Avec le vote favorable du Sénat et de la Chambre des députés, Jean Henry Céant officiellement Premier ministre

Avec le vote favorable obtenu à la Chambre des députés aux premières heures du dimanche 16 Septembre, Jean Henry Céant est devenu le deuxième premier ministre de Jovenel Moïse. La veille, le Sénat avait déjà accepté par un vote favorable sa déclaration de politique générale.

Publié le 2018-09-16 | lenouvelliste.com

Il aura fallu deux séances marathon où les parlementaires ont déroulé leurs doléances, respectivement au Sénat et à la Chambre des députés, pour qu’enfin Jean Henry Céant, avec un vote largement favorable dans les deux chambres, devienne officiellement Premier ministre, après plus d’un mois de consultations et de négociations avec les partis politiques.

Avec 21 voix pour, 5 contre et 2 abstentions au Sénat et 84 voix pour, 5 contre et 4 abstentions à la Chambre des députés, Jean Henry Céant peut se targuer d’avoir reçu le support de la majorité présidentielle renforcée pour s’ouvrir les portes de la Primature. L’homme fort de Bourdon, sachant que le climat social est des plus précaires, a appelé à la «réconciliation nationale » pour «redonner espoir» au pays.

Le notaire est devenu Premier ministre dans un contexte assez particulier marqué par la polarisation du climat politique et social. Il l’a compris et il a souvent indiqué, lors de ses interventions au Parlement, que les funestes émeutes des 6 au 8 juillet dernier sont un cri de désarroi et de désespoir de la population. Il faut «reconstruire l’espoir» en Haïti, a-t-il maintes fois dit.

L’homme, dont le talent de dialoguer avec tous les secteurs de la vie nationale est inlassablement mis en avant par des parlementaires et autres politiques qui ont appuyé son choix, est attendu au tournant. Il a dans l’énoncé de sa politique générale pris l’engagement d’aider à la finalisation de l’enquête sur les fonds PetroCaribe, objet d'un mouvement populaire revendicatif à plusieurs embranchements.

Au cours de la séance à la Chambre des députés qui a eu au moins le mérite de nous montrer que le groupe des seize qui a aidé à la démission de Jack Guy Lafontant est réduit à néant, Gary Bodeau, le premier des parlementaires, a appelé à un audit international sur l’utilisation de l’argent vénézuélien. «L’heure est à la conscience nationale», a indiqué le député de Delmas, dans un court discours, devant les députés.

Le Premier ministre Jean Henry Céant a promis de s’attaquer à la corruption dans son ensemble, de réduire le train de vie de l’État. Depuis quelques temps, beaucoup de voix s’élèvent pour appeler à combattre la corruption organisée, l’un des maux qui handicapent Haïti et la condamnent à l’immobilisme depuis des décennies. Céant a du pain sur la planche.



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