Fondation Miche Balin Déjean pour promouvoir l’art et la culture chez nos jeunes talents

Publié le 2018-10-04 | lenouvelliste.com

Wébert Lahens

Des jeunes talentueux maniant flûte et tambour ont charmé le public à l’occasion du lancement officiel de la Fondation Miche Balin Déjean (FOMIBAD), le samedi 29 septembre 2018, à l’auditorium du Collège Canapé-Vert. C’est à cette femme généreuse et distinguée que sa fille Maryse qui vit à la Nouvelle-Orléans a décidé de dédier une fondation qui aidera les enfants de talent à se faire valoir. Aussi la FOMIDAD a-t-elle profité de la date des 90 ans de naissance de madame Déjean pour faire connaitre au public l’action de cette fondation qui promeut les arts, les choses de l’esprit chez les jeunes.

Sous la direction de Marie Carmel Cadet, les enfants bénéficiant de l’encadrement de la FOMIBAD ont exécuté des morceaux de notre folklore et ont produit un show de tambour. À la suite de cette prestation, le poète américain Don Paul, beau-fils de madame Déjean, a salué les contributions de cette femme qui a accompli de grandes choses dans sa vie.

Madame Franck Paul a retracé la vie de sa sœur. Elle a déclaré que Miche Balin, née à Port-au-Prince le 29 septembre 1928, était l’aînée d’une famille de quatre enfants. À la mort de son père le juge Léon Balin, le 7 décembre 1945, son destin a pris un virage inattendu. Déjà en terminale, après avoir été la première représentante d’Haïti au jamborée des guides scoutes aux États-Unis en 1946, elle a consacré ses après-midi à l’apprentissage du secrétariat. Grâce à une amie de sa mère qui tenait une petite école d’administration à la rue Capois. Miche progressa si vite que l’année suivante, elle obtint sur concours un emploi au ministère des Relations extérieures de l’époque. Après une année, toujours sur le mérite, le gouvernement haïtien lui octroya une bourse d’études au Canada où elle obtint, haut la main, son diplôme de secrétaire de direction.

Revenue à son poste, déclare madame Franck Paul, à une assistance tout ouïe, elle épousa deux ans plus tard – elle allait sur ses 22 ans – Joseph Lemieux Déjean alors ambassadeur d’Haïti à l’OEA. Voilà donc Miche Balin Déjean qui suit son mari à Washington D.C puis à Mexico et à Londres où il est successivement transféré. De sa position privilégiée de femme de diplomate, Miche utilise son temps libre à satisfaire sa passion pour les belles choses. Elle se perfectionne dans les plus grandes écoles, en art floral, techniques de maquillage, discrimination des bonnes odeurs, appréciation musicale, étiquette…

Ce temps doré s’achève à la chute du président Magloire. Le couple et leur fille reviennent en Haïti où le mari reprend la lutte politique aux côtés de Clément Jumelle évincé par François Duvalier. Après maintes péripéties et persécutions, la famille est enfin réunie à Conakry, capitale de la Guinée, pays de l’Afrique de l’Ouest, en 1961. Après deux ans, le couple et leur deuxième fille s’installent à Washington DC, le mari comme professeur de droit romain à Harvard University, elle comme employée du Fonds monétaire international (FMI) pour un exil interminable. Miche, souligne madame Franck Paul, gravit rapidement les échelons de l’administration pour devenir rapidement la secrétaire très appréciée de plusieurs présidents successifs de cette importante organisation internationale. Ce poste lui a donné l’opportunité, au cours des conventions annuelles du FMI, de visiter des pays comme la Chine, la Corée, la Yougoslavie… À la chute de la dictature, le mari étant déjà retraité, Miche sollicite sa pension anticipée et le vieux couple regagne enfin le pays natal. Miche a consacré le reste de sa vie à développer bénévolement le goût de la beauté chez les élèves du Collège Canapé-Vert et à renforcer le volet administratif de cette institution scolaire jusqu'à sa mort le 15 mars 2015.

Wébert Lahens webblahens@yahoo.fr
Auteur


Réagir à cet article