Les psychiatres se regroupent pour mieux aborder les pathologies mentales

Le psychiatre haïtien, le Dr Roger Malary, dans l’objectif de réactiver l’Association des psychiatres haïtiens (APH), a réuni, entre autres, infirmières, médecins diplômés et licenciés ainsi que des étudiants en psychiatrie. Une rencontre qui a mis en évidence certains faits et méfaits relatifs à la psychiatrie en Haïti.

Publié le 2018-11-16 | lenouvelliste.com

Des dizaines de professionnels évoluant dans le domaine de la santé mentale ont fait le déplacement pour réfléchir et discuter de la psychiatrie en Haïti. Tenue sur fond de festivité et de convivialité, cette rencontre a rassemblé entre autres le Dr Hans Lamarre, professeur à l'Université de Montréal, également directeur du département santé mentale de l’Université d’État d’Haïti (UEH) ; l'un des plus grands des psychiatres haïtiens, le Dr Max Desrosiers ; le Dr Louis Marc Jeanny Girard, directeur du centre psychiatrique Mars & Kline; le Dr Harrison Ernest et le Dr Marie-Ange Jean-Fils.

Tout en défendant la psychiatrie comme discipline scientifique, les organisateurs estiment nécessaire de se regrouper en vue de jouer véritablement leur rôle dans la souffrance psychologique que connait plus d'un. Dans leur plaidoyer pour un service psychiatrique étendu à travers tout le pays, ces professionnels disent œuvrer pour une synergie entre les professionnels de santé mentale. «Tout en étant une science, la psychiatrie doit tenir compte des aspects socioculturels. Ceci est très utile pour que la prise en charge des patients soit la plus profitable possible. Pour y parvenir, une synergie entre les professionnels se révèle nécessaire, voire incontournable», ont-ils précisé.

L’ignorance des troubles psychologiques et psychiatriques par la majorité de la population haïtienne, les frustrations intrapsychiques, la zombification, le problème d’éducation et le manque d’hygiène ainsi que le phénomène de «loup-garou» sont entre autres points abordés par les intervenants, annonçant leur volonté de fonder une association qui aura pour mission d’œuvrer en faveur de tous les patients vivant sur le territoire haïtien et de faciliter la tâche pour une collaboration fructueuse avec tous les autres professionnels du monde, y compris les organisations internationales et nationales, notamment l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’Organisation panaméricaine de la santé (OPS), l’Association des médecins d’Haïti (AMH).

«En tant que psychiatres, nous avons un rôle à jouer dans le développement d’Haïti. Le problème est énorme. Ce n’est pas sérieux qu'en plein XXIe siècle des gens meurent à cause de l’ignorance des troubles psychologiques et psychiatriques. Trop de gens se sont fait assassiner pour avoir été pris pour des loups-garous», a déclaré le Dr Roger A. Malary, directeur de l’hôpital Défilée de Beudet. Dénonçant des cas de violence à l’encontre des personnes souffrant des troubles psychiatriques du fait de l’ignorance des troubles mentaux, le psychiatre croit nécessaire de poser véritablement le problème de la psychiatrie soit posé en Haïti.

Évoquant la frustration comme un des facteurs générateurs de troubles psychologiques en dégageant des hormones négatives, Roger A. Malary invite les autorités concernées à tenir compte des besoins de la population. «À différents niveaux, la frustration peut arriver à déstabiliser la vie de l’être humain, quel qu'en soit le cas », a soutenu le psychiatre, qui croit que de nombreux problèmes de la population sont dus à des pathologies psychologiques et psychiatriques.

Les psychiatres, demandant la participation de tout un chacun pour un meilleur accompagnement des personnes nécessitant l’aide psychologique et psychiatrique, notent qu’il est temps que les décideurs prennent au sérieux le destin de la population haïtienne, particulièrement les personnes en proie à des troubles mentaux. «Quand un pays est aussi abandonné, les gens qui en souffrent sont rélégués aux oubliettes», ont-ils constaté.



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