3ème conférence sur la pathogenèse et le traitement du SIDA

La recherche marche à pas de tortue

Publié le 2005-07-29 | Le Nouvelliste

Quelque 6000 médecins et chercheurs du monde entier ont fait le bilan jeudi de la lutte contre la pandémie du sida à Rio de Janeiro (Brésil) à l'occasion de la troisième conférence internationale sur la pathogenèse et le traitement de cette pandémie qui s'est déroulée du 24 au 27 juillet. La conférence de Rio n'a pas accouché de grandes découvertes ni annoncé de médicaments vedettes si ce n'est que tous les yeux se sont tournés vers la circoncision, une opération qui permettrait, selon une étude menée en Afrique du Sud par des chercheurs sud-africains et français, de réduire les risques d'infection au VIH. Chez les femmes, les microbicides devraient représenter dans trois au quatre ans, une importante avancée dans la prévention. A l'heure actuelle, les recherches sur les vaccins sont toujours en phase de tâtonnement. Même si les traitements sont accessibles dans beaucoup de pays en voie de développement, le débat sur le prix élevé des médicaments a refait surface au cours des discussions à Riocentro, le complexe de congrès qui a accueilli l'événement. Ceux qui luttent pour mettre les meilleurs médicaments à la portée des pays pauvres craignent que le prix des antirétroviraux de deuxième génération soit trop élevé, ce qui risque de mettre en péril l'accès aux médicaments dans les prochaines années. « Les médicaments de deuxième génération sont 12 fois plus coûteux que les anciens », souligne l'organisation Médecins sans frontières qui attire l'attention sur le fait que soigner des enfants peut coûter quatre fois plus cher que soigner des adultes. Or, il est impossible de fabriquer de versions génériques des nouveaux médicaments brevetés. Les grandes compagnies pharmaceutiques, quant à elle avance que du prix des médicaments dépendent l'avenir de la recherche. Le Brésil, qui a toujours été leader dans la fabrication des médicaments génériques n'entend pas laisser mourir ses malades du sida ou les tenir à l'écart des meilleurs traitements. Le pays menace de ne pas respecter les brevets si les compagnies pharmaceutiques ne révisent pas à la baisse le prix de ces médicaments de deuxième génération. Les experts estiment qu'à l'échelle mondiale, environ 40 millions de personnes sont infectées par le sida. Chaque jour, 14 000 nouveaux cas s'ajoutent à ces victimes, essentiellement dans les pays à moyens et à faibles revenus. Selon l'ONU, environ 8 000 personnes meurent du sida chaque jour. Des spécialistes du monde entier ont appelé à l'accès universel aux moyens de prévention et de traitement du sida lors à la fin de sur le sida à Rio. Un an après la conférence de Bangkok, 8.000 personnes continuent toujours de mourir du SIDA, alors que l'infection concerne 40 millions d'êtres humains, principalement en Afrique. Tirer les leçons de l'expérience Les bons performances du Brésil en matière de prévention et de traitement du VIH ou d'Haïti dans le traitement du SIDA en milieu rural pourrait servir d'exemple au autres pays si l'on s'en tient au commentaire du Dr Charlie Gilks, responsable à l'Organisation mondiale de la santé (OMS) des traitements, de la prévention et de l'extension des traitements dans le département VIH/sida. Dans une note de l'OMS, M. Gilks a souligné la nécessité de tirer les leçons de l'expérience. Il a déclaré que la communauté scientifique devait s'engager à appliquer sans tarder les résultats des études scientifiques aux programmes de lutte contre le sida en cours d'application. Pour parvenir à l'accès universel, il faudra consacrer des ressources et des efforts importants à la recherche, a-t-il dit en citant les nouvelles formulations de médicaments anti-VIH pour les enfants et la simplification des tests de dépistage et des analyses de suivi des patients parmi les grands domaines prioritaires de la recherche pour la généralisation des traitements lorsque les ressources sont limitées. « La liste des travaux de recherche à effectuer est longue, a-t-il indiqué, mais si nous voulons parvenir à l'accès universel, il nous faudra investir dans la recherche appliquée et introduire rapidement sur le terrain les nouveaux produits et les nouvelles méthodes. » Selon le Dr Gilks la recherche a de l'importance et pour la prévention et pour l'accroissement de l'efficacité des moyens d'administration des traitements. « Pendant que nous nous efforçons de garder les patients en vie et en bonne santé avec les instruments dont nous disposons, a-t-il dit, nous devons également veiller à ce que les générations futures aient accès à de meilleures techniques de prévention. » En décidant d'offrir un traitement à 3 millions de séropositifs dans les pays à revenu faible et intermédiaire d'ici à la fin de 2005, l'OMS et l'ONUSIDA ont ainsi stimulé leurs actions dans le sens de l'accessibilité des traitements. Depuis 3 ans, avec le support du Fonds Global, l'accès aux traitements antirétroviraux dans les pays en développement s'est fortement élargi. Le nombre des pays qui ont établi des objectifs précis en matière de traitement est passé de 4 à 40 et le nombre de ceux qui ont élaboré un plan national de généralisation des traitements antirétroviraux est maintenant de 34 au lieu de 3. Au cours des douze derniers mois, une cinquantaine de pays ont doublé le nombre des séropositifs qui suivent un traitement. Selon la note d'information de l'OMS, l'approbation par le G8 de l'objectif de l'accès universel d'ici à 2010 devrait donner une grande impulsion à ces efforts. La pression déjà exercée sur les pays riches pour renflouer les caisses du Fonds Global risque de s'exacerber si le G8 ne tient pas sa promesse. Jusqu'ici les fonds nécessaires n'ont pas pu être réuni pour l'universalité effective des traitements. Le sida étant aussi question de pauvreté pour s'attaquer réellement à la pandémie dans les pays pauvres, il faudra aussi chercher à endiguer la pauvreté.
Hugo Merveille hugomerveille@lenouvelliste.com Auteur

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