MIGRATION

Le gouvernement dominicain rejette le pacte de migration proposé par l’ONU

Le gouvernement dominicain a décidé de rejeter le Pacte mondial pour la migration sûre, ordonnée et régulière des Nations unies, qui serait signé les 10 et 11 décembre au Maroc, où l'Organisation des Nations unies (ONU) organisera une assemblée générale et une conférence intergouvernementale sur la question. Cette décision est prise par le président Danilo Medina, en tant que chef de la politique étrangère de la République dominicaine, après qu'une commission interinstitutionnelle qu'il a formée à ce sujet a rendu son rapport.

Publié le 2018-12-04 | Le Nouvelliste

National -

Dans l’après-midi du mardi 4 décembre, la République dominicaine est devenue le neuvième pays au monde et le premier d'Amérique latine à s'opposer à la signature du Pacte mondial pour la migration sécurisée, ordonnée et régulière, proposé par les Nations unies, rapportent les médias dominicains. Le conseiller juridique du pouvoir exécutif, Flavio Darío Espinal, a déclaré que bien que le pacte ait des intentions louables, il pourrait aussi avoir des conséquences sur le territoire national dominicain s’il était signé les 10 et 11 décembre au Maroc.

Les autres pays qui ont décidé de ne pas signer ledit pacte sont les États-Unis, la Hongrie, l'Autriche, l'Australie, la Bulgarie, l'Israël, la Pologne, la République tchèque et l'Italie. Cette dernière a préféré envoyer la décision à son Parlement avant de se prononcer officiellement.

Le président Danilo Medina justifie sa position par le fait que son pays subit des pressions et des problèmes de migration résultant d'une île avec deux pays et qu'il existe par conséquent des déséquilibres dans les domaines économique, social, environnemental et de la sécurité. « Alors que le pacte contient d'innombrables dispositions bien perçues par le gouvernement dominicain, ainsi que par la grande majorité des gouvernements du monde, il renferme également des dispositions contraires à l'intérêt national », a déclaré Flavio Darío Espinal lors d'une conférence de presse donnée au Palais national dominicain.

« Bien que le pacte ne soit pas contraignant vu qu'il ne s'agit pas d'un traité international à proprement parler, son adoption engendrerait des engagements de la part de l'État dominicain, susceptibles de compromettre sa capacité à appliquer ses règles en matière de migration et à mettre en œuvre de manière efficace des politiques de migration », a-t-il poursuivi, estimant que ces engagements internationaux pourraient limiter la République dominicaine à donner des réponses ou des solutions aux problèmes rencontrés à la frontière.

« Le gouvernement dominicain doit également répondre au sentiment national. L'adoption d'un pacte de cette nature, pour ce qu'il implique et pour ses retombées, nécessite un consensus fondamental dans la société dominicaine qui ne semble pas exister dans les circonstances actuelles », a déclaré le conseiller juridique du pouvoir exécutif, Flavio Darío Espinal. En effet, la proposition de l'ONU en matière de migration a suscité un rejet généralisé de l’autre côté de la frontière. Le doyen de la presse dominicaine, le Listin Diario, dans deux de ses éditoriaux, « Pourquoi signer le pacte? », et « Le pays a besoin d'une explication », parus respectivement les 1er et 3 décembre, a catégoriquement rejeté la signature dudit pacte. Une position suivie à l’unisson par l’ensemble de la classe politique dominicaine.

Luis Abinader, le principal dirigeant de l'opposition, a déclaré que la communauté internationale devrait comprendre que la République dominicaine ne pouvait pas supporter la situation « d'insoutenabilité » qu’implique l'entrée sur son territoire d'un grand nombre de citoyens haïtiens en situation irrégulière.

Le Pacte comporte aux 23 points traités, entre autres, des questions telles que la prévention de la traite des personnes due aux migrations, la gestion plus sûre des frontières, l'élimination de la discrimination et la promotion de transferts de fonds plus rapides, plus sûrs et moins chers; ainsi que l'amélioration des services consulaires, l'inclusion des migrants dans la société.

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