Les financements se multiplient pour généraliser l’accès à l’électricité

Jamais les programmes d’accès à l’électricité n’avaient eu autant le vent en poupe. Alors que l’énergie était absente des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), les principaux acteurs (États, bailleurs de fonds, investisseurs privés) ne lésinent plus sur les moyens pour garantir l’accès de tous à des services énergétiques modernes et indispensables au développement. Petit tour d’horizon sur les différents types de financement des programmes d’électrification mis en oeuvre à travers le monde ces dernières années.

Publié le 2018-08-01 | Le Nouvelliste

Un milliard de personnes vivant encore sans électricité à travers le monde atteste que beaucoup reste à faire pour concrétiser l’électrification universelle d’ici 2030, conformément au 7e Objectif de développement durable (ODD). Ainsi, nombre de bailleurs internationaux, à l’instar de la Banque mondiale, s’attellent à accroître considérablement leurs financements en faveur des programmes d’accès à l’énergie dans les pays en développement, en accordant une place croissante aux projets de développement de miniréseaux électriques et de solutions hors réseau.

Ces dernières années, les financements par la banque des programmes d’accès à l’énergie se sont élevés en moyenne à 900 millions de dollars par an et ont atteint 1,4 milliard en 2017. La progression la plus rapide concerne les programmes de développement de miniréseaux et de solutions hors réseau, avec des financements qui sont passés d’environ 200 millions de dollars par an ces dernières années à 600 millions en 2017.

Ainsi, sur la période 2014-2017, plus de 45 millions de personnes au total ont eu accès à l’électricité ou bénéficié de services améliorés grâce à des projets financés par la Banque mondiale. Et parmi les grands bénéficiaires de la Banque mondiale, on compte notamment le Kenya et le Nigéria avec respectivement 1,3 milliard de dollars et 350 millions de dollars d’investissements pour le développement des solutions énergétiques autonomes (miniréseaux et hors réseau) et du réseau électrique (production, transport et distribution).

En Haïti, un projet appuyé par la Banque mondiale et les Fonds d’investissement climatiques a mis en place un dispositif de financement destiné à fournir des subventions et des prêts aux entreprises développant des miniréseaux et des solutions hors réseau. Ce projet devrait à terme permettre de mobiliser 45 millions de dollars de ressources privées et d’apporter l’électricité à 10 % de la population haïtienne.

L’Afrique, championne des financements

Contre toute attente, le continent africain représente donc le grand bénéficiaire en matière d’énergie du portefeuille de la Banque mondiale. Et pour cause, selon l’Agence française de développement (AFD), 70% des Africains n’ont pas accès à l’électricité malgré une croissance annuelle de 5%. Interviewé sur l’état du financement international sur la question de l’électrification en Afrique, Gilbert F. Houngbo, président du Fonds international de développement agricole (FIDA), estime que 288 milliards de dollars seraient nécessaires pour atteindre l’accès universel à l’électricité d’ici 2030 en Afrique.

Avançant des chiffres de la Banque mondiale, ce dernier a fait savoir que, depuis le milieu des années 90, les financements extérieurs dans le domaine énergétique en Afrique ont atteint seulement 600 millions de dollars par an environ d’aide publique et un montant similaire en financements privés. Des investissements largement insuffisants pour doubler l’accès à l’énergie d’ici 2030. Toutefois, l’AFD annonce sur le site du Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères (MEAE) que 3 milliards d’euros sont consacrés par la France au développement des énergies renouvelables en Afrique sur la période 2016-2020.

En visite en Afrique du Sud, 5 ans plus tôt, l’ancien président américain Barack Obama avait annoncé un plan quinquennal de 7 milliards de dollars, destiné à faciliter l'accès à l'électricité en Afrique sub-saharienne, baptisé « Power Africa ». Un communiqué de la Maison-Blanche a annoncé à l’époque que les États-Unis allaient d’abord travailler avec l’Éthiopie, le Ghana, le Kenya, le Liberia, le Nigeria et la Tanzanie, des pays affectés par des coupures d’électricité fréquentes, mais qui ont des « objectifs ambitieux » en matière de production d’électricité. Le plan américain consistait à aider ces pays à développer de façon responsable des ressources récemment découvertes, construire des centrales et des lignes électriques, et élargir les solutions de miniréseaux et de systèmes hors réseau.

La région Amérique latine et Caraïbes très proche de l'accès universel à l'électricité

Selon les estimations de la Banque interaméricaine de développement (BID), la région de l'Amérique latine et des Caraïbes est très proche de l'accès universel à l'électricité. Sur son site Web, la BID renouvelle son engagement à travailler avec ses pays membres pour connecter les 5% de personnes dans la région qui n'ont pas accès à l'électricité. Ainsi, ces 5 dernières années, elle a approuvé un total de 34 projets pour un montant de 4,08 milliars de dollars dans 18 pays afin de les aider à étendre la couverture et la qualité des services énergétiques tels que l'électricité et le gaz naturel.

Selon la BID, l'Amérique latine et les Caraïbes sont riches en ressources énergétiques, notamment en hydrocarbures, en hydroélectricité et en biocarburants. Mais cette richesse est inégalement répartie. Dans toute la région, environ 34 millions de personnes – plus 22% de ce total provient d’Haïti – n'ont pas accès à des services d'électricité modernes et les importations de carburants consomment un pourcentage considérable des budgets des petits pays. À titre d’exemple, l’importation des produits pétroliers et des minéraux bitumineux, pour l’exercice 2014-2015, occupaient le deuxième rang des importations d’Haïti, soit plus de 112,7 millions de dollars mobilisés pour l’achat de ces produits dont une partie non négligeable utilisée dans la production de l’électricité.

Sources combinées

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