Personnalité honorée par le MENFP

Jacques Gary Pérodin et sa belle carrière éducative

Jacques Gary Pérodin vient de fêter ses 38 ans de carrière. Il a été d’ailleurs honoré par le ministère de l’Education nationale et de la Formation professionnelle (MENFP) le 17 mai dernier pour sa contribution dans le secteur. Le professeur, pour sa part, voit cela comme une bonne motivation pour son futur.

Publié le 2018-06-27 | lenouvelliste.com

Le professeur de carrière dit prendre plaisir dans son travail dans le milieu éducatif parce que cela est gratifiant et donne de bons résultats. « C’est gratifiant de préparer des jeunes qui prendront la relève. Cela fait plaisir de rencontrer dans des institutions tant publiques que privées des anciens élèves qui vous reconnaissent et qui sont toujours prêts à vous servir », a martelé Jacques Gary Pérodin avec un satisfecit.

Né le 15 février 1953 à Pétion-Ville, M. Jacques Gary Pérodin s’est consacré à l’éducation depuis la fin de ses études universitaires. Mais bien avant, il a fait savoir que son goût pour l’enseignement n’était pas venu au hasard. À en croire ses propos, sa mère était elle-aussi éducatrice et directrice d’école primaire à Pétion-Ville. Durant les vacances d’été, il aimait aider sa mère à préparer la liste de fournitures devant être distribuées à ses élèves. Ma mère, ajoute-t-il, faisait marcher également ce qu’on appelait autrefois une “école du soir “ destinée au personnel de maison provenant des environs, et qui fonctionnait de 5h30 p.m. à 7h p.m. « Je me rappelle encore que depuis le cours élémentaire II jusqu’au moyen II, j’enseignais la lecture, l’écriture et les rudiments de calcul à ce groupe très spécial d’apprenants », a-t-il souligné.

Avant de devenir le professionnel zélé qu’il est aujourd’hui, il a été admis à St- Martial qu’il a fréquenté jusqu’à la 4e secondaire. Après l’exil forcé des prêtres spiritains de St-Martial par le président François Duvalier, en 1969, Jacques Gary Pérodin a été admis en 3e secondaire au collège Canado-Haïtien qu’il a fréquenté jusqu’à la rhéto. À noter que son père mourut en juillet 1969, et qu’à partir de cette date, sa mère avait totalement à sa charge l’éducation de ces six enfants, dont son frère jumeau et lui étaient les benjamins.

Après l’obtention du bac I, conscient de la lourde responsabilité et d’énormes sacrifices consentis par sa mère qui avait pris à cœur ses études, c’est Jacques Gary Pérodin lui-même qui lui a suggéré, sans lui dire pourquoi, de l’inscrire en classe de philo au lycée Alexandre Pétion, connu d’ailleurs pour les nombreux professeurs compétents qui y enseignaient.

Tout de suite après l’obtention du bac II, il a rejoint sa sœur aînée en France qui l’avait supporté financièrement et qui lui avait permis de décrocher la licence, puis sa maîtrise et son DEA en psychologie. Durant son séjour en Europe, il dit avoir toujours profité des vacances d’été pour travailler dans des hôpitaux, des supermarchés ou dans les vindanges, dans le but de financer ses études, car il n’était pas un boursier.

À son retour en Haïti en 1980, le professeur a mis ses connaissances au service des jeunes fréquentant l’Université d’État d’Haïti. « Comme professeur de psychologie, à 27 ans, j’ai travaillé avec enthousiasme et amour. Au ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP), il se rappelle de son premier salaire qui lui faisait comprendre la véritable réalité du métier. « Ils m’avaient proposé 1 000 gourdes pour débuter, comme salaire mensuel. C’était une déception pour moi, mais j’avais quand même accepté la proposition tout en me persuadant que je continuerais à chercher mieux », a-t-il avoué sans détour.

À cette époque, en plus de ses tâches au Service d’évaluation du ministère, il avait pour mission de représenter le ministère de l’Éducation nationale aux réunions du Comité du curriculum, regroupant les sommités œuvrant dudit secteur, et véritable cellule de pilotage de ce qui était communément appelé “la Réforme Bernard”.

Jacques Gary Pérodin a déjà travaillé comme membre du cabinet du ministre de l’Éducation durant deux ans en 1986 et en 1987. Il était dans l’obligation d’abandonner le ministère pour se consacrer à son Centre classique et culturel de Pétion-Ville, où il a enseigné le français, les maths, les connaissances générales, le latin, etc. Entre-temps, raconte-t-il, il s’est affilié au Réseau des écoles associées de l’UNESCO, et à l’Association francophone internationale des directeurs d’établissements scolaires (AFIDES ) qui poursuivait la formation permanente des directeurs en organisant tous les deux ans un grand colloque au Canada, en France, en Suisse ou en Afrique, et qui publiait une revue trimestrielle.

Auteur de plusieurs manuels scolaires de français pour les classes de 4e AF à 9e AF se dit flatté quand il va dans les coins reculés du pays ou quand il se retrouve à l’étranger et qu’il rencontre des professeurs, des directeurs d’école et des élèves ayant utilisé ses ouvrages.

Par ailleurs, Jacques Gary Pérodin en a profité pour faire un plaidoyer pour le retour des examens officiels de la 6e année fondamentale et pour l’Initiation à la technologie et aux activités productives” (ITAP) dans les écoles.



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