Une marche contre la dilapidation des deniers publics

Suite aux révélations des avantages dont jouissent des grands commis de l’État, la Plateforme des organisations haïtiennes de défense des droits humains (POHDH) a organisé, le mardi 31 juillet 2018, une conférence de presse pour se prononcer sur la conjoncture du pays et lancer une marche dite citoyenne. La marche vise particulièrement à exiger la reddition des comptes des institutions étatiques.

Publié le 2018-07-31 | lenouvelliste.com

Des organisations de défense des droits humains prendront part à une marche contre le gaspillage des fonds publics le mardi 7 août 2018. Devant un parterre de journalistes, les responsables de la Plateforme des organisations haïtiennes de défense des droits humains (POHDH) ont officiellement lancé l’initiative afin d’inciter la population haïtienne qui, disent-ils, vit dans la misère la plus abjecte à réclamer de la transparence.

Cette marche constitue parallèlement l’occasion d'attirer l’attention des citoyens et de réveiller davantage leur curiosité sur les divers décaissements effectués par l’État dans des projets. « Ces montants, nous ignorons s’ils sont réellement utilisés à leurs fins car les institutions placées pour enquêter ne font pas leur travail », critiquent les membres de ladite plateforme. Selon la POHDH, il est important que les autorités compétentes prennent en main leurs responsabilités et rendent compte de l’utilisation de taxes collectées sur les citoyens.

En outre, contrairement à ceux qui réclament la dissolution du Parlement haïtien décrié par rapport à la gabegie dont il est en tout ou en partie responsable, la Plateforme des organisations de droits de l’homme dit croire au pouvoir législatif, garant de la démocratie. Cependant, le Parlement doit « rendre un service réel et assurer sa mission au lieu d’arpenter les couloirs des ministères ».

Par ailleurs, les membres de la plateforme en ont profité pour rappeler notamment que l’Office nationale d’assurance vieillesse (ONA) accorde des prêts faramineux à des hauts dignitaires de l’État ainsi qu’à de grands entrepreneurs du secteur privé. « Ces pratiques de gaspillage et de clientélisme enfoncent davantage le pays dans la misère et constitue un frein au processus démocratique », estiment-ils.

Par conséquent, la plateforme exige tant la reddition des comptes que le partage des frais octroyés aux cadres de l’administration publique. Conjointement, les organisations de défense des droits humains invitent tous les secteurs de la vie nationale à marcher pour dénoncer ces dépenses superfétatoires pratiquées au plus haut niveau de l’État haïtien et réclamer de la transparence.

Cette marche dite citoyenne débutera à 10h devant la place de l’héros de l’Indépendance, Jean Jacques Dessalines, au Champ de Mars. Les manifestants se rendront entre autres devant le Palais national, la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif (CSC/CA) et s’arrêtera devant le Parlement après avoir invité le parquet près le tribunal de première instance de Port-au-Prince à assumer ses responsabilités.



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