Richy Jay, prix de la meilleure voix masculine au Kilimandjaro 2018

PUBLIÉ 2018-12-05
Des trois catégories dans lesquelles il était en lice, c’est finalement celle de la meilleure voix masculine que Richy Jay a remporté le 1er décembre 2018 à Toronto dans le cadre de la troisième édition du prix Kilimandjaro. Pour le fils de Martissant, c’est sans nul doute un objet de fierté, le signe qu’il est sur la bonne voie avec son talent.


Un langage fait de l’argot parisien, du joual québécois et des expressions du vernaculaire haïtien, Richy Jay, de son vrai nom Richard Verdieu, répond parfaitement à la définition du citoyen du monde. Le natif du quartier de Martissant, vu ses multiples déménagements, ne pouvait pas être autrement. Il a vécu en République dominicaine et depuis plusieurs années à Montréal. Mais où qu’il aille, il garde au fond de lui sa passion pour la musique.

Depuis Haïti, avec des potes, il fait ses premiers pas au sein du groupe « Hottansyon Hip-Hop ». Quand il rejoint sa mère en république voisine, lui et son frère prénommé Jameson intègrent un groupe de reggaeton. Dans la langue de Cervantès, tant bien que mal, l’artiste fait montre de son savoir-faire avec un micro.

Quand il arrive à Montréal, son amour pour la musique ne refroidit point. Richy Jay enchaîne avec les albums dans la sphère qu’on baptise la « world music ». Il n’oublie pas pour autant l’alma mater. Avec Ded Krazy, il partage deux morceaux dont « Let’s go to the beach » en 2015 et « Manmancita » en 2018. Le deuxième titre est repéré par l’équipe du Kilimandjaro Music Awards qui a placé la vidéo dans la catégorie « Meilleur clip de l’année ». Comme un bonheur ne vient jamais, il a été également en nomination dans les catégories de Meilleur artiste masculin et de celle de Meilleure voix masculine. In fine, c’est la dernière que Richy Jay a remportée.

« D’abord, dit-il, j’étais très surpris qu’une entité basée dans la partie anglophone du Canada puisse repérer un artiste de Montréal. » Je ne trouvais pas les mots quand on m’a remis le trophée. Je tremblotais. » Pour le chanteur, ce prix est la preuve qu’il est sur la bonne voie. « Souvent on me demande pourquoi je chante en français et parfois en anglais ; toujours je réponds que ce sont là deux véhicules qui me permettront d’aller au-delà du HMI sans pour autant le snober. D’ailleurs mes compositions sont toujours empreintes de quelques mots créoles », ajoute-t-il.

Richy Jay définit sa musique comme essentiellement du monde. « On me perçoit comme un zoukeur alors que moi je fais en sorte de pouvoir toucher tout le monde. A priori, le public melting-pot de Montréal où je vis », fait-il remarquer. Ce serait, selon lui, une musique des Îles à la base mais potable à tous ceux qui sont curieux sur terre.

Au-delà du prix de la Meilleure voix masculine au Kilimandjaro 2018, Richy Jay met le focus dorénavant sur la promotion de Caribbean Soul, son prochain opus dont l’issue est prévue pour le printemps 2019.



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