Petrochallenge: Pascale Solages et Gaëlle Bien-Aimé sont prudentes et méfiantes quant à l’implication des acteurs politiques

Publié le 2018-08-29 | lenouvelliste.com

Très actives sur les réseaux sociaux, la militante féministe Pascale Solages et l’artiste comédienne Gaëlle Bien–Aimé n’ont pas manqué de faire montre de leur implication dans la lutte engagée pour demander des comptes sur la mauvaise utilisation du fonds PetroCaribe. À l’instar de beaucoup de citoyens, utilisateurs des réseaux sociaux qui se sont investi dans le mouvement baptisé « Petro challenge », les deux féministes décident, au-delà des risques que compte le dossier, de maintenir le flambeau de la mobilisation, même sans les acteurs politiques du système. Quoi-que conscientes qu’il s’agit d’un dossier politique, les militantes engagées, qui participaient lundi 27 août à l’émission Haiti Sa kap Kwit sur Télé 20, croient qu’il faut éviter que les politiciens s’emparent de l’initiative dans leur intérêt.

On pouvait le constater, la présence de certains leaders politiques a été clairement désapprouvée dans le mouvement citoyen organisé pour demander des comptes sur la mauvaise utilisation du fonds PetroCaribe. Comme pour exprimer leur prudence et surtout leur méfiance, quasiment tous les participants au sit-in du vendredi 24 août 2018 ne voulaient pas que des leaders politiques y prennent part, pour éviter la récupération politicienne. Ce n’est pas Pascale Solages qui dira le contraire. Il ne fallait pas laisser les leaders politiques accaparer le mouvement, selon elle. « Nous étions plutôt prudents par rapport à cela », explique la militante, très active sur les réseaux sociaux, consciente des différents reproches ayant amené à la méfiance des citoyens envers des institutions, des médias et des acteurs du système.

À la question de savoir les raisons pour lesquelles des personnalités politiques, quoiqu’elles fussent impliquées au départ en agitant le dossier, ne sont pas les bienvenues dans ce genre de mouvement, Gaëlle Bien-Aimé, plus catégorique, n’a pas mâché ses mots: « Nous ne voulons pas de figures ni de leaders politiques qui viennent s’approprier le mouvement. C’est simple », dit-elle. Comme pour nuancer sa position, Pascale Solages explique qu’il ne s’agit nullement d’exclure tout citoyen qui a le droit de s’exprimer publiquement sur la question, car, pour elle, le mouvement #Petrocaribechallenge est « un choix, une question de conscience citoyenne, humaine et haïtienne, estime Pascale Solages, fondatrice du mouvement « Nègès Mawon ».

« Kote kòb Petro Karibe a ? » En voilà la fameuse question qui a été sur les pancartes, les t-shirt, les affiches de nombreux citoyens ayant pris part à ce sit-in tenu devant les bâtiments de la Cour des comptes, située à l’avenue Christophe, le vendredi 24 août dernier. « C’est un engagement difficile, s’afficher, nuit et jour, sur Facebook et Twitter », reconnait Gaëlle Bien-aimé, évoquant le fait qu’il s’agit d’un dossier de la corruption dans lequel beaucoup de gens sont impliqués. « Cela fait peur et l’on ne se sent pas en sécurité ». Mais peu importe, cela n’inquiète nullement l’artiste engagée. « Au point où l’on en est, soit l’on vit bien ensemble, soit on périt ensemble », lâche-t-elle sur le plateau de l’émission « Haiti Sa kap Kwit », présentée par Robenson Geffrard.

Le PetrocaribeChallenge a été lancé par le cinéaste Gilbert Mirambeau Jr avant d'être vulgarisé par le rappeur K-libr et de nombreux jeunes sur les réseaux sociaux.



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