Fond-Verrettes : toujours dans l’impasse, 14 ans après les inondations

Ravagé en 2004 par des inondations, Fond-Verrettes, l’une des communes du département de l’Ouest est, 14 ans après, toujours en ruine. Les séquelles des inondations demeurent. Le centre commercial de cette ville est délabré. Routes rocailleuses et sinueuses, difficultés d’accès à l’eau potable, infrastructures quasiment inexistantes sont entre autres problèmes que connait la population.

Publié le 2018-10-26 | lenouvelliste.com

Située à quelques kilomètres de Port-au-Prince avec une superficie de 275,81 km2, la commune de Fond-Verrettes, malgré ses productions de pommes de terre, de pamplemousses, de bananes et de grenadias, est encore dans l’impasse. Les voies menant à cette commune sont difficiles d’accès. Les travaux de réaménagement n'ont pas évolué depuis les ravages causés par les inondations.

L’espace où logeaient le marché public, l’école nationale, la mairie et le commissariat reste encore inhabité, sinon des maisonnettes aménagées par des marchands pour écouler leurs divers produits. Toitures en toile, architectures de bois et de planches, ces infrastructures résistent difficilement aux rayons ultraviolets du soleil, voire aux vents et aux gouttes de pluie. Cette condition de travail, estiment certains d’entre eux, les met dans leurs petits souliers.

Destruction de maisons, dévastation des jardins et de bétail sont les conséquences des inondations du 23 mai 2004. Faisant couler beaucoup d’encre et de salive, cette situation jette les responsables dans de profondes réflexions et plonge la population dans la tourmente. Les habitants, désireux de vivre dans un environnement confortable, réclament de meilleures conditions de vie. Selon les responsables municipaux de cette ville, Fonds-Verrettes nécessite une intervention urgente des autorités étatiques.

14 ans après, la tragédie de la population verrettienne persiste. Élus locaux, députés et habitants lancent des cris d’alarme à l’endroit des autorités concernées en vue d’exiger de ces dernières leur prise en charge. Entre désolation, réclamation et promesse, cette région du département de l’Ouest n’en peut plus. Elle a également été victime d’une forte tornade le 5 août 2018 qui a plongé dans l’incertitude 37 familles de la localité de Gros-Cheval.

«Cette commune, qui souffle cette année ses 40 bougies, est la cible de plusieurs catastrophes naturelles, notamment le cyclone Georges en 1998. Les autorités compétentes n’ont jusqu’à présent rien fait qui vaille», a déclaré Viola Jean Gilles, mairesse principale de Fond-Verrettes. Dressant un tableau sombre de la population de cette région du département de l’Ouest, la première citoyenne de ladite ville estime que les habitants de la zone sont censés être livrés à eux-mêmes.

Après avoir signalé qu’elle a déjà déposé un projet de gabionnage de la ville, Viola Jean-Gilles invite les autorités concernées à faire le nécessaire en vue de satisfaire les revendications de la population de Fond-Verrettes. Dépassée par la situation, elle veut que des efforts soient consentis de la part des autorités en vue d’un travail effectif en ce qui concerne le réaménagement, la réhabilitation et la reconstruction de cette zone. Mme. Jean-Gilles ajoute que la réparation de la route nationale numéro 4 est le premier des besoins de cette ville. Cette route, affirme-t-elle, demeure la plus grande préoccupation de la commune.

Consterné par la situation, Jude Édouard Pierre, président de la Fédération nationale des magistrats haïtiens (FENAMH), critique les maigres fonds alloués aux différentes communes du pays. «Ce n’est pas possible que les maires, avec toutes ces responsabilités, aient très peu de fonds du budget de l’État», fustige l’édile de Carrefour, qui appelle à la résistance pour que 15% du budget de l’État soit alloué aux différentes communes du pays.

Soulignant le piteux état des communes et de la route nationale numéro 4, Jude Édouard Pierre rappelle que cette route relie entre autres Belle-Anse, Thiotte et Anse-à-Pitre. Dans son plaidoyer pour le décaissement des fonds communaux et une meilleure prise en charge des communes du pays, il invite les autorités à travailler d’un commun accord avec les collectivités en vue d’améliorer les conditions de vie des collectivités territoriales.

Par ailleurs, Pierre Jude Destiné, député de Fond-Verrettes, lance un appel à l’aide à l’État central en vue de réaménager la route nationale numéro 4. Dressant un état des lieux plutôt critique de cette commune, il déplore l’évolution des travaux de réaménagement et de reconstruction qui, selon lui, reste à la phase de projet.

À noter que la relocalisation de la route nationale numéro 4 où cheminent les eaux menant vers plusieurs communes, la construction d’un marché moderne dans une position stratégique, l’élaboration d’un plan visant à protéger et gabionner certaines zones, la déconcentration des bureaux de l’État et le déplacement de la ville de Fond-Verrettes ont été entre autres promesses faites par l'administration Boniface/Latortue.



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