peuvent être réutilisés à quatre reprises et cela tous les trois ans, tandis que les caveaux souterrains de quatre places achetés par une famille pour un montant de 8 500 dollars américains peuvent être réutilisés pour l’inhumation de 16 personnes. Pour la niche qui est un compartiment destiné à recevoir les urnes après l’incinération du cadavre, cela coûte 1 300 dollars américains et peuvent contenir 4 à 6 niches. Nous avons une possibilité d’exploitation pendant encore plus de 20 ans», indique-t-il.

Depuis plus de 20 ans, tous les 2 novembre de chaque année, nous organisons une messe à la mémoire des morts. Cette année, nous avons eu plus de 1 500 personnes qui y ont pris part», poursuit-il, indiquant que depuis plus de dix ans, le parc fait du social en organisant des fêtes de fin d’année au profit de plus de 200 enfants en leur octroyant des jouets et de la nourriture dans une ambiance de convivialité.

Amos Cincir
Auteur
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