Manifestations du 18 novembre : le départ de Jovenel Moïse inscrit dans le cahier des revendications

Il n’y a pas eu l’immense foule observée le 17 octobre dernier. Néanmoins ils étaient nombreux les manifestants venus de divers horizons, à fouler le macadam le dimanche 18 novembre 2018. Si certains demandaient des comptes sur l’utilisation du fonds PetroCaribe, d’autres, plus radicaux, réclamaient le départ du président Jovenel Moïse du pouvoir.

Publié le 2018-11-22 | lenouvelliste.com

Ce 18 novembre, les anti-Jovenel Moïse ont mis dans l’ombre les pétro-challengers fortement remarqués à la grande mobilisation du 17 octobre. La fougue juvénile était bel et bien présente. De la colère et de la frustration ont été aussi au rendez-vous sur ce parcours où de nombreux protestataires étaient encagoulés et visiblement disposés à tout renverser sur leur passage. D’autres ont été remarqués avec le drapeau rouge et noir en main. Dans leur cahier des revendications, le « départ du président Jovenel Moïse du pouvoir et des comptes sur l’utilisation du fonds PetroCaribe » figurait en tête de liste.

La foule, qui a attendu jusque vers les 11 heures pour démarrer la mobilisation partie du Carrefour de l’aéroport, sous le viaduc, a bénéficié de fort accompagnement de plusieurs unités de la Police nationale d’Haïti (PNH). De l’autoroute de Delmas, où des barricades de pneus enflammés ont été érigés jusqu’à Pétion-Ville, où une situation de panique a eu lieu dans les parages de l’hôtel Royal Oasis, très peu d’incidents majeurs ont été enregistrés. Une fois sur la route de Bourdon, les manifestants ont, une fois de plus, pris pour cible le cabinet du notaire Jean-Henry Céant qui a essuyé des jets de pierres. Une situation que les agents de l’ordre ont dû gérer en essayant de dissuader ces protestataires qui ont au passage mis le feu à un véhicule.

Les manifestants, visiblement déterminés, n’ont pas mis longtemps à se regrouper pour arpenter l’avenue John Brown (Lalue). Là-bas, sous le regard plutôt prudent des agents la police, ils ont encore placé des barricades de toutes sortes pour exprimer leur mécontentement.

« Nous sommes là pour forcer plus d’Haïtiens à prendre conscience de l’énorme gaspillage orchestré avec le fonds PetroCaribe », rappelle un jeune homme dans la trentaine, t-shirt blanc estampillé « Petro conscience ». « Lajan petro nou bezwen an pou timoun yo ka ale lekòl, nan inivèsite, pou mete plis lopital ak bay moun travay nan peyi a », clame, pour sa part, un autre protestataire, tête ceinte d’un mouchoir rouge et noir, et lunettes noires aux yeux.

« Il faut faire tomber ce système. Pour y arriver, il faut revenir avec le rêve de Papa Dessalines», croit le jeune militant Renald Lesamedi, proche du parti de Moïse Jean-Charles qui arbore fièrement un drapeau noir et rouge. Pour lui, le drapeau noir et rouge symbolise la victoire du peuple noir qui a combattu pour avoir sa liberté. « Non seulement nous réclamons l’argent PetroCaribe, mais nous exigeons aussi le départ de Jovenel Moïse. Nous sommes clairs là-dessus, il n’a pas la légitimité pour parler de ce dossier. Il ne peut faire le procès de PetroCaribe. C’est un inculpé. Il doit quitter le pays », exprime celui qui se réclame du Mouvement des esclaves révoltés pour la libération économique d’Haïti.

Également remarqué sur le parcours, le docteur Frantz Large s'est dit solidaire de la lutte du peuple haïtien ce 18 novembre. En sa qualité de citoyen haïtien, Dr Large a confié être révulsé par les conditions de vie de la population. Il a salué le courage des Haïtiens qui veulent prendre la rue pour combattre le vagabondage, l’injustice et ceux qui ont volé l’argent PetroCaribe.

Arrivés dans les parages du Champ de Mars, les manifestants, empêchés par les agents de l’ordre d’atteindre le Palais national, ont dû emprunter d’autres voies pour arriver jusqu'à la route du Bicentenaire, en passant par la Grand-Rue, où ils ont installé de montagnes de pneus enflammés et bloqué la circulation.



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