Sheilla Louis Joseph et le journalisme, une histoire de cœur

PUBLIÉ 2018-09-12
Sheilla Louis Joseph traîne déjà dans son sillage 10 ans de carrière dans le domaine du journalisme, plus précisément dans la radiodiffusion. Depuis ses débuts à Radio Métropole en 2008, elle s’est frayé un chemin dans le panthéon des femmes journalistes qui ont su imposer leur fougue et leur talent dans cette sphère. En 2018, ses années de labeur ont été récompensées par l’obtention du Prix Philippe Chaffanjon du reportage multimédia, aux côtés de Davidson Saint Fort et Peterson Chéry. Passionnée de son métier et déterminée, avec Sheilla, le meilleur est encore à venir.


Sheilla Angélique Louis Joseph. Rares sont ceux qui connaissent le second prénom de la jeune journaliste. Ce n’est guère le fruit du hasard, la jeune dame est, en effet, angélique. Elle nous arrive à Ticket avec une simplicité remarquable, mais ô combien élégante. Son corsage rose et son pantalon gris siéent parfaitement sa corpulence. En outre, un détail retient notre attention : son sourire étincelant n’a jamais terni.

D’emblée, Sheilla se présente comme une femme timide, tenace et passionnée, qui a fait choix du journalisme comme second souffle. Son coup de cœur pour ce métier débute en classe de seconde : elle tombe sous le charme de la voix de Sophia Désir sur les ondes de Radio Métropole. La journaliste marque son quotidien et la jeune fille en fait son modèle. Enthousiaste, Sheilla, devant le miroir de chambre, s’imagine faire le même exercice dans un futur proche. Elle simule des présentations à la radio. L’ancienne élève du Collège Externat La Providence jette aux oubliettes ses rêves de médecin et d’enseignante pour se vouer entièrement au journalisme après la philo. « J’ai intégré avec brio la Faculté des Sciences Humaines en septembre 2004 où j’ai choisi la communication sociale. Dès lors, commença mon aventure », se souvient la Port-au-Princienne qui a été choyée et bercée au sein d’une famille catholique.

Le journalisme la tente et la séduit. Encore étudiante en communication à la FASCH, Sheilla Louis décroche son stage à Radio Métropole, avec sa camarade de toujours, Gaby Saget. « On avait contacté Wendell Théodore, celui-ci s’est assuré qu’on nous évalue à travers divers tests. Après nos entrevues respectives avec M. Widmaier, nous avons été toutes les deux retenues dans la grande famille Métropole en février 2008 », explique l’ancienne du Collège Saint-François d’Assise. La passion aussi bien que la détermination qui animent Sheilla font d’elle une excellente journaliste, mais la timidité reste son véritable handicap. La native de Balance pallie le problème en suivant des cours de communication et de leadership au sein du Club de Toastmaster Amaryllis. La reporter confie être au bout du compte mieux armée qu’auparavant. « Ce club m’a beaucoup aidée. Avant, j’avais du mal à aborder les gens. J’avais peur de poser des questions pour éviter de frôler le ridicule. Mais aujourd’hui, c’est de l’histoire ancienne », conte-t-elle.

Le journalisme en Haïti compte de nombreuses figures de proue qui sont des femmes. Après une décennie à exercer ce métier dans les règles de l’art, autrement dit, en s’évertuant à respecter les règles d’éthique et déontologique, on peut aisément placer Sheilla Louis Joseph parmi celles qui font leur travail avec maestria dans la radiodiffusion. Et ce n’est pas dû au hasard. Au fil des ans, elle s’est attelée à peaufiner ses reportages, à parachever avec soin ses travaux. De concert avec son âme sœur et époux, le journaliste Michel Joseph, ils ont mis sur pied, en 2016, « Report’Art », qui ambitionne de toucher du doigt des phénomènes sociaux qui rongent le pays. Aussi, Report’Art prône l’art de réaliser des reportages multimédia. Ainsi, c’est une façon de soulever la conscience collective, de lever le voile sur des péripéties que connaissent certains acteurs sociaux et de soulever le débat. Aux dires de la jeune femme, elle marche sur les pas de certains confrères qui ont su marquer de leur empreinte ce métier, à l’instar de Roberson Alphonse, Michel Joseph et Sophia Désir.

Sheilla Louis Joseph est le prototype de femme qui se plaît à repousser ses limites. Elle refuse systématiquement les sentiers battus. C’est une battante qui s’offre les projecteurs avec les retombées de son travail acharné. De ce fait, en 2016, elle est sortie deuxième du Concours de jeune journaliste haïtien. En 2018, elle a changé la donne en remportant le Prix Philippe Chaffanjon du reportage multimédia aux côtés de Davidson Saint Fort et Peterson Chéry. Rappelons qu’ils avaient pris part à ce concours en équipe.

Cependant, bien que Sheilla côtoie le succès, la journaliste fait tout pour garder les pieds sur terre. Sa foi en Dieu lui permet de poursuivre son odyssée avec humilité. « Dans ce domaine, si vous voulez impacter les gens, vous devez vous ériger en modèle pour les autres, en ayant la tête sur les épaules. Il vous faut de la modestie », épilogue celle qui réalise à Radio-Télé Métropole des reportages à caractère social, politique, culturel et économique.

Toutefois, lorsque Sheilla enlève sa tunique de journaliste, elle est une épouse qui vit une merveilleuse histoire dans les bras de son mari. Ces deux-là se comprennent et sont inséparables comme les doigts de la main. « Je suis une personne bénie car, depuis trois ans, je vis avec quelqu’un avec qui je peux tout partager. Nous sommes deux personnes différentes qui mènent une vie commune fantastique. Notre histoire d’amour est pour ainsi dire parfaite », raconte-t-elle avec un sourire béat. Aussi, Sheilla pratique certaines activités qui lui servent de cure ou d’exutoire. Elle est éprise de lecture, mordue de danse folklorique et de zumba, passionnée de séries télévisées. Elle regarde couramment les journaux télévisés... bien entendu. Celle qui est l’aînée de sa famille aime aussi les voyages. « J’ai déjà visité Paris, la Suisse, la Belgique et Manhattan. Cerise sur le gâteau, Michel et moi avions séjourné au Mexique, notamment à Cancún pour notre lune de miel », lance enthousiaste celle qui se définit comme une femme sensible, comblée, altruiste et généreuse.

La journaliste de dix ans de carrière se dit peinée de la tournure que prend le métier de nos jours. « Il ne faut pas confondre journalisme et militantisme », prévient-elle, soulignant que le métier se pratique avec ses règles et qu’il faut être en mesure de les appliquer. Elle exhorte les jeunes qui choisissent la communication ou le journalisme à le faire avec le cœur et avec passion. « Si vous faites montre de professionnalisme, croyez-moi, vous franchirez toutes les frontières avec ce métier », assure Sheilla.



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