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La Faculté de droit débat sur les perspectives de développement durable en Haïti

Dans ce pays où l’accès aux services de base est très faible, la Faculté de droit et des sciences économiques a organisé, le mercredi 25 juillet 2018, une conférence-débat sur le développement durable, autour du thème « Le développement durable : perspectives pour Haïti ». Cette activité, qui a réuni de nombreux étudiants et professeurs d’université à l’auditorium de la Faculté de médecine et de pharmacie (FMP), tend à faire un état des lieux sur la situation du pays par rapport aux objectifs de développement durable (ODD).

Publié le 2018-07-26 | lenouvelliste.com

Depuis 1987, le concept développement durable prend du galon sur l’échelle internationale et, en 2015, 17 objectifs de développement durable ont été définis. Selon le rapport de Brundtland, le développement n’est durable que s’il répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre à leurs propres besoins. De plus, ce développement se base sur trois piliers qui tendent à le rendre à la fois économiquement efficace, socialement équitable et écologiquement tolérable.

Dans le cas d’Haïti, a fait remarquer le vice-doyen de la Faculté de droit et des sciences économiques, Charles D. Point-Du-Jour, le pays fait face à un problème crucial de l’environnement et de couverture forestière qui est en deçà de 10%. Qui pis est, les services publics proposés à l’assainissement de nos villes sont incapables d'accomplir leur mission. De son avis, cette situation constitue un problème grave pour le milieu ambiant du pays.

C’est pourquoi, dit-il, la Faculté de droit a pris cette initiative afin de sensibiliser le peuple haïtien à la question. À travers cette conférence-débat, ladite faculté entend produire des réflexions sur le développement durable afin d’amener les acteurs concernés à arpenter les voies du progrès économique et social.

Parallèlement, les responsables de ladite faculté aspirent à dynamiser la recherche au sein de la FDSE, la plus ancienne institution d’enseignement universitaire du pays créée en 1859.

Le concept développement durable, a soutenu le responsable du département juridique de la FDSE, Caleb Deshommes, revêt une importance capitale car, si Haïti respecte les objectifs, à coup sûr, le pays se positionnera dans une bonne posture. Cependant, il a affirmé sans langue de bois qu’en Haïti nous sommes à des années-lumière des ODD. Lesquels consistent entre autres à éliminer la pauvreté et la faim, faciliter l’accès à l’éducation, à l’eau et à l’assainissement, ainsi qu’aux services de santé. À travers ces objectifs, les Nations unies promeuvent subséquemment une croissance économique soutenue, partagée et durable, le plein emploi productif et un travail décent pour tous.

Par ailleurs, le doctorant en droit public à l’Université d’Aix-Marseille a dit constater une absence de volonté politique pour conduire le pays vers la croissance économique, le respect des travailleurs et la protection de l’environnement. « Il faut que le développement durable devienne une véritable préoccupation pour les autorités gouvernementales », confie-t-il, soulignant au passage que la société civile a aussi une part de responsabilité. Toutefois, l’engagement citoyen nécessite au préalable une campagne de sensibilisation et d’éducation.

Dans la mêlée, M. Deshommes a enjoint notamment le secteur privé à créer des entreprises durables, respectant les perspectives des ODD. Outre ces mesures, il nécessite des actions susceptibles d’accroître l’indice de développement humain.

Au final, d’autres professeurs d’universités haïtiennes et françaises sont intervenus sur le respect des prérogatives de l’État de droit et les applications du numérique pour favoriser un développement durable. À noter qu’il reste environ 12 années avant l’échéance des objectifs du développement durable fixés à l'horizon 2030 et qui font suite aux objectifs du millénaire pour le développement qu’Haïti a signés mais n’a pas su respecter.



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