Prix littéraire Henri Deschamps 2018 : De « Tifi » à « La couturière de Martissant »

Publié le 2018-10-26 | lenouvelliste.com

Une nouvelle œuvre, un nouveau nom, vient dorénavant se placer au rang des récipiendaires du « prix littéraire Henri Deschamps ». En effet, cette distinction littéraire, qui existe depuis plus de 4 décennies, détient aujourd’hui une nouvelle signature : Ronald C. Paul. Ce dernier, avec son roman titré « La couturière de Martissant », vient remplacer Saïka Céus parmi les membres du jury comme c’est la coutume  avec ce concours. C’est avec fierté et devant plusieurs figures de proue de la littérature, comme Emmelie Prophète et EvelyneTrouillot, que l’auteur a reçu son prix, le lundi 22 octobre 2018, à la salle Bellevue de l'hôtel El Rancho.

Si Saïka Céus avait en 2017 insufflé un souffle de jeunesse au «Prix littéraire Henri Deshamps», elle cède néanmoins sa place, sans une once de regret au sexagénaire, ce vieux de la vieille, ayant plusieurs romans et essais à son actif. Cette transition prouve que la littérature n'a pas d'âge. C'est ce qu'a laissé croire l'auteur en remerciant sa femme dans son discours, qui l'a quelque peu encouragé à déposer son manuscrit au concours de cette année.

Abstraction faite de l'écart d'âge entre les deux récents lauréats du concours, leur «plumage», comme l'aurait dit Monsieur Paul, ne semble pas être bien différent. Tandis que Saïka, à travers «Tifi», campe le portrait d’une petite fille, livrée très tôt à elle-même, qui se démènera tant bien que mal pour faire fi des nombreux obstacles rencontrés sur son chemin et survivre malgré tout, malgré elle; Ronald, lui, semble avoir repris cette même idée de tragédie à travers «La couturière de Martissant». Des hommes tués, brûlés, des scènes qui s'apparentent à celles du régime duvaliériste... deux oeuvres, deux histoires différentes, mais la tragédie demeure. Ne dit-on pas que les grands esprits se communiquent?!

En attendant l'impression des premiers milliers exemplaires de l'ouvrage, Ronald C. Paul empoche déjà ses 150 000 gourdes, pour le plus grand bonheur de son compte bancaire.



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