Festi Graffiti Haïti, chapitre 3

PUBLIÉ 2018-09-12
Dans un Port-au-Prince qui a été particulièrement enlaidi par les événements allant du 6 au 8 juillet 2018, il convient d’admettre que la troisième édition du Festi Graffiti Haïti arrive à point nommé du 12 au 21 septembre sous le thème « Réinventer l’espace public ». Un festival dont le substrat est le travail des couleurs est a fortiori une aubaine pour ses habitants qui doivent déplorer le ciel gris par moment de ce mois de septembre.


C’est au constat qu’il ne fait pas trop bon vivre dans l’espace public haïtien que le CPAUAC (Collectif pour la promotion des arts urbains et de l’art contemporain) a opté pour le thème de la 3e édition du Festi Graffiti Haïti : réinventer l’espace public. Jean Widler Pierresaint, directeur et initiateur de l’activité, dénonce l’insalubrité qui règne dans nos rues, l’intolérance sur les réseaux sociaux, les médias… « Pour qu’il y ait de la cordialité entre ceux qui fréquentent ces espaces, il faut que ces derniers soient attrayants, agréables », estime-t-il. Pour corroborer ses propos, il cite l’exemple de la France où on a eu à exiger, dans le cadre de chaque projet d’aménagement du territoire, l’allocation d’au moins 1 % du budget à une œuvre artistique ; que ça soit une sculpture, une peinture ou toute création ayant rapport à l’art.

Dans le cadre haïtien, Jean Wilder estime que pour réinventer l’espace public, il ne suffit de faire la guerre à l’insalubrité : il faudrait aussi conjuguer l’expertise des urbanistes et des artistes pour modifier entièrement la configuration. « Il y a urgence à plusieurs niveaux en Haïti. Nos villes font les frais de l’exode rural. On est loin (en plus) de l’intégration de l’art dans le paysage. Il ne suffit pas de pourvoir les rues en feux de signalisation ou en caniveaux, il faut aussi y inclure des fresques, des statues, qui donnent des repères qui sont à la fois utiles et répondent à une esthétique », note-t-il.

Au programme des activités autour du slam, de la danse hip-hop en addition à celles se rapportant aux graffitis. Les artistes viennent des quatre coins du monde dont l’Allemagne, la Guadeloupe, les Etats-Unis, la République Dominicaine, la Suisse, le Chili et l’Australie. Des artistes de chez nous ne sont pas en reste dans la programmation de ces 9 jours d’activités. Citons, entre autres, Jerry, Tchooko et Mario Benjamin. Pour de plus amples renseignements, rendez-vous sur les réseaux sociaux se rapportant au festival.

Une conférence intitulée « Quel futur souhaitable pour Port-au-Prince ? » sera donnée à la Fokal le 20 septembre par un responsable du Comité interministériel d'aménagement du territoire (CIAT). Grâce au « Street art raconté aux écoliers », plusieurs élèves bénéficieront d’une visite guidée des fresques qui seront réalisées dans le cadre du festival. Au-delà de la présente édition, ces visites guidées seront ouvertes au grand public également sur demande.

Jean Widler nous explique que pour réaliser ce festival, il faut beaucoup de passion, la conjugaison de plusieurs expertises et la mobilisation de beaucoup de ressources.

Selon lui, le festival est destiné à tous les publics. « Le street art, par essence, a pour but de faire sortir l’art des cadres élitistes vers un cadre plus accessible. Venez aussi vous initier à d’autres formes d’art et surtout côtoyer de grands artistes internationaux et locaux », invite-t-il.



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