Jameson Thermitus, un photographe passionné

PUBLIÉ 2018-08-24
Il y a quatre ans, Jameson Thermitus a entamé une carrière dans la photographie. Malgré ses différents chapeaux- Webmaster, graphiste, technicien en réseau informatique, community manager- le collaborateur de Miss Haïti trouve quand même un peu de temps pour la caméra. Une façon pour lui de s’exprimer et de matérialiser ses pensées.


« Ma passion pour la photographie est ma principale source de motivation », lance tout de go Jameson Thermitus qui a eu ses premiers contacts avec la photographie sur les bancs de l’école. Élève, ses camarades faisaient souvent appel à lui pour leurs prises de photo, alors qu’il n’avait aucune compétence dans le milieu. Comme par hasard, le jour de la fête des philosophes, l’un des dirigeants de son école lui demande d’enfiler son costume de photographe à l’occasion. « Il m’a donné une caméra pour photographier le déroulement de la fête », se rappelle l’ancien élève du Centre d’Études Lumière dont le frère vidéographe lui a appris à se servir d’une caméra professionnelle.

Quelques années après, le technicien en réseau informatique s’inscrit à un séminaire basique dirigé par le photographe Hugue-Robert Marsan. Ce dernier le prend sous son aile et devient alors son mentor. « C’est le premier photographe professionnel que j’ai côtoyé. Il m’a beaucoup poussé et a pris le temps de répondre à toutes mes questions. De là, je lui envoyais mes photos afin de savoir ce qu’il en pense », poursuit M. Thermitus faisant remarquer qu’il est important pour tout jeune photographe de bénéficier des remarques d’un aîné. « Cela aide à avancer beaucoup plus rapidement », souligne-t-il. Entre séminaire, lecture et tutoriels, le natif de Carrefour se perfectionne dans les portraits, l’éclairage, les retouches. « Tout demeure avant tout dans l’observation. Gade foto w fè, gade travay lòt moun epi w ap evolye ».

Du haut de ses quatre ans de carrière, Jameson Thermitus dit se démarquer de ses confrères. Ses secrets : l’innovation et le ‘’retouching’’. « Je fais de mon mieux pour ne pas reproduire les mêmes choses. Malgré ma bonne maîtrise de Photoshop, je fais en sorte de garder la texture pour que la personne puisse garder sa forme et son authenticité. Pou l pa parèt twòp plastik ni sanble ak yon poupe. Je ne suis pas dans cette pratique. Pour moi, c’est une question d’éthique professionnelle. C’est très important », indique celui qui dit se spécialiser dans la photographie de mode, les portraits et les mariages.

Des modèles, Jameson Thermitus dit en avoir beaucoup. Son mentor Hugue-Robert Marsan en est un, évidemment. « Je tire quelque chose de chacun de mes modèles pour arriver à forger mon propre style. En Haïti, j’ai beaucoup de respect pour mon mentor, Hugue-Robert Marsan. Je me retrouve dans son travail, on a pratiquement la même vision des choses. On procède de la même façon pour retoucher les images », affirme l’ancien étudiant en gestion des affaires de l’Université Quisqueya, satisfait du feedback tout en faisant de sa caméra un outil d’expression et de matérialisation de ses pensées. « Ma passion pour la photographie guide mon travail. J’utilise la photographie pour extérioriser mes pensées », affirme le jeune photographe du concours Miss Haïti, se réjouissant de l’évolution de ce métier en Haïti.

Passionné de son domaine, le benjamin d’une famille de six enfants espère propulser, grâce à son art, de nombreux talents haïtiens à l’échelle internationale. « Le pays regorge de talents qui manquent de visibilité à l’étranger », dit-il. Jameson Thermitus souhaite que la photographie devienne un métier à part entière, capable de répondre convenablement aux besoins de ses professionnels. Aussi, conseille-t-il à tous les jeunes voulant embrasser ce champ de faire preuve de passion. « Si vous voulez intégrer et progresser dans ce métier, ne priorisez pas l’argent ni les conquêtes. Votre seul guide doit demeurer la passion, dans le cas contraire vous ne ferez pas long feu », exhorte-il.



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