Autonomie : la mairie de Port-au-Prince s’active à augmenter son assiette fiscale

Dans le cadre du «Projet de revitalisation des recettes fiscales de la ville de Port-au-Prince» lancé ce lundi 17 décembre à l’hôtel Marriott, la mairie de Port-au-Prince s’engage avec trois firmes étrangères à élargir son assiette fiscale. Ce partenariat privé-public doit permettre à la mairie d’être autonome et de mieux servir la population des trois circonscriptions de Port-au-Prince. À cette occasion, un ensemble d’initiatives seront prises d’ici janvier 2019.

Publié le 2018-12-17 | lenouvelliste.com

Organisation d’un recensement sur la propriété bâtie afin d’augmenter le taux de recouvrement des impôts locatifs, accompagnement de la Direction générale des impôts (DGI) dans la vérification des entreprises patentées et disposant du droit d’affichage sont entre autres activités que la mairie de Port-au-Prince entend entamer dans le cadre du «Projet de revitalisation des recettes fiscales de la ville de Port-au-Prince». À travers ce projet, les autorités municipales prévoient d’acquérir diverses sortes d’équipements afin d'assainir ladite commune.

Grâce à l’appui technique de ses partenaires, l’administration municipale espère utiliser les nouvelles technologies de l’information et de la communication pour mieux facturer ses contribuables et collecter les recettes. Cette mesure vise également à diminuer le coût des dépenses de la municipalité, d’augmenter le nombre d'emplois et de mieux servir la population qui occupe les 36 km2.

En 2016, les recettes fiscales de la mairie de Port-au-Prince s'élevaient à plus de 180 millions de gourdes. En un an, après l’intronisation de ce cartel dirigé par Youri Chevry, elles ont été doublées pour passer à 397 millions. Pourtant, a souligné Youri Chevry, sur les 20 000 particuliers qui reçoivent leur bordereau, seulement 7 000 s’acquittent de leur impôt locatif envers la mairie. À cet effet, les autorités municipales entendent améliorer la qualité de leurs services en misant sur un taux de recouvrement considérable.

«Ce projet, poursuit le maire de Port-au-Prince, tend à doter la mairie de moyens financiers et techniques à même de la rendre autonome. Sur une période de dix ans, la mairie devrait bénéficier d’une enveloppe de 50 millions de dollars américains pour mettre en œuvre les initiatives qui tendent à augmenter son assiette fiscale. Toutefois, pour les trois prochaines années, 10 millions de dollars seront accordés à ladite mairie».

Selon Youri Chevry, le principe de l’autonomie locale est consacré par plusieurs dispositions légales notamment : le décret du 22 octobre 1982, la Constitution du 29 mars 1987, les lois du 4 avril et du 2 septembre 1996, portant fonds de gestion et de développement des collectivités territoriales.

Cependant, a fait remarquer l’édile de Port-au-Prince, pour arriver à cette autonomie et fournir les services de proximité, les communes nécessitent des ressources financières propres et de nouvelles sources de financement.

C’est pourquoi, ajoute-t-il, l’administration communale a pris, depuis plus d’un an, l’initiative de redynamiser ses ressources via ce projet de revitalisation qui, poursuit-il, est la toute première initiative réalisée en partenariat privé-public. Le processus de cet accord passé avec un consortium de firmes dirigé par la compagnie américaine Greenfield Advisors, a renchéri Youri Chevry, a été long puisqu’il fallait convaincre les partenaires qu’Haïti est une opportunité d’investissement malgré ses difficultés.

Dans la foulée, le maire de Port-au-Prince s’est réjoui de la résilience des Port-au-princiens et de la confiance qu’ils ont placée en lui. «Vous pouvez remarquer les efforts consentis par la mairie afin de nettoyer les rues de la capitale. Nous n’allons pas baisser les bras, d’autant plus que ce projet vient de corroborer tous ces efforts», a garanti Youri Chevry, qui encourage la population à payer ses impôts et ses taxes pour que la mairie puisse la desservir.

Saluant les responsables du ministère de l’Économie et des Finances (MEF), de la Commission nationale de marchés publics (CNMP), de la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif (CSC/CA) «qui ont approuvé la mise en œuvre du projet», Youri Chevry en a profité pour inviter les bailleurs de fonds internationaux à travailler davantage avec les collectivités. Car l’avenir d’Haïti, a-t-il renchéri, passe nécessairement par le développement des villes.

Taciturnes, Yves Jr Dossous, Clifford Lipscomb et Larry Zirbel, respectivement présidents des firmes GenGlobe consultants, Greenfield Advisors et GSA Corporation, ont exprimé leur joie de collaborer avec la mairie de Port-au-Prince dans le cadre de ce projet.



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