Migration/République dominicaine

Fin du PNRE sur fond d’inquiétude pour les migrants haïtiens en situation irrégulière

Le Plan national de régularisation des étrangers (PNRE) en République dominicaine est arrivé à expiration le dimanche 26 août 2018 à minuit. Selon les responsables, plus de 202 000 étrangers qui se sont inscrits au PNRE correspondent à un total de 116 nationalités, avec 282 536 demandes de régularisation émanant des immigrants haïtiens, ce qui équivaut à 97,8% du total enregistré.

Publié le 2018-08-27 | lenouvelliste.com

Démarré officiellement le 2 juin 2014, le Plan national de régularisation des étrangers résidant en République dominicaine de manière irrégulière a, selon un haut responsable dominicain, dépassé toutes les attentes en permettant à 202 292 étrangers, sur un total de 252 000, de se présenter pour se faire régulariser dans l’un des 16 bureaux répartis à l’échelle nationale. Ivanca Rivas, coordinatrice nationale du PNRE, citée par plusieurs médias de son pays, a informé que 97,8% des candidats à la régularisation sont de nationalité haïtienne tandis que les 2,2% restants proviennent de 115 pays.

Demandes de résidence, renouvellement de résidence, résidence pour investisseurs, séjour ou prolongement de séjour, certification et permis de travail temporaires constituent, entre autres, les principales demandes adressées par les étrangers désireux de régulariser leur statut en territoire dominicain. Ces étrangers, qui sont surtout de nationalité haïtienne, américaine, italienne, espagnole, vénézuélienne et chinoise, ont opté dans leur grande majorité, plus de 200 000, pour la catégorie de non-résidents.

La première phase du plan s'étendait sur une période de 18 mois, entre 2013 et 2015, atteignant un total de 288 467 étrangers enregistrés durant cet intervalle. Une résolution a prolongé la validité des documents du PNRE, octroyant une délai d'un an, allant du 26 août 2017 au 26 août 2018, aux étrangers pour qu’ils aient le temps de soumettre leur demande de renouvellement ou de changement de catégorie et de sous-catégorie migratoires par-devant la Direction nationale des migrations. Ce délai comprend également les personnes dont les documents du PNRE expireront après la date du 26 août 2018.

Par ailleurs, au moment de la clôture de la dernière étape du Plan national de régularisation des étrangers, le Conseil national pour la migration et les réfugiés en République dominicaine a tenu une conférence de presse au cours de laquelle il a demandé, si possible, une prorogation de trois mois aux autorités dominicaines pour permettre aux sans-papiers, qui n’ont pas encore réussi à le faire, d’achever leur processus de régularisation. Cette organisation de la société civile dominicaine s’est montrée préoccupée par les mesures que l’administration du président Danilo Medina mettra en œuvre pour assurer la viabilité du PNRE et pour empêcher que les immigrants qui ont été régularisés ne retombent dans l'irrégularité.

Deux semaines environ avant la date butoir du 26 août, la Commission de concertation haïtiano-dominicaine et le Groupe d’appui aux rapatriés et réfugiés (GARR) ont également fait part de leurs préoccupations concernant l’échéance du deuxième moratoire accordé aux migrants haïtiens au PNRE. À en croire les responsables de ces deux organisations, l’expiration des cartes de régularisation fournies aux migrants haïtiens, les défaillances en termes de communication et de sensibilisation des intéressés et les déficiences de l’État haïtien à fournir les documents nécessaires sont autant de facteurs qui maintiennent des milliers de compatriotes en situation irrégulière dans l’incertitude à la fin du PNRE. ces derniers encourent donc une éventuelle déportation. Selon eux, il serait de bon ton que le gouvernement dominicain sursoie à toutes les déportations en attendant l’installation d’un nouveau gouvernement en Haïti.

Le rapport préliminaire de la deuxième Enquête nationale auprès des immigrants (ENI-2017), rendu public le lundi 16 avril 2018, établit que sur les 207 654 demandes acceptées, dans le cadre du PNRE, 196 124 provenaient des immigrants haïtiens alors que sur les 12 782 cas rejetés, 9 838 émanaient d’immigrants nés en Haïti et 2 944 de descendants de parents haïtiens.

Sources combinées



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