L’installation des réseaux autonomes, une alternative pour l’augmentation électrique

Publié le 2018-07-11 | Le Nouvelliste

National -

L’électrification du pays demeure un défi incontournable. Nombreux sont les efforts consentis dans les prises de parole sur cette question. Malgré tout le black-out bat son plein dans la réalité. La Banque interaméricaine de développement s’est livrée mercredi à des réflexions pour l’accès à l’électricité à travers les microréseaux en Haïti. Une activité qui réunissait plusieurs acteurs dudit secteur.

Plus de sept millions de la population n’ont pas accès à l’électricité, a fait remarquer Evenson Calixte, docteur en génie électrique et également directeur général de l’Autorité nationale de régulation du secteur énergétique (ANARSE) durant son intervention dans Les mercredis de réflexion. Ce programme hebdomadaire, organisé par la BID,est déroulé sur le thème : « Augmenter l’accès à l’électricité à travers des réseaux autonomes ». Un atelier qui vise à sensibiliser les acteurs autour de la nécessité de développer des

microréseaux, suivant les faibles moyens du secteur, pour une nette électrification du pays.

« Un microréseau électrique est un petit réseau pouvant fonctionner indépendamment du réseau électrique principal », a fait savoir Fritz Gerval Octave, spécialiste en énergie au sein de la BID, dans son plaidoyer pour une augmentation électrique à travers ce genre de réseau. Le pourcentage d’électrification du pays est estimé à environ 30%, s’indigne Fritz Gerval Octave, évoquant qu’on ne pouvait pas penser le développement du pays à partir d’une faible production d’électricité. Pour lui, l’installation de 50 miniréseaux au minimum dans des zones rurales peuvent faciliter l’augmentation de l’électricité et le taux de recouvrement.

L’électricité est un processus continu, chaque année l’Électricité d’Haïti (Ed’H) devrait être en mesure d’augmenter ses mégawatts suivant la demande, explique Everson Calixte qui dit opter pour l’utilisation des microréseaux dans les villes de province. Ces zones, ajoute-t-il, ne sont en effet pas ou peu desservies par les réseaux de distribution centrale d’électricité. Du coup, ils devraient avoir des réseaux autonomes pour produire eux-mêmes leur électricité, suivant leurs besoins et des énergies (éolienne, solaire, hydraulique) disponibles dans ces contrées. Par ailleurs, le directeur de l’ANARSE a annoncé que plus de 7 millions de la population haïtienne vit dans le black-out, ce qui est nettement différent par rapport à la République dominicaine où 5 habitants sur 100 n’y ont pas accès.

En rappelant que le deuxième pilier du projet d’électrification du gouvernement à son piédestal sur l’installation des miniréseaux, Everson Calixte a toutefois évoqué plusieurs villes du pays qui utilisent les microréseaux. Ce fut le cas du département du Nord’Ouest dont 3 sont déjà en marche dans les communes de Môle Saint-Nicolas, Jean-Rabel et Bombardopolis, et également à Les Anglais et Les Irois.

L’objectif principal des microréseaux est de garantir une électricité locale, fiable et à prix abordable à des communautés urbaines et rurales, à des îles et à des activités éloignées qui ont un accès limité ou inexistant au réseau électrique primaire. Pour sa part, Hervé Pierre-Louis, directeur de l’Ed’H, croit qu’il faut consolider les acquis de l’institution pour une meilleure performance. « L’Ed’H cumule chaque année une perte de 50% de sa production », s’est désolé Hervé Pierre-Louis par rapport à des abonnés qui refusent de s’acquitter de leur cotisation mensuelle.

Cette activité qui réunissait plusieurs opérateurs dans le secteur de l’énergie vise à produire des réflexions sur des problèmes ponctuels du pays, notamment l’électricité qui est transversale pour la quasi-totalité des services.

Emmanuel Moïse Yves yemmanuelmoise@gmail.com Auteur

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