RELIGION / DROITS DES FEMMES

Violences faites aux femmes : Mgr Pierre-André Dumas préconise le sens des responsabilités

Lors de l’atelier de réflexion sur la religion et les droits des femmes en Haïti le samedi 27 octobre dernier, Mgr Pierre-André Dumas a plaidé pour l’épanouissement des femmes. L’harmonie des familles, l’évolution des couples humains, le respect de la dignité humaine et le sens des responsabilités sont entre autres conseils préconisés par l’évêque haïtien.

Publié le 2018-10-31 | lenouvelliste.com

«Nous devons réfléchir et discuter sur des choses qui divisent notre nation, qui mettent en péril l’harmonie des familles et la vie des femmes», a déclaré Mgr Pierre-André Dumas. Dénonçant l’utilisation du corps de la femme à des fins de prostitution, le prélat de l’Église catholique dit condamner les sévices corporels de tout genre exercés sur la personne humaine, notamment la femme. Selon lui, beaucoup d’efforts restent à consentir en vue de valoriser le droit et la dignité de la femme.

L’exclusion sociale, le manque de respect pour la dignité de la personne humaine, les difficultés d’accès à l’émancipation des femmes, la dépendance économique, la non-vulgarisation et la non-application des lois sur des sujets relatifs aux droits des femmes, et l’exploitation sexuelle des fillettes, des filles et des femmes sont entre autres faits signalés par ce leader religieux. Il demande aux députés de voter l’avant-projet de loi sur la prévention, la sanction et l’élimination des violences faites aux femmes que la sénatrice Dieudonne Luma Étienne a soumis au Sénat de la République haïtien le mercredi 4 avril 2018.

Pour l’évêque de l’Anse-à-Veau, la femme, étant la complémentarité de l’homme, ne doit pas être la cible de violence sous quelque forme que ce soit. «La majorité des enfants en âge scolaire mais non scolarisés sont des filles», a souligné Mgr Pierre-André Dumas. Ce dernier invite les institutions concernées à se pencher sur ce fléau qui «gangrène la société haïtienne», notamment le ministère à la Condition féminine, les secteurs privé, public et religieux ainsi que l’ONU-Femmes.

Combien de femmes au foyer sont battues, maltraitées sans tambour ni trompette ? Quelles instances s’occupent de ces questions ? Il n'y a pas suffisamment de policiers femmes, de juges femmes ni de médecins légistes femmes pour embrasser cette affaire», se questionne Pierre André Dumas, qui affirme qu’Haïti est le premier pays à avoir créé un ministère à la Condition féminine et aux Droits des femmes, pourtant la réalité des femmes reste encore très difficile, enchaîne-t-il.

Dans son plaidoyer pour une construction d’un autre vivre-ensemble où la femme ne fait plus l’objet de châtiments corporels ni de violence psychologique et symbolique, le prêtre catholique appelle les autorités étatiques et les leaders religieux à se responsabiliser afin que l’homme et la femme puissent travailler pour une autre société. «Une Haïti meilleure où l’égalité des chances, de droit et de dignité de l’homme et de la femme soit respectée», a-t-il précisé.



Réagir à cet article